La vie difficile des mineurs en Afrique du Sud

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Outre les conditions de vie déplorables, la peur de perdre son emploi est omniprésente dans la vie des mineurs de Marikana en Afrique du Sud.

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Susan Njanji
Agence France-Presse
Marikana, Afrique du Sud

Quatre ans après le massacre de Marikana, où 34 de ses collègues grévistes ont été tués par la police, le salaire de Mohlaudi Mohlaudi a doublé. Mais la vie de ce mineur sud-africain ne s'est guère améliorée, entre misère et crainte du licenciement.

Malgré son augmentation de salaire, les conditions de vie de cet ouvrier de 35 ans qui s'occupe du forage dans la mine de platine demeurent extrêmement précaires.

Comme la majorité des mineurs à Marikana, il habite un logement de tôle de neuf mètres carrés, à des centaines de kilomètres de sa femme et de ses deux enfants qu'il a laissés dans le sud du pays pour venir travailler pour le géant minier Lonmin.

«Je n'ai toujours pas d'électricité, ni de toilettes, ni de logement en dur», se plaint-il devant l'un des nombreux baraquements de cette zone désolée de l'Afrique du Sud, à quelque 140 km au nord-ouest de Johannesburg.

C'est ici que la police avait tué 34 mineurs grévistes de Lonmin qui réclamaient un doublement de leur salaire minimum à 12 500 rands (1215 $CAN), le 16 août 2012.

Selon Primrose Sonti, députée des Combattants pour la liberté économique (EFF), un parti de gauche radicale populaire dans la région de Marikana, la vie des ouvriers «est pire qu'avant le massacre» et la plupart des gens «n'ont même plus d'eau courante».

«On ne peut même pas parler de maisons, ce ne sont que des baraquements en tôle», explique t-elle à l'AFP.

En 2014, les ouvriers ont finalement obtenu leur augmentation de salaire, après une longue grève.

Mais avec une inflation qui oscille entre 6 et 7 %, cette hausse étalée sur plusieurs années n'est pas toujours suffisante pour vivre décemment.

«12 500 rands, c'était assez en 2012 mais plus maintenant, car tout augmente», explique à l'AFP, Siphamandla Makhanya un leader de la grève de 2012.

«Rien n'a vraiment changé, les conditions de vie sont vraiment affligeantes. Les logements en tôle pullulent et l'entreprise n'a rien fait», confirme Chris Molebatse qui milite pour de meilleurs droits pour les habitants de la région.

Comme la majorité des mineurs à Marikana, Mohlaudi... (AFP, Mujahid Safodien) - image 2.0

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Comme la majorité des mineurs à Marikana, Mohlaudi Mohlaudi habite un logement de tôle de neuf mètres carrés, à des centaines de kilomètres de sa femme et de ses deux enfants qu'il a laissés dans le sud du pays pour venir travailler pour le géant minier Lonmin.

AFP, Mujahid Safodien

Peur du licenciement 

L'augmentation de salaire a en effet également été gommée par la spectaculaire dépréciation du rand sud-africain qui a perdu 60 % face au dollar depuis quatre ans.

«Les travailleurs sont, en terme de pouvoir d'achat, au même niveau salarial», assure David van Wyk, chercheur à la Benchmark Foundation.

Dans une lettre adressée à Amnesty International début août, Lonmin a assuré avoir dégagé un budget de 100 millions de rands (9,7 $CAN) par an pour construire des maisons à ses 13 500 travailleurs dans le besoin.

Mais lundi, dans un rapport, l'ONG a reproché au géant du platine de ne pas avoir construit assez de logements décents pour ses ouvriers ces quatre dernières années.

Et du côté du gouvernement, les efforts pour intégrer Marikana dans son programme de construction de maisons ne représentent qu'une «goutte d'eau dans l'océan» pour un endroit «qui a besoin d'un investissement massif», estime Trevor Ngwane, chercheur à l'université du Wits à Johannesburg.

Outre les conditions de vie déplorables, la peur de perdre son emploi est également omniprésente dans la vie de Mohlaudi Mohlaudi.

Frappées par la chute des cours des matières premières et notamment du platine, les grandes compagnies minières du pays ont annoncé des réductions d'emplois.

Zebedias Xerinda, un immigré mozambicain de 53 ans, a été licencié en janvier.

«La vie est très dure maintenant. Je pense que les entreprises licencient des ouvriers à cause des grèves et non à cause des pertes financières comme ils veulent bien le dire», soupire-t-il en partageant une bière avec son voisin Mohlaudi.

La menace d'une nouvelle grève pour réclamer des augmentations salariales plane toujours sur les mines de platine de la région.

Un mouvement social qui «pourrait conduire à d'autres suppressions d'emplois», redoute Zebedias Xerinda.

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