Turquie: 11 policiers tués dans une attentat-suicide

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La fumée témoigne de l'attaque du poste de police qui a fait 11 morts et 78 blessés à Cizre, dans le sud-est de la Turquie.

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Stuart WILLIAMS
Agence France-Presse
Istanbul, Turquie

Le premier ministre turc Binali Yildirim a promis des représailles aux «vils» auteurs d'un attentat-suicide à la voiture piégée qui a tué au moins 11 policiers vendredi à Cizre (sud-est), à la frontière de la Syrie, et a été attribué aux rebelles kurdes.

Cet attentat a eu lieu en tout début de matinée, au moment où la Turquie envoyait de nouveaux chars de l'autre côté de la frontière syrienne pour la troisième journée consécutive, poursuivant une offensive militaire dans ce secteur.

M. Yildirim a qualifé de «mensonge éhonté» les allégations selon lesquelles cette opération, qui a permis de prendre la ville de Jarablos aux jihadistes de l'État islamique, se concentrait sur les combattants kurdes.

Dans un communiqué, le gouvernorat de la province de Sirnak, où se situe Cizre, a annoncé que 11 policiers avaient été tués dans l'attentat et 78 personnes blessées, dont 75 policiers et trois civils.

Un premier bilan avait précédemment fait état de huit morts et 45 blessés.

«A 06H45 (03H45 GMT), un attentat-suicide au véhicule piégé a été mené par le groupe terroriste PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan) contre le bâtiment de la police antiémeute», a précisé le communiqué.

«Nous donnerons la réponse qu'ils méritent à ces vils» assaillants, a déclaré le premier ministre lors d'une conférence de presse. «Aucune organisation terroriste ne peut prendre la Turquie en otage».

Longue colonne de fumée

L'explosion a dévasté le quartier général des forces antiémeutes et une longue colonne de fumée noire s'élevait dans le ciel, selon des images diffusées par la télévision turque.

La violente explosion a eu lieu à 50 mètres du bâtiment, au niveau d'un poste de contrôle, a précisé Anadolu, ajoutant que la route principale reliant Cizre à la capitale de la province Sirnak, plus au nord, avait été fermée par les forces de sécurité.

Les forces de sécurité turques subissent des attaques quasi quotidiennes du PKK, qui ont fait des dizaines de morts depuis qu'un cessez-le-feu de deux ans et demi entre les rebelles et les forces turques a pris fin pendant l'été 2015.

Le PKK a intensifié ses attaques au cours des dernières semaines, après une relative accalmie suite au coup d'État militaire manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet.

Accord Ankara-EI ?

Cet attentat intervient au troisième jour d'une offensive sans précédent des forces turques en Syrie voisine visant, officiellement, à la fois les milices kurdes et les jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Vendredi, la Turquie a envoyé quatre nouveaux chars dans la localité syrienne de Jarablos, libérée cette semaine par les rebelles soutenus par Ankara, a constaté un photographe de l'AFP à la frontière turco-syrienne. Le photographe a également entendu des explosions en provenance de Jarablos, signe que les opérations se poursuivent.

Murat Karayilan, l'un des chefs du PKK basé en Irak, a expliqué que la guérilla était ulcérée par l'offensive turque dans le nord de la Syrie, qui vise, selon lui, davantage les Kurdes que l'EI.

La campagne militaire actuelle, a-t-il dit, est le fruit d'un «accord» entre Ankara et l'EI, et «ce qui se passe (sur le terrain) est plus un échange qu'une opération militaire».

«L'EI n'a jamais abandonné une localité en une journée sans combattre», a-t-il déclaré à l'agence pro-PKK Firat. «Cet accord dangereux va allonger la durée de vie de l'EI».

Pour M. Yildirim en revanche, ces accusations sont un «mensonge éhonté». Ankara poursuit les opérations «jusqu'à ce que la sécurité de nos frontières soit assurée à 100% (...) et que nous chassions les éléments de Daech (acronyme arabe du groupe État islamique) hors de la région», a-t-il assuré lors d'une conférence de presse.

La Turquie a toujours démenti avec véhémence les allégations sur tout accord passé ou présent avec les jihadistes.

Jeudi, l'artillerie turque a bombardé des combattants kurdes dans le nord de la Syrie, après que les services de renseignement ont remarqué qu'ils progressaient sur le terrain en dépit d'une promesse des États-Unis selon laquelle ils allaient reculer.

La Turquie, en conflit avec les Kurdes sur son propre territoire, est farouchement hostile à l'idée que les Kurdes syriens forment une ceinture continue le long de sa frontière.

«Terroristes»

Ankara considère le PYD, principale milice kurde de Syrie, et son aile militaire, les YPG, tous deux issus du PKK, comme des organisations «terroristes», au même titre que le Parti des travailleurs du Kurdistan.

L'armée turque a conduit à plusieurs reprises des opérations militaires dans le sud-est, y compris à Cizre où le PKK est particulièrement implanté.

Plus de 40.000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit en 1984, mais le PKK a récemment déplacé sa guérilla des campagnes vers les centres urbains, provoquant un nombre encore plus élevé de victimes et de nouveaux exodes de populations.

Le PKK, mouvement armé actif depuis 1984 sur le sol turc, est considéré comme un groupe terroriste non seulement par la Turquie, mais aussi par l'Union européenne et les États-Unis.

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