Trump vilipendé après avoir critiqué les parents d'un soldat décédé

Khizr Khan, père d'un soldat américain musulman tué en... (AFP)

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Khizr Khan, père d'un soldat américain musulman tué en Irak, a pris la parole contre Donald Trump au dernier jour de la convention d'investiture d'Hillary Clinton.

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Agence France-Presse
Washington

Hillary Clinton a défendu les parents endeuillés d'un soldat musulman de l'armée américaine, critiquant Donald Trump sur sa «méconnaissance totale» des valeurs américaines et lui reprochant d'attiser les divisions aux États-Unis.

La candidate démocrate a fait ces commentaires après que son adversaire républicain eut refusé de revenir sur ses critiques à l'égard des parents du capitaine de l'armée américaine.

Mme Clinton, qui réagissait pour la première fois depuis que M. Trump a réprouvé les propos lancés par la couple Khan à la convention du Parti démocrate jeudi soir dernier, a déploré que le candidat républicain «insulte» le père et la mère de famille qui ont fait «l'ultime sacrifice» en prêtant leur fils à l'armée.

Devant des partisans réunis dans une église de Cleveland dimanche matin, Hillary Clinton a dit «trembler» devant le fait que son rival critique les autres Américains en raison «de leur religion, leur ethnicité ou leur handicap».

Elle a ajouté qu'elle «n'avait pas été élevée ainsi».

Donald Trump a une fois de plus défendu ses propos, dimanche, se plaignant sur Twitter que le père, Khizer Khan, l'avait «attaqué vicieusement» lors de son discours à la convention démocrate.

«N'ai-je pas le droit de répondre? Hillary Clinton a voté pour la guerre en Irak, pas moi!», a-t-il vociféré.

À la convention du Parti démocrate, le père de famille d'origine pakistanaise Khizer Khan a raconté l'histoire de son fils, Humayun, qui a perdu la vie au combat en Irak en 2004. M. Khan a demandé ouvertement si le candidat républicain avait déjà lu la Constitution, ajoutant qu'il n'avait lui-même «jamais rien sacrifié».

Pendant son discours, sa femme, Ghazala, est restée silencieuse à ses côtés.

«Si vous regardez sa femme, elle était là, elle n'avait rien à dire. Probablement, peut-être qu'elle n'avait pas le choix de dire quoi que ce soit. À vous de me le dire», a rétorqué M. Trump à l'émission du réseau ABC, This Week.

Ghazala Khan a répondu à Donald Trump dans une lettre ouverte publiée dans le Washington Post, soulignant qu'il était encore difficile pour elle de parler de son fils mort il y a 12 ans.

Son époux lui a demandé si elle voulait parler, mais elle lui a dit qu'elle ne pouvait pas.

«Lorsque Donald Trump parle de l'Islam, c'est un ignorant. S'il avait étudié le vrai islam et le Coran, toutes les idées qu'il a sur les terroristes changeraient, puisque le terrorisme est une religion différente», a-t-elle écrit.

Pas de «conscience morale»

Son mari a participé à plusieurs émissions de télévision, dimanche matin. Il a salué le fait que que Donald Trump ait reconnu ultérieurement que son fils est un héros, ajoutant toutefois que le nouveau politicien n'avait pas de «conscience morale».

En entrevue, Donald Trump a également tenu dire qu'il avait «fait beaucoup de sacrifices» pour «créer des milliers et des milliers d'emplois».

Plusieurs dirigeants du Parti républicain ont encore une fois été appelés à répondre aux propos controversés de leur candidat.

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et le leader de la majorité au Sénat, Mitch McConnell, ont tous deux condamné, par l'entremise de communiqués de presse, toute critique à l'égard des Américains musulmans qui se sont battus pour leur pays.

Les deux républicains ont également rejeté l'idée - proposée par Donald Trump plus tôt dans sa campagne - qu'une interdiction d'entrée aux États-Unis soit imposée aux musulmans. Ni M. McConnell ni M. Ryan n'ont mentionné directement le candidat républicain à l'élection présidentielle.

«La capitaine Khan est un exemple de bravoure. Son sacrifice, et ceux de Khizr et Ghazala Khan, devraient toujours être honorés», a écrit Paul Ryan.

«Il y a une seule façon de parler des parents d'un (soldat mort au combat): avec honneur et respect. Le capitaine Khan est un héros. Ensemble, nous devrions prier pour sa famille», a déclaré sur Twitter le gouverneur de l'Ohio et ex-candidat à l'investiture républicaine, John Kasich.

Des donateurs traditionnels refusent de soutenir Trump

Le milliardaire Charles Koch a déclaré que les dirigeants... (AP) - image 3.0

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Le milliardaire Charles Koch a déclaré que les dirigeants politiques offraient des propositions «effrayantes» aux défis que doivent affronter les États-Unis.

AP

Alors que la campagne en vue de l'élection présidentielle vient de commencer officiellement aux États-Unis, certains des donateurs les plus influents du Parti républicain décident de tourner le dos à Donald Trump.

Le milliardaire Charles Koch organisait une retraite exclusive pour la fin de semaine dans un hôtel luxueux près des montagnes du Colorado, pendant laquelle il a critiqué sans le nommer le candidat républicain.

M. Koch a déclaré que les dirigeants politiques offraient des propositions «effrayantes» aux défis que doivent affronter les États-Unis.

L'un de ses collègues a été plus direct en disant que le réseau politique des industries Koch n'utiliserait pas ses ressources considérables pour aider Donald Trump à remporter l'élection du mois de novembre.

Mark Holden, vice-président principal des industries Koch, a expliqué que les dirigeants se concentraient plutôt sur le Sénat.

Aucun des candidats à la présidence ne satisfait l'entreprise sur le plan des «valeurs, des croyances et des politiques», a-t-il fait remarquer.

Les avertissements de Donald Trump selon lesquelles les crimes sont en hausse ne sont tout simplement pas exacts, selon les dernières données, a-t-il dit. «Nous sommes plus en sécurité», a-t-il ajouté.

Mark Holden a fait ces commentaires à l'occasion d'une rencontre de trois jours entre des donateurs qui s'engagent à offrir au moins 100 000 $US chaque année à l'organisation des frères Koch, les Freedom Partners, qui fait la promotion d'une intervention gouvernementale réduite et moins intrusive.

Budget de 750 M$US

Le réseau des frères Koch a investi des centaines de millions de dollars pour influencer la politique et les politiques publiques dans les dernières années.

Mais cette année, le réseau ne prévoit pas faire d'efforts pour aider M. Trump, même si certains de ses quelque 400 donateurs croient qu'ils devraient prêter main-forte au candidat républicain.

Sur Twitter, le milliardaire devenu politicien a écrit qu'il avait refusé de rencontrer les frères Charles et David Koch. «Ce sera mieux pour eux de rencontrer les marionnettes de la politique, ils vont faire beaucoup mieux!» s'est-il exclamé.

Plusieurs politiciens ont participé à la rencontre de la fin de semaine, dont l'orateur de la Chambre des représentants, Paul Ryan, et le gouverneur du Wisconsin Scott Walker.

Charles et David Koch organisent ces rencontres depuis plusieurs années, mais elles sont généralement privées. En fin de semaine, un petit groupe de journalistes a pu assister à l'événement, dont un de l'Associated Press.

Le budget du réseau est estimé à 750 millions $US pour l'année 2016. Les montants serviront à aider l'élection de candidats républicains au Sénat. Le réseau cible cinq États en particulier : l'Ohio, la Pennsylvanie, le Nevada, le Wisconsin et la Floride.

Déjà, 42 millions $ ont été dépensés en publicités, télévisées ou en ligne, pour aider les candidats.

Bien qu'il ne soit pas un allié de Donald Trump, le réseau ne sera pas son ennemi non plus, a-t-on assuré.

«Nous n'avons pas l'intention d'aller après Donald Trump», a assuré Mark Holden.  Avec AP

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