À la traîne, Trump remanie (encore) son équipe

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Donald Trump poursuit ses discours en série, comme mardi soir dans le Wisconsin.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
New York

Donald Trump a remanié mercredi pour la seconde fois son équipe de campagne afin de lancer une guerre à outrance contre Hillary Clinton, de plus en plus favorite du scrutin présidentiel américain de novembre.

Le candidat républicain à la Maison-­Blanche a annoncé avoir écarté le consultant qui avait pris la tête de son équipe de campagne en juin, Paul Manafort, au profit de deux conservateurs dont la mission est claire : laisser Trump être Trump, comme aux grandes heures de la campagne des primaires.

Paul Manafort, 67 ans, s'est en outre retrouvé sous les projecteurs pour ses liens avec l'ex-­président ukrainien prorusse, Viktor Ianoukovitch, destitué en 2014.

Ce remaniement est le symptôme d'un problème persistant chez le milliardaire populiste : l'absence de stratégie pour élargir sa base de soutien au-delà du noyau d'électeurs des primaires.

Mais Donald Trump a apparemment choisi de doubler la mise en embauchant le patron du site d'informations conservateur Breitbart News, Steve Bannon, nommé directeur général, un titre créé pour lui. Banquier d'affaires chez Goldman Sachs dans les années 80, puis producteur de films, il est un ardent dénonciateur de l'establishment politique américain, tant démocrate et républicain, et a la réputation de ne pas faire de quartier quand il attaque.

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Paul Manafort, qui a essayé de transformer l'image de Donald Trump dans l'espoir de l'assagir, conserve son titre de président de campagne, mais est en réalité écarté.

AFP

«Tous les coups sont permis»

L'association à l'un des agitateurs les plus influents de la sphère conservatrice est le signal que Donald Trump, loin de vouloir tendre la main aux électeurs modérés, entend revenir à ce qui a fait son succès aux primaires républicaines : de grands rassemblements houleux, une parole enflammée et décapante, afin de rester coûte que coûte au centre de l'attention médiatique.

C'est «quelqu'un qui va y aller sabre au clair, il n'hésite jamais à aller au combat et considère qu'en politique, tous les coups sont permis», a décrypté Corey Lewandowski, le premier directeur de campagne de Donald Trump, devenu commentateur de CNN après avoir été lui-même limogé en juin.

La sondeuse et consultante républicaine Kellyanne Conway est promue de conseillère à directrice de campagne. En pratique, au-delà du titre, elle se concentrera sur la communication et voyagera sur le terrain avec le candidat.

«Je connais Steve et Kellyanne depuis des années. Ils sont extrêmement capables et compétents, ils adorent gagner et savent comment gagner», a déclaré Donald Trump dans un communiqué.

Kellyanne Conway est promue de conseillère à directrice... (AP, Gerald Herbert) - image 3.0

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Kellyanne Conway est promue de conseillère à directrice de campagne. Elle accompagnera Donald Trump sur le terrain et se concentrera sur les communications. 

AP, Gerald Herbert

Refus de changer

L'entourage d'Hillary Clinton a accusé Steve Bannon et Breitbart d'avoir rapporté d'innombrables «théories du complot antimusulmanes ou antisémites» et dit s'attendre à ce que la candidate soit encore plus la cible «d'accusations fantasques».

«Mais cela n'aura rien de nouveau. C'est ce qu'ils font depuis des décennies et cela n'a jamais réussi», a déclaré Robby Mook, 36 ans, directeur de campagne de la démocrate, à son poste depuis le premier jour.

Bien que Paul Manafort conserve son titre de «président» de l'équipe Trump, sa marginalisation est actée, alors qu'il était devenu le véritable directeur de campagne à une époque où le candidat souhaitait «présidentialiser» son image.

Mais Donald Trump n'a jamais assumé ce repositionnement.

Malgré l'usage occasionnel de télésouffleurs lorsqu'il prononce des discours programmatiques, l'homme d'affaires a continué à déraper lors de discours ou en entrevue.

La période depuis la convention d'investiture républicaine, fin juillet, n'a été qu'une suite de controverses, Donald Trump appelant la Russie à récupérer des messages privés d'Hillary Clinton, s'affrontant à distance avec les parents d'un militaire américain musulman mort au combat, ou insinuant que seules les armes pourraient permettre de résister à une présidence Clinton.

«Je suis qui je suis. C'est moi. Je ne veux pas changer. Tout le monde dit : "Oh, il va pivoter." Je ne veux pas pivoter», a-t-il finalement admis mardi à la télévision locale WKBT, dans le Wisconsin.

Le site Breitbart est une plaque tournante pour les informations et les rumeurs anti-Clinton. Ardents partisans de la mouvance du Tea Party après 2010, ses créateurs ont ouvertement fait la guerre à des ténors républicains.

Ce nouveau changement d'équipe intervient alors qu'Hillary Clinton est créditée d'environ 47 % des intentions de vote contre 41 % pour Trump, selon la moyenne calculée par le site Real Clear Politics.

Main tendue vers les Afro-Américains

Donald Trump a appelé mardi les Afro-Américains à le soutenir accusant les démocrates de les «avoir trahis», dans une tentative inédite de séduction des minorités américaines.

En déplacement dans le Wisconsin, à une heure de la ville de Milwaukee agitée par deux nuits de violences après la mort samedi d'un jeune Noir armé tué par un policier, le candidat républicain a demandé le «vote de chaque Afro-Américain qui se bat aujourd'hui dans [le] pays pour un avenir différent et meilleur».

«Le Parti démocrate a échoué et trahi la communauté afro-américaine», a-t-il lancé. Les démocrates «considèrent le vote afro-américain comme acquis. Ils partent du principe qu'ils auront votre soutien, mais ils ne font rien en retour». Les Noirs votent traditionnellement davantage pour les démocrates.

Première réunion entre Trump et les services de renseignement

Le FBI a ouvert ses portes à Donald... (AP, Kathy Willens) - image 6.0

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Le FBI a ouvert ses portes à Donald Trump, alors que le candidat républicain participait, mercredi, à une réunion d'information confidentielle avec des représentants des services de renseignement américains à New York. 

AP, Kathy Willens

Donald Trump a participé mercredi à une réunion d'information confidentielle avec des représentants des services de renseignement américains, un privilège réservé aux deux candidats rivalisant pour succéder à Barack Obama à la Maison-Blanche afin de les préparer aux responsabilités.

Le candidat républicain à la Maison-Blanche s'est rendu dans les locaux du FBI à New York pour y participer à cette réunion d'information, selon la chaîne ABC, car l'immeuble dispose de salles sécurisées.

Ces séances sont organisées par le bureau du directeur du renseignement américain. La démocrate Hillary Clinton peut également en bénéficier séparément.

Elles visent à préparer les candidats à la fonction suprême, en cas de victoire à l'élection de novembre, en leur donnant des informations sur l'état des menaces mondiales contre les États-Unis. Mais selon la chaîne NBC, aucune information sur des opérations de renseignement ou d'espionnage ne sera transmise à Donald Trump.

Deux de ses proches, le gouverneur du New Jersey Chris Christie et le général à la retraite Michael Flynn, devaient également participer à la réunion.

Donald Trump a minimisé l'importance de la rencontre. Interrogé par la chaîne Fox sur le fait de savoir s'il avait confiance dans les informations transmises par le renseignement américain, il a répondu : «Pas vraiment, de la part des personnes qui ont fait ça pour notre pays. Regardez ce qui s'est passé ces dix dernières années. Regardez ce qui s'est passé durant ces années. Ce fut catastrophique».

«Je ne vais pas utiliser certaines personnes qui sont en quelque sorte vos standards [...] je ne vais pas les utiliser, car elles ont pris de si mauvaises décisions», a ajouté le candidat.

Démocrates inquiets

Des démocrates s'étaient inquiétés de l'accès qu'aurait Donald Trump à des informations sensibles. Et le président Obama lui-même avait adressé un avertissement à peine voilé, lors d'une conférence de presse le 4 août.

«S'ils veulent devenir président, il faut qu'ils se comportent comme des présidents», avait-il déclaré. «Et cela signifie pouvoir assister à ces briefings sans en révéler le contenu.»

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