Après Alan, Omrane

Des militants de l'opposition syrienne ont publié la... (Aleppo Media Center via AP)

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Des militants de l'opposition syrienne ont publié la photo poignante d'Omrane, un garçonnet tiré vivant des décombres après une frappe aérienne dans la ville d'Alep, dans le nord du pays.

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Agence France-Presse
Beyrouth, Liban

Assis dans une ambulance recouvert de sang et de poussière, le petit Omrane fixe abasourdi l'objectif du photographe Mahmoud Rslan, quelques minutes après avoir échappé à un raid sur sa maison dans la ville syrienne d'Alep.

«J'ai pris beaucoup de photos d'enfants morts ou blessés par les raids qui s'abattent au quotidien» sur la partie rebelle d'Alep, deuxième ville d'un pays ravagé par plus de cinq ans de guerre, raconte Rslan, joint par téléphone depuis Beyrouth.

«D'habitude ils sont soit évanouis soit en pleurs. Mais Omrane était là, sans voix, le regard vide, c'était comme s'il ne comprenait pas très bien ce qui venait de lui arriver», affirme le photographe.

La photo, qui immortalise ce moment tragique, a bouleversé les réseaux sociaux.

Sur une vidéo tournée par le réseau de militants du Aleppo Media Center (AMC), on voit le petit Omrane s'essuyer le front ensanglanté avec la main. Il regarde ensuite sa main, et incrédule il l'essuie sur son siège.

Omrane «résume la souffrance des enfants à Alep, soumis aux bombardements jusque dans leurs maisons», souligne Mahmoud Rslan.

Il était tout près du secteur de Qaterji, dans l'est de la ville divisée en secteurs loyalistes et rebelles, lorsque les raids se sont produits mercredi en début de soirée. Ces quartiers sont régulièrement visés par l'armée de l'air du régime ou l'aviation russe.

«Vers 19h15 [12h15, heure du Québec], j'ai entendu les raids et me suis précipité sur les lieux touchés par les frappes», raconte Rslan.

«Il faisait déjà nuit, mais j'ai vu un immeuble totalement effondré et un autre qui l'était à moitié» et dans lequel habitait Omrane et sa famille, précise-t-il.

«Avec les secouristes de la Défense civile, on a dû enjamber trois cadavres avant d'entrer à l'immeuble. On a voulu accéder au premier étage, mais les escaliers s'étaient effondrés.»

«Symbole de l'innocence»

Ils ont dû se rendre dans un immeuble adjacent et «retirer les membres de la famille d'Omrane un par un, d'un balcon à l'autre».

Il y a eu d'abord Omrane, puis son frère de 5 ans et ses deux soeurs de 8 et 11 ans. Enfin la mère et le père.

«Quand on a placé Omrane dans l'ambulance, il y avait assez de lumière, donc j'ai pu prendre des photos», explique Mahmoud, qui apparaît de dos dans la vidéo d'AMC.

«Omrane était en état de choc, car un mur s'était effondré sur lui et sa famille», explique Mahmoud.

Selon lui, le père du petit n'a pas voulu donner leur vrai nom de famille pour des raisons de sécurité.

«Cet enfant, comme tous les enfants en Syrie sont le symbole de l'innocence. Ils n'ont rien à voir avec la guerre», déplore le photographe.

La photo du petit Omrane rappelle par son côté symbolique la photo du petit Alan Kurdi. L'image de ce réfugié de trois ans, le corps sans vie échoué sur une plage, avait ému le monde entier en septembre 2015 et est devenue emblématique du drame des réfugiés syriens.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'intervention étrangère et la montée en puissance des djihadistes. La guerre a fait plus de 290 000 morts et jeté sur les routes des millions de personnes.

Alep, deuxième ville de Syrie et véritable enjeu de la guerre, est divisée depuis 2012 entre secteurs loyalistes et rebelles. L'armée de l'air du régime largue sur les quartiers de l'est de la ville des barils d'explosifs qui ont fait plusieurs centaines de morts, tandis que les rebelles lancent également des obus de mortier meurtriers sur la partie contrôlée par le gouvernement.

Vers une trêve humanitaire?

La Russie a annoncé jeudi être prête à instaurer dès la semaine prochaine une pause humanitaire hebdomadaire de 48 heures à Alep, ville-clé du conflit syrien où s'affrontent âprement les forces du régime de Damas et les rebelles.

Cette trêve serait un projet pilote visant à pouvoir livrer en toute sécurité du ravitaillement à la population civile de la ville.

Cette pause humanitaire hebdomadaire de 48 heures à Alep est appelée par l'émissaire de l'ONU pour le conflit syrien, Staffan de Mistura. Celui-ci a regretté jeudi qu'aucun convoi humanitaire n'ait pu entrer dans les localités assiégées de Syrie depuis un mois en raison des combats.

L'armée russe avait annoncé début août qu'elle allait suspendre ses frappes chaque jour pendant trois heures autour d'Alep pour permettre la livraison de l'aide humanitaire.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a néanmoins reconnu lundi que cette fenêtre de trois heures ne serait pas suffisante pour permettre d'améliorer la situation humanitaire à Alep.  AFP

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