La police de Baltimore au banc des accusés

L'affaire Freddie Gray est devenue pour beaucoup le... (AP, Patrick Semansky)

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L'affaire Freddie Gray est devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers la communauté noire et a entraîné de violentes émeutes à Baltimore nécessitant l'instauration d'un couvre-feu.

AP, Patrick Semansky

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Associated Press

La police de Baltimore a été sévèrement critiquée mercredi par le département de la Justice des États-Unis pour avoir utilisé depuis plusieurs années des techniques de maintien de l'ordre illégales, dont la communauté noire a été particulièrement victime.

Le département de la Justice des États-Unis a publié un rapport accablant à l'endroit de la police de Baltimore. «Les comportements et pratiques habituelles que nous avons découverts résultent de défaillances systémiques perdurant de longue date», a déclaré Vaita Gupta, en charge de la division des droits civils au ministère de la Justice.

L'enquête avait été lancée après la mort en avril 2015 de Freddie Gray, mais ne portait pas sur cette affaire directement. Le jeune Noir avait eu la nuque brisée pendant son transport dans un fourgon policier, alors qu'il était menotté, mais qu'il ne portait pas de ceinture de sécurité. 

Le rapport affirme que les policiers de Baltimore procèdent à un nombre élevé d'interpellations douteuses - principalement dans les quartiers noirs et pauvres - et qu'ils arrêtent illégalement des citoyens «s'ils n'aiment pas ce que ceux-ci ont à dire». En présentant à la presse un rapport de 164 pages élaboré en 14 mois, Mme Gupta a relevé que les habitudes de la police de cette ville portuaire avaient «profondément altéré la confiance mutuelle entre la police et la communauté qu'elle sert».

Le nouveau commissaire de la police de Baltimore, Kevin Davis, a dit que les policiers responsables des «actes les plus monstrueux» ont déjà été congédiés. Il a précisé devant la presse que ce rapport était un «acte d'accusation» contre «les mauvais comportements d'un relativement petit nombre de policiers à travers les années», mais pas contre l'ensemble de ses troupes.

La mairesse Stephanie Rawlings-Blake et lui ont promis que ce rapport servira de guide pour mettre en place des réformes approfondies.

Une entente intervenue entre le département de la Justice et la police de Baltimore impose à celle-ci d'améliorer sa façon de faire pour éviter d'être poursuivie en justice.

Les enquêteurs du ministère sont remontés jusqu'à 2010. Ils ont conclu qu'il est «raisonnable de penser» que les pratiques routinières des policiers de Baltimore «enfreignent la Constitution ou la législation fédérale». Le ministère a mis en lumière des «interpellations, fouilles et arrestations anticonstitutionnelles».

Selon Mme Gupta, seulement 3,7 % des plus de 300 000 interpellations de piétons survenues entre 2010 et mai 2015 ont entraîné un procès-verbal ou une arrestation. «La plupart de ces interpellations et fouilles en ayant résulté n'avaient pas de justification au regard de la Constitution», a-t-elle relevé. Surtout, le rapport dénonce «la mise en oeuvre de stratégies de maintien de l'ordre qui entraînent des disparités graves et injustifiées dans le taux d'interpellations, de fouilles et d'arrestations de Noirs».

Près de 44 % des interpellations sont intervenues dans «deux petits quartiers à prédominance noire qui n'hébergent que 11 % des habitants de la ville», a remarqué Mme Gupta, citant l'exemple d'un homme noir contrôlé 30 fois en moins de quatre ans sans qu'aucun procès-verbal ni arrestation ne s'ensuivent jamais.

Usage excessif de la force

Le rapport note également un «usage excessif de la force» et des «représailles envers les personnes exerçant [un mode] d'expression protégé par la Constitution». 

De plus, les enquêteurs du ministère font part de leurs «inquiétudes» concernant la sécurité des personnes transportées et les «défaillances» dans les enquêtes sur les agressions sexuelles. 

Toutes ces «défaillances» au sein de la BPD découlent, selon le rapport, d'une «déficience de politiques, de formation, de supervision et de recherche de responsabilités» ainsi que de «stratégies de maintien de l'ordre qui n'intègrent pas efficacement la communauté que la police [municipale] sert». 

Le rapport ajoute que les policiers de Baltimore se rendent coupables de plusieurs gestes anticonstitutionnels et qu'ils ont fréquemment recours à une force excessive ou déraisonnable, y compris à l'endroit de mineurs qui ne présentent aucune menace immédiate.

La ville modernise également ses équipements avec des dispositifs de sécurité, dont des caméras, dans les fourgons, et des caméras individuelles pour tous les policiers d'ici deux ans. Après les émeutes de Ferguson à l'été 2014, l'affaire Freddie Gray est devenue pour beaucoup le symbole des violences policières envers la communauté noire et a entraîné de violentes émeutes à Baltimore nécessitant l'instauration d'un couvre-feu.

Le procureur de Baltimore a annoncé fin juillet l'abandon des poursuites contre les six policiers - dont trois Noirs - impliqués dans cet homicide.

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