L'EI revendique l'attaque à la machette en Belgique

L'attaque à la machette a blessé deux policières... (AFP, Nicolas Maeterlinck)

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L'attaque à la machette a blessé deux policières samedi à Charleroi, en Belgique.

AFP, Nicolas Maeterlinck

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Cédric SIMON
Agence France-Presse
Bruxelles

Le groupe Etat islamique (EI) a revendiqué dimanche l'attaque à la machette de deux policières perpétrée la veille en Belgique par un homme identifié comme un Algérien de 33 ans, connu de la police «pour des infractions de droit commun».

«L'assaillant de Charleroi», abattu samedi par la police belge, «est un soldat de l'EI qui a mené cette opération en réponse aux appels pour attaquer la population des pays de la coalition croisée», a écrit Amaq, un organe de propagande de l'organisation jihadiste.

La justice belge avait indiqué un peu plus tôt avoir identifié l'agresseur. «Il s'agit de K.B., un homme âgé de 33 ans, de nationalité algérienne, qui séjournait en Belgique depuis 2012», selon le parquet fédéral.

Il se trouvait en situation irrégulière et avait déjà fait l'objet «de deux ordres de quitter le territoire», a ajouté le cabinet du secrétaire d'État chargé de la Migration, le nationaliste flamand Theo Francken.

Ce dernier a annoncé qu'il allait proposer de nouvelles mesures «pour améliorer encore le retour forcé des résidents illégaux», après une série de mesures récentes.

Le parquet fédéral a précisé dans un communiqué que «deux perquisitions ont déjà été effectuées dans l'arrondissement de Charleroi», la ville wallonne située à une soixantaine de kilomètres au sud de Bruxelles, où a eu lieu l'agression. Un juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme a été saisi.

Les deux policières attaquées devant l'hôtel de police de la ville aux cris de «Allah Akbar», selon la police, «ont été gravement blessées au visage et au cou», selon le parquet.

«Les médecins nous ont assuré que les deux sont tout à fait hors de danger», a assuré Paul Magnette, le bourgmestre (maire) de Charleroi, qui tenait dimanche soir une conférence de presse commune avec le Premier ministre Charles Michel.

Les deux femmes ont dû être plongées dans un coma artificel pour être opérées, selon l'agence de presse Belga.

Réuni dès samedi, l'organisme indépendant chargé de l'évaluation de la menace terroriste en Belgique a décidé de maintenir son niveau inchangé.

Celui-ci se situe au niveau 3 pour le pays de manière générale (correspondant à une menace «possible et vraisemblable»), sur une échelle en comprenant quatre.

Le pays a été la cible d'attentats sanglants le 22 mars à l'aéroport international de Bruxelles et dans la station de métro Maelbeek, qui ont fait 32 morts.

«Tête froide»

L'agression de samedi est survenue aux alentours de 16h devant l'hôtel de police de Charleroi.

L'assaillant «a immédiatement sorti une machette du sac de sport qu'il portait et il a porté des coups très violents au visage de deux policières qui se trouvaient de faction en face de l'hôtel de police en criant «Allah Akbar», avait expliqué le porte-parole de la police de Charleroi, David Quinaux, au micro de RTL-TVI.

Une troisième policière a alors ouvert le feu et abattu l'assaillant, décédé plus tard à l'hôpital.

Le Premier ministre belge a salué dimanche «le courage exceptionnel des policières qui ont subi cette attaque grave».

La police «a fait ce qu'il fallait faire, et a sans doute évité de cette manière une tragédie qui aurait pu être encore plus grande», a-t-il estimé, à l'issue d'une réunion à Bruxelles des services de sécurité du pays, dimanche matin.

Nous avons «donné des indications pour élever le niveau de sécurité de nos policiers», a précisé Charles Michel. «Nous gardons la tête froide», a-t-il assuré, soulignant que la situation que connaissait le pays était comparable à celle d'autres pays européens, confrontés «à différentes formes d'attaques».

Sur le qui-vive, la police belge a effectué des dizaines de perquisitions antiterroristes et procédé à de nombreuses arrestations depuis les attentats du 13 novembre 2015 à Paris, préparés depuis la Belgique et auxquels ont participé des jihadistes belges.

Plusieurs suspects clés de ces attentats ont été remis par la Belgique aux autorités françaises dans le cadre de l'enquête sur les attaques de Paris, dont Salah Abdeslam, seul survivant des membres des commandos du 13 novembre.

Les attentats de l'EI contre des cibles occidentales

Rappel des principaux attentats contre des cibles occidentales revendiqués ou attribués aux djihadistes de l'État islamique.

6 août 2016 en Belgique: deux policières sont blessées à la machette à Charleroi par un homme «criant Allah akbar», qui est abattu par les forces de l'ordre. Le 7 août, l'EI revendique l'attaque, selon Amaq, un organe de propagande du groupe.

26 juillet 2016 en France: un prêtre est égorgé par deux jeunes de 19 ans se réclamant de l'EI dans son église à Saint-Étienne-du-Rouvray, dans le nord-ouest de la France. L'EI affirme que les auteurs étaient deux de ses «soldats».

24 juillet 2016 en Allemagne: un réfugié syrien, débouté de sa demande d'asile, se fait exploser dans le centre d'Ansbach, à proximité d'un festival de musique. L'attentat fait 15 blessés et provoque la mort de son auteur. Le ministre bavarois de l'Intérieur annonce que le Syrien avait «fait allégeance» à l'EI, qui affirme que c'était l'un de ses «soldats».

18 juillet 2016 en Allemagne: un jeune demandeur d'asile qui affirme être afghan (la police pense qu'il pourrait être pakistanais) blesse cinq personnes, dont deux grièvement, dans un train régional en les attaquant à la hache et au couteau. Il est tué par la police. L'EI revendique l'attaque.

14 juillet 2016 en France: un Tunisien de 31 ans, Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, fonce au volant d'un camion dans la foule, quelques instants après le feu d'artifice du 14 juillet à Nice, tuant 85 personnes, dont plusieurs enfants, et faisant plus de 330 blessés. L'attaque est revendiquée par l'EI.

28 juin 2016 en Turquie: 47 personnes sont tuées dans un triple attentat-suicide à l'aéroport international Atatürk d'Istanbul. Selon le premier ministre, «les indices pointent vers Daech».

13 juin 2016 en France: assassinat d'un policier et de sa compagne près de Paris, revendiqué par un homme qui a prêté allégeance à l'EI.

12 juin 2016 aux États-Unis: un Américain d'origine afghane tue 49 personnes dans un club gai d'Orlando. Il avait fait allégeance à l'EI dans un appel au numéro des urgences après avoir commencé son attaque. L'EI revendique le massacre, commis par «un soldat du califat».

22 mars 2016 en Belgique: des attentats-suicide revendiqués par l'EI font 32 morts et plus de 340 blessés à l'aéroport de Bruxelles et dans la station de métro Maelbeek, au coeur du quartier européen de la capitale belge.

12 janvier 2016 en Turquie: un attentat-suicide dans le coeur historique d'Istanbul fait 12 morts, des touristes allemands. Cette attaque est attribuée à l'EI. En mars, un attentat-suicide sur l'avenue Istiklal d'Istanbul, attribué à l'EI, tue quatre touristes, trois Israéliens et un Iranien.

2 décembre 2015 aux États-Unis: un couple de musulmans ouvre le feu dans un centre de soins pour handicapés à San Bernardino, en Californie, tuant 14 personnes. L'attaque est saluée, mais pas revendiquée, par l'EI.

13 novembre 2015 en France: des attaques à Paris font 130 morts et plus de 350 blessés. Les attentats, revendiqués par l'EI, sont commis dans la salle de concert du Bataclan, dans plusieurs rues de la capitale et près du Stade de France.

31 octobre 2015 en Égypte: les 224 occupants d'un Airbus A321 russe, touristes et membres de l'équipage, périssent dans la chute de leur appareil dans la péninsule du Sinaï. L'EI revendique la responsabilité de l'écrasement.

26 juin 2015 en Tunisie: une attaque contre un hôtel à Sousse fait 38 morts, dont 30 Britanniques. Le 18 mars, un attentat contre le musée du Bardo à Tunis avait fait 22 morts, dont 21 touristes étrangers. Ces attentats sont revendiqués par l'EI.

8 janvier 2015 en France: Amédy Coulibaly, qui se revendique de l'EI, tue une policière au sud de Paris. Le lendemain, il prend en otages clients et employés d'un supermarché casher de Paris et tue quatre d'entre eux, tous juifs. Il est abattu par la police. Le 7 janvier, les frères Kouachi, qui se revendiquaient d'Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), avaient tué 12 personnes au siège de l'hebdomadaire Charlie Hebdo à Paris.

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