Prêtre assassiné en France: «La paix, c'est ça qu'on veut»

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Des gens de toutes religions ont observé une minute de silence en mémoire du prêtre Jacques Hamel, assassiné mardi.

AFP, Charly Triballeau

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Agence France-Presse
RENNES

Un dialogue surréaliste s'était engagé mardi dans l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray, en France, après l'assassinat du père Jacques Hamel, entre les deux djihadistes et les deux religieuses retenues à l'intérieur de l'édifice, ont rapporté ces dernières à l'hebdomadaire catholique La Vie.

Alors que le prêtre de 86 ans, qui vient d'être égorgé, et un fidèle grièvement blessé gisent à terre, les deux agresseurs, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans, qui avaient jusqu'à ce moment fait preuve d'agressivité et d'énervement, changent brutalement de comportement. «J'ai eu droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe, mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux», raconte soeur Huguette Péron.

Soeur Hélène Decaux, 83 ans, et la femme du fidèle blessé, âgée aussi de plus de 80 ans, demandent à s'asseoir. L'un des deux tueurs accepte. «Je lui ai demandé ma canne, il me l'a donnée», précise soeur Hélène.

Discussion religieuse

Puis la conversation prend une tournure religieuse. L'un des deux hommes demande à soeur Hélène si elle connaît le Coran. «Oui, je le respecte comme je respecte la Bible, j'ai déjà lu plusieurs sourates. Et ce qui m'a frappé en particulier, ce sont les sourates sur la paix», répond la religieuse.

«La paix, c'est ça qu'on veut [...] Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats. Et il y en aura tous les jours. Quand vous vous arrêterez, nous arrêterons», répond son interlocuteur.

«As-tu peur de mourir?» interroge ensuite ce dernier. À la réponse négative de la religieuse, il poursuit : «Pourquoi?» «Je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse», réplique soeur Hélène, qui confie avoir prié intérieurement la Vierge et pensé à Christian de Chergé, le prieur du monastère de Tibéhirine, en Algérie, assassiné avec six autres moines en 1996.

Avec soeur Huguette, la conversation porte sur Jésus. «Jésus ne peut pas être homme et Dieu. C'est vous qui avez tort», assène l'autre assaillant. «Peut-être, mais tant pis», répond soeur Huguette. «Pensant que j'allais mourir, j'ai offert ma vie à Dieu», ajoute-t-elle.

«Visiblement, ils attendaient la police», considère soeur Hélène. Peu après, les deux hommes tentent une sortie en prenant les trois femmes comme bouclier humain. «Mais ils ne se sont pas mis totalement derrière nous. À croire qu'ils allaient au-devant de la mort.»

Présente à la messe lors de l'irruption des terroristes, une troisième religieuse, soeur Danielle Delafosse, était parvenue à sortir de l'église et à donner l'alerte.

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