Les premières familles syriennes empruntent le «corridor humanitaire»

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«Des dizaines de familles sont sorties le matin des quartiers Est d'Alep à travers les couloirs ouverts pour évacuer les citoyens assiégés par les groupes terroristes», a indiqué l'agence Sana.

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Rim Haddad, Rana Moussaoui
Agence France-Presse
Damas

Des dizaines de familles sont sorties samedi des quartiers rebelles de la ville syrienne d'Alep à travers l'un des corridors «humanitaires», ont annoncé les médias du régime dont les troupes soumettent ce secteur depuis des semaines à un siège total et des raids destructeurs.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a confirmé qu'«un nombre de civils» avaient emprunté ce corridor dans le quartier de Salaheddine pour se rendre dans les zones sous contrôle du régime, mais n'a pas donné de chiffres.

«Des dizaines de familles sont sorties le matin des quartiers Est d'Alep à travers les couloirs ouverts pour évacuer les citoyens assiégés par les groupes terroristes», a indiqué l'agence Sana qui reprend la terminologie du régime qualifiant les rebelles de «terroristes».

«Les soldats les ont accueillies et transportées dans des bus en direction d'abris temporaires», a-t-elle dit. Outre ces familles, un groupe «de femmes de plus de 40 ans sont également sorties des quartiers est d'Alep à travers le passage de Salaheddine».

L'agence a publié des photos de femmes habillées en noir accompagnées d'enfants en file près de soldats ou prenant le bus. La chaîne officielle Al-Ikhbariya a diffusé des images de quelques femmes et d'enfants traversant une rue bordée d'immeubles en ruines.

Sana a signalé également que des combattants avaient rendu leurs armes, sans préciser leur nombre.

Deuxième ville du pays et enjeu majeur de la guerre, Alep est divisée depuis 2012. Les prorégime contrôlent les quartiers ouest et tentent de reconquérir les quartiers est rebelles soumis pendant des mois à des bombardements et raids meurtriers dévastateurs du régime.

Une reconquête de cette métropole septentrionale constituerait la plus grande victoire du régime depuis l'éclatement du conflit en 2011 et pourrait sonner le glas de rébellion, déjà affaiblie par la montée en puissance des jihadistes dans la guerre.

«Situation désespérée»

Après avoir assiégé totalement depuis le 17 juillet les quelque 250000 habitants des quartiers rebelles qui souffrent de grandes pénuries, le régime a autorisé l'ouverture jeudi de corridors pour permettre aux civils et combattants souhaitant déposer les armes de sortir.

L'annonce sur ces corridors a été faite par la Russie, alliée du régime qu'elle aide militairement face aux rebelles et djihadistes.

L'initiative a été présentée comme à but humanitaire, mais rebelles, opposants et plusieurs pays dont les États-Unis ont exprimé leur scepticisme.

D'ailleurs, plusieurs habitants continuent d'avoir toujours peur d'emprunter ces passages.

«Je veux sortir mais pas vers les zones du régime. J'ai très peur qu'ils prennent mon fils de 17 ans pour l'obliger à faire son service militaire ou l'envoyer au front», dit Abou Mohammad, 50 ans et père de quatre enfants.

«La situation humanitaire est de plus en plus désespérée et on arrive difficilement à trouver de la nourriture», selon lui.

Depuis le 7 juillet, aucune aide n'est parvenue aux quartiers rebelles d'Alep, qui manquent de produits de première nécessité.

«Partez ou mourez de faim»

L'ONU s'est dite favorable à ces corridors et a proposé d'en prendre le contrôle.

Mais le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est dit sceptique, évoquant une possible «ruse» de Moscou.

L'opposition au régime a également mis en doute les intentions du régime et de son allié russe. Ahmad Ramadan, membre de la Coalition de l'opposition en exil, a parlé de «couloirs de la mort», alors que sa collègue Bassma Kodmani, a dénoncé «un message brutal pour notre peuple: partez ou mourez de faim».

Le régime a eu recours à la tactique du siège pour soumettre la rébellion dans d'autres régions du pays.

Selon des analystes, la perte d'Alep par les insurgés représenterait un tournant dans une guerre qui a fait plus de 280000 morts depuis 2011 et poussé des millions de personnes à la fuite.

Pour renforcer le siège des quartiers rebelles, l'aviation syrienne bombarde intensément depuis vendredi deux secteurs rebelles -la zone industrielle de Chqif et la banlieue de Dahret Abd Rabbo-, situées respectivement à quelques km au nord et au nord-ouest d'Alep, selon l'OSDH.

Le régime cherche ainsi à empêcher toute tentative des insurgés d'envoyer des renforts ou de lancer des contre-attaques pour briser le siège des quartiers est de la ville.

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