Hillary Clinton entre dans l'histoire

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Hillary Clinton s'est posée en rassembleuse pour détourner les Américains du message alarmiste et populiste de son rival républicain Donald Trump.

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Ivan COURONNE, Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
Philadelphie

Hillary Clinton a accepté jeudi soir à Philadelphie la nomination du parti démocrate pour l'élection présidentielle du 8 novembre, une première pour une femme dans l'histoire politique américaine.

Hillary Clinton s'est posée jeudi à Philadelphie en rassembleuse pour détourner les Américains du message alarmiste et populiste de son rival républicain de l'élection présidentielle, Donald Trump.

«C'est avec humilité, détermination et une confiance sans limites dans la promesse de l'Amérique que j'accepte votre nomination pour la présidence des Etats-Unis», a déclaré Hillary Clinton, 68 ans, en clôture de la convention d'investiture démocrate qui l'avait désignée candidate officielle du parti pour le scrutin de novembre.

La démocrate, première femme de l'histoire à être investie candidate d'un grand parti à la Maison-Blanche, a ciselé un discours de près d'une heure pour les Américains tentés par le choix de Trump, ces électeurs désabusés par une classe politique perçue comme sourde à leurs inquiétudes économiques.

«Certains d'entre vous sont en colère, voire furieux. Et vous savez quoi? Vous avez raison», a dit Hillary Clinton. L'économie «n'est pas encore à la hauteur».

«Nous ne vous avons pas assez bien montré que nous comprenons vos épreuves, et que nous allons vous aider», a dit celle à qui Barack Obama avait passé le flambeau la veille dans la même salle.

Après son discours, Hillary Clinton a été rejointe... (AP, John Locher) - image 2.0

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Après son discours, Hillary Clinton a été rejointe sur scène dans un déluge de ballons bleus, blancs et rouges par son colistier, le sénateur Tim Kaine.

AP, John Locher

Déclarant vouloir faire de l'emploi et de la hausse des salaires sa «mission principale», l'ancienne chef de la diplomatie a, sur le ton mordant qu'elle aime employer contre lui, raillé les promesses creuses de Donald Trump.

«La triste vérité est qu'il n'y a pas d'autre Donald Trump. Il est vraiment comme ça», a lâché Hillary Clinton.

Remontant aux origines de la république, dans cette ancienne capitale fédérale, elle a martelé que le milliardaire populiste incarnait l'antithèse des valeurs américaines. Et rappelé au passage ses faillites.

«Surtout, ne croyez pas quelqu'un qui dit : +Je suis le seul à pouvoir le faire+», a-t-elle lancé. L'homme d'affaires «veut que nous ayons peur de l'avenir et que nous ayons peur les uns des autres», a dit Hillary Clinton. «Mais nous n'avons pas peur. Nous relèverons les défis comme nous l'avons toujours fait».

«L'Amérique est grande, car l'Amérique est bonne», a déclaré, solennelle, Hillary Clinton. «Assez d'intolérance et de grandiloquence. Donald Trump n'offre aucun vrai changement».

Direction Rust Belt

Peu connue pour ses talents d'oratrice, Hillary Clinton a livré une prestation solide et vigoureuse qui a fait rugir les milliers de délégués réunis depuis lundi.

Pendant toute la soirée, des délégués fidèles à Bernie Sanders, candidat malheureux aux primaires, ont manifesté leur rejet de celle qui représente à leurs yeux une trahison des idéaux progressistes. Plusieurs dizaines portaient un même T-shirt vert fluo. D'autres brandissaient, immobiles, des écriteaux pour «Bernie».

Deux présidents avaient préparé le terrain cette semaine à la tribune du Wells Fargo Center.

Bill Clinton avait raconté Hillary la femme, tandis que Barack Obama, dans un discours éblouissant, avait fait d'elle son héritière politique, louant ses qualités de femme d'Etat et la présentant comme le seul recours contre les «démagogues» du type de Donald Trump.

«Je vous demande de rejeter le cynisme, de rejeter la peur, d'exprimer ce que nous avons de meilleur en nous, et d'élire Hillary Clinton présidente des Etats-Unis», avait-il dit.

La mise en scène impeccable de la convention de Philadelphie a fait alterner toute la semaine à la tribune des Américains ordinaires - mères ayant perdu leurs enfants, des sans-papiers, une femme trans, d'autres inconnus rencontrés par Hillary Clinton sur le terrain -, des ténors démocrates ainsi que des républicains qui voteront pour Hillary Clinton en novembre, comme un ancien de l'administration de Ronald Reagan.

Le général à la retraite John Allen, ancien coordinateur de la coalition contre l'organisation État islamique, ainsi que de nombreux anciens soldats dont l'Américain d'origine française Florent Groberg, décoré pour acte de bravoure en Afghanistan, ont apporté leur caution militaire à l'ancienne sénatrice, qui gagna le respect de nombreux généraux lorsqu'elle était au Sénat.

«Mes chers compatriotes, c'est sans hésitation et sans réserve que je vous assure qu'Hillary Clinton sera exactement le type de commandante en chef dont a besoin l'Amérique», a déclaré John Allen dans une allocution martiale, contestée par quelques délégués pacifistes.

Après son discours, Hillary Clinton a été rejointe sur scène dans un déluge de ballons bleus, blancs et rouges par sa famille et celle de son colistier, le sénateur Tim Kaine.

C'est avec lui qu'elle engagera vendredi la nouvelle phase de sa campagne. Comme pour mieux signifier la priorité accordée à l'emploi, le duo prendra la route de la Pennsylvanie et de l'Ohio, épicentre de la désindustrialisation.

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