«Tuez vos dealers!» exhorte le patron de la police philippine

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Roland Dela Rosa, patron de la police philippine, a exhorté les toxicomanes à tuer leurs dealers et à brûler leurs maisons.

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Agence France-Presse
Manille, Philippines

Le patron de la police philippine a exhorté les toxicomanes à tuer leurs dealers et à brûler leurs maisons, pour continuer une guerre contre la drogue lancée par le président Rodrigo Duterte qui a fait près de 2000 morts.

«Pourquoi ne leur rendez-vous pas une visite? Vous arrosez leurs maisons d'essence et vous y mettez le feu pour dire votre colère!», a lancé Ronald dela Rosa dans un discours diffusé vendredi matin à la télévision.

«Ils profitent de votre argent, de l'argent qui vous détruit le cerveau. Vous savez qui ils sont. Vous voulez les tuer? Allez-y! Vous pouvez tuer vos dealers parce que vous êtes les victimes», a-t-il dit jeudi à plusieurs centaines de toxicomanes qui s'étaient rendus dans le centre du pays.

Rodrigo Duterte a été élu président en mai sur un programme ultrasécuritaire, s'engageant à mettre fin en six mois au trafic de drogue en faisant abattre des milliers de trafiquants de drogue présumés.

Il avait ouvertement appelé les Philippins au meurtre, notamment lors de son investiture le 30 juin: «Si vous connaissez le moindre drogué, allez-y et tuez le!».

La rapporteuse spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a récemment dénoncé l'«incitation à la violence et au meurtre» par les autorités philippines.

Pour autant, MM. Duterte et dela Rosa affirment agir dans le respect de la loi.

Critique dans les médias

Critiqué de toute part dans les médias, M. dela Rosa a présenté ses excuses vendredi.

«J'ai dit ça hier parce que je me sentais mal, face à ces pauvres, ces petits trafiquants et consommateurs. Ils ressemblaient à des zombies», a-t-il dit aux journalistes.

«Je suis désolé si j'ai dit quelque chose de désagréable. Je suis juste un être humain qui peut s'énerver.»

Le porte-parole de M. Duterte, Ernesto Abella, a démenti que l'intention de M. dela Rosa ait été d'appeler au meurtre.

«Il n'y a pas eu de tel appel. C'était un discours passionné», a-t-il dit aux journalistes sans plus de précision.

1946 morts

Cette semaine, M. dela Rosa a néanmoins indiqué au Sénat que 1.946 personnes avaient péri dans la guerre contre le crime, dont 756 tués par des policiers en situation de légitime défense.

Il a affirmé que des enquêtes étaient en cours sur les 1.190 autres, laissant entendre qu'il pouvait s'agir de règlements de compte entre trafiquants ne voulant pas laisser en vie des personnes susceptibles de les dénoncer.

De nombreux médias s'inquiètent cependant de l'existence d'escadrons de la mort échappant à tous contrôle, et du nombre grandissant d'enfants tués.

Human Rights Watch a dénoncé la mort d'une fillette de cinq ans abattue cette semaine, vraisemblablement quand des hommes armés sont entrés chez elle pour tuer son grand-père, un toxicomane présumé.

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