Hillary Clinton, d'une implacable ambition

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Hillary Clinton est la première femme à porter les couleurs d'un grand parti américain à l'élection présidentielle.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Philadelphie

Hillary Rodham Clinton cite parfois son idole Eleanor Roosevelt, l'épouse de l'ancien président démocrate Franklin Roosevelt: pour faire de la politique quand on est une femme, «il vous faut la peau aussi épaisse qu'un rhinocéros».

Dans les églises et les cafés ou en rassemblement, Hillary Clinton a 1000 anecdotes sous le coude sur les épreuves auxquelles elle a survécu durant ses quatre décennies de vie publique. «J'ai les cicatrices pour le prouver», dit-elle.

On ne compte plus les accusations républicaines de mensonge, fraude, clientélisme, voire de meurtre. Une majorité d'Américains la trouvent malhonnête. Et pourtant, la voici à 68 ans, pionnière aux portes de la Maison-Blanche, première femme à porter les couleurs d'un grand parti américain à l'élection présidentielle.

«Oui, les femmes et les hommes ont encore des plafonds à briser, mais ne laissez personne dire que l'Amérique n'est pas capable de grandes choses», a déclaré la démocrate le jour où elle a remporté les primaires le 7 juin dernier, huit ans exactement après avoir jeté l'éponge lors de sa première tentative.

De Chicago à l'Arkansas

Hillary Diane Rodham est née le 26 octobre 1947 à Chicago et a grandi dans la banlieue blanche et paisible de Park Ridge, en plein Midwest, dans une famille de la classe moyenne.

Elle adore sa mère Dorothy; le père, Hugh Rodham, petit patron, est têtu, dur. Mais il lui transmet son éthique du travail et la crainte permanente de manquer. C'est aussi de lui qu'elle hérite ses convictions républicaines, qu'elle conservera jusqu'à ses années étudiantes. La famille est protestante méthodiste.

Très bonne élève, elle entre en 1965 dans la prestigieuse université pour jeunes femmes, Wellesley College. Dans le tumulte sociétal des années 60, les quatre années universitaires lui ouvrent les yeux sur la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam, l'égalité hommes-femmes...

L'étudiante aux lunettes en cul de bouteille, qui déteste le maquillage, est bosseuse et ambitieuse. Ses camarades l'élisent présidente du corps représentatif des étudiantes, ce qui lui permet un coup d'éclat: un discours aussi idéaliste que confus à la cérémonie de remise des diplômes.

Suit l'entrée en 1969 à la Faculté de droit de Yale, et la rencontre avec Bill Clinton, son «Viking venu d'Arkansas».

Elle avait «un air volontaire et une maîtrise de soi que j'avais rarement vus chez quiconque, homme ou femme», écrira Bill.

Son activisme en faveur des droits des enfants et des femmes s'épanouit pendant ces années et, à la sortie, elle choisit de travailler pour le Fonds de défense des enfants, pendant que Bill Clinton se lance en politique dans l'Arkansas.

Après un passage par Washington en 1974, à la Commission d'enquête sur le scandale du Watergate, elle rejoint Bill Clinton, bientôt élu ministre de la Justice de l'État puis gouverneur, tandis qu'elle intègre un grand cabinet d'avocats de Little Rock.

Chelsea, leur fille unique, naît en 1980.

Deux pour le prix d'un

Hillary Clinton, en 1999... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Hillary Clinton, en 1999

Photothèque Le Soleil

Sous pression, Hillary Rodham finit par abandonner son nom de jeune fille et devient Hillary Clinton, première dame d'Arkansas puis des États-Unis après l'élection de Bill en 1992.

Mais l'image de «coprésidente» de l'ombre, alimentée par les républicains, tranche avec le rôle traditionnel d'une première dame s'occupant de bonnes oeuvres. Son épreuve du feu, la refonte du système de santé, tourne au désastre en 1994. Après cet échec, elle se retire des dossiers trop politiques pour se consacrer à la cause des femmes, notamment à l'étranger.

En coulisses, elle dirige pourtant la guérilla judiciaire dans l'affaire Whitewater. Et, humiliée par son mari adultère, elle le défendra bec et ongles pour empêcher sa destitution dans l'affaire Monica Lewinsky, alors même qu'ils suivent une thérapie de couple.

Les Américains compatissent: jamais sa cote de popularité n'aura été aussi élevée, 67 % d'opinions favorables en décembre 1998.

Carrière solo

À l'approche du départ de la Maison-Blanche, elle se lance en politique, devient sénatrice de l'État de New York. Elle passe son tour à la présidentielle de 2004 mais, aux primaires suivantes en 2008, Barack Obama l'étrille pour son vote autorisant la guerre d'Irak.

Hillary Clinton avait fait de son expérience un slogan, promettant d'être une nouvelle Dame de fer; les Américains lui ont préféré un quadragénaire néophyte incarnant le changement.

Coup de théâtre, elle devient secrétaire d'État de Barack Obama pendant son premier mandat. Hyperactive mais sans réels succès à son actif, critiquent ses détracteurs.

Les républicains l'accusent d'incompétence après les attentats de Benghazi en Libye, faisant quatre victimes américaines, dont l'ambassadeur. Et si elle échappe récemment à une inculpation dans l'affaire de la messagerie privée qu'elle a utilisée au lieu du compte gouvernemental, le scandale renforce l'image d'un couple Clinton se croyant au-dessus des lois, et contribue à l'effondrement de sa cote de popularité.

Mais ces années de diplomatie cimentent son image de femme d'État.

«Il n'y a jamais eu d'homme ou de femme plus qualifié pour ce poste qu'Hillary Clinton. Jamais!» a jugé Barack Obama.

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