La prévention anti-sismique en Italie: difficile mais faisable

Un secroutiste surplombe le cente-ville d'Amatrice.... (AP)

Agrandir

Un secroutiste surplombe le cente-ville d'Amatrice.

AP

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Ljubomir Milasin
Agence France-Presse
Rome

Comme après chaque séisme meurtrier en Italie, le débat a repris sur la réduction des risques et la possibilité d'intervenir sur des édifices anciens, la majorité des experts estimant cela compliqué mais faisable.

Le tremblement de terre qui a fait au moins 284 morts mercredi et presque totalement détruit plusieurs villages, a aussi a endommagé 293 bâtiments historiques, selon le ministère de la Culture.

La zone de l'épicentre, à environ 150 km au nord-est de Rome, compte nombre d'églises, palais et monuments construits au XIIIe et XIVe siècles, dont une partie a été détériorée.

Il ne reste ainsi presque rien du centre historique d'Amatrice, où les secours ont extrait au moins 218 cadavres des décombres de cette localité classée depuis 2015 par le ministère de la Culture parmi les «plus beaux villages d'Italie».

Mais pouvait-on éviter pareil désastre ?

«Si nous partons avec l'idée de transformer les vieux édifices en dur pour atteindre des niveaux de sécurité comparables aux immeubles modernes construits selon les critères anti-sismiques, il faut se résigner: nous n'y arriverons jamais», répond d'emblée Paolo Bazzurro, professeur des techniques de construction à l'Institut universitaire de Pavie.

«Ce serait déjà un grand résultat que de les rendre plus sûrs, de faire en sorte qu'ils ne s'écroulent pas complètement en ensevelissant des personnes», ajoute cet expert dans La Stampa.

Le problème est que les bâtiments anciens, qui ont a priori déjà subi des secousses, certes de moindre envergure, à travers les siècles, ont été souvent modifiés: les toits en bois ont été remplacés par du béton armé, les fenêtres ont été agrandies, les tirants métalliques évitant les écartements de charpente ont été enlevés pour des raisons esthétiques...

«Résultat, l'édifice est devenu plus vulnérable», insiste M. Bazzurro.

Même si le chef du gouvernement, Matteo Renzi, a rappelé qu'il n'était pas question de «raser» les centres historiques pour les reconstruire de manière plus sûre, «il y a beaucoup de choses faisables techniquement, et ce ne sont pas des interventions exceptionnelles», explique à l'AFP Paolo Iannelli, un expert du ministère.

Coût: 360 milliards d'euros

«Partant du principe que les bourgs situés dans les zones sismiques ont acquis au cours des siècles une main-d'oeuvre spécialisée et utilisé les matériaux les plus adaptés, il faudrait éliminer les modifications réalisées au cours du temps et ayant entraîné une redistribution dangereuse des charges», explique-t-il.

Il faut «rétablir les conditions de départ et éviter de nouvelles erreurs», ajoute-t-il.

Par exemple, les pluies peuvent avoir érodé le terrain sous l'édifice et il suffirait de faire attention à ce détail pour éviter des catastrophes, précise M. Iannelli.

Au-delà des bâtiments historiques, il existe aussi de nombreuses solutions pour les habitations et édifices construits avant l'entrée en vigueur des normes anti-sismiques en 1970, comme par exemple isoler la base de l'édifice du terrain ou installer des amortisseurs pour réduire le choc des secousses sismiques, selon des experts interrogés par la presse italienne.

Coût de ces opérations de mise aux normes de tous les bâtiments italiens ? «De l'ordre de 360 milliards d'euros», selon le ministre des Transports et des Infrastructures, Graziano Delrio, interrogé par le Corriere della Sera.

M. Renzi a annoncé jeudi soir le lancement d'un plan de prévention baptisé «Casa Italia» en assurant que cela serait plus efficace que de préparer les secours pour le prochain drame. Mais il n'a donné aucun détail, en particulier financier.

Plus de 20 millions d'Italiens, soit 40% de la population, vivent dans 4,7 millions de maisons ou d'immeubles à risque sismique élevé, assure vendredi le quotidien La Repubblica.

Reste que l'Italie devra aussi se défaire d'une autre plaie: plus de la moitié de ces logements ont été construits après l'entrée en vigueur des normes anti-sismiques, tout comme l'avait été l'école d'Amatrice, rénovée à grands frais pour résister en cas de secousse et désormais en ruines.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer