Trump évoque plus de contrôle pour Allemands et Français aux frontières

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Shahzad Abdul
Agence France-Presse
Washington

Contrôles renforcés à l'entrée des États-Unis pour les Français et les Allemands, possible sortie de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et remise en cause de l'OTAN. Donald Trump détricote un à un les alliances et engagements américains à travers le monde.

C'est du moins ce que promet de faire le candidat républicain s'il est élu 45e président américain en novembre, quelques jours après avoir dressé un tableau noir de la situation des États-Unis lors de son discours d'investiture.

Dans une entrevue diffusée dimanche, le milliardaire a repris et détaillé ses sujets de prédilection: immigration, contrôle des frontières, retour des emplois sur le sol américain, concurrence déloyale due au commerce international...

Les Français, dont le pays est «totalement» gangréné par le terrorisme, feront l'objet de contrôles plus poussés pour pouvoir entrer aux États-Unis, a-t-il promis en réponse à une vague d'attaques en Europe revendiquées par l'État islamique.

«Nous avons des problèmes avec l'Allemagne, et nous avons des problèmes avec la France», a-t-il jugé, assurant qu'il allait «dévoiler dans les semaines à venir une liste des pays» concernés par des durcissements des critères d'entrée.

Le magnat de l'immobilier n'en est pas à sa première sortie en la matière, après des appels répétés pour des «enquêtes poussées» sur les citoyens de pays où sévit le terrorisme, et sa très controversée proposition de bannir l'entrée des États-Unis aux musulmans du monde entier.

Mais c'est la première fois qu'il évoque de telles mesures pour des proches alliés comme la France ou l'Allemagne.

«Souvenez-vous de cela», a-t-il prévenu dimanche. «Notre constitution est fantastique. Mais elle ne nous donne pas le droit de nous suicider, ok?»

Dindons de la farce

Donald Trump a juré, dans la même entrevue, que sous son impulsion, les États-Unis allaient «renégocier ou sortir» de l'OMC si l'organisation ne lui permettait pas d'imposer des taxes aux entreprises basées sur le sol américain et qui délocalisent leurs emplois tout en distribuant leurs produits en Amérique.

«Ces accords commerciaux sont un désastre. L'Organisation mondiale du commerce est un désastre», a-t-il tonné.

Là encore, le milliardaire n'en est pas à sa première critique du commerce international qui introduit une concurrence déloyale avec certains pays. «Nous ne pouvons pas continuer de permettre que la Chine viole notre pays», avait-il par exemple dénoncé il y a quelques mois.

Mais il a dimanche agrémenté sa critique de remarques sur l'Europe, qui s'est construite pour «battre les États-Unis en ce qui concerne le commerce».

«Désormais on parle de l'Europe comme si [ses pays] étaient merveilleux», a-t-il poursuivi. «J'adore l'Europe. Je dis juste que la raison pour laquelle elle s'est rassemblée était une sorte d'alliance pour pouvoir rivaliser avec les États-Unis.»

Le candidat populiste a également réitéré ses critiques sur l'OTAN, dénonçant notamment des pays membres de l'Alliance «qui profitent des États-Unis».

Il avait récemment affirmé que si les pays baltes étaient attaqués par la Russie, il ne déciderait d'intervenir qu'après avoir vérifié que ces pays «ont bien respecté leurs obligations». Une sortie qualifiée par le chef de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell, d'«erreur de débutant».

«Plusieurs pays ne paient pas ce qu'ils sont censés payer, ce qui est déjà trop peu [...], et nous leur offrons un tour gratuit», a-t-il maintenu dimanche, décrivant les États-Unis comme les dindons de la farce.

Cela va «au-delà» de l'OTAN, selon Donald Trump, «puisque nous nous occupons du Japon [...], de la Corée du Sud, de l'Arabie saoudite, et nous perdons sur tous les tableaux».

Obama dénonce l'amateurisme de Trump en politique étrangère

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Barack Obama

AP, Pablo Martinez Monsivais

Le président des États-Unis Barack Obama a dénoncé dimanche le «manque de préparation» dont Donald Trump fait preuve en matière de politique étrangère, citant ses récents propos sur l'OTAN.

Le candidat républicain à la Maison-Blanche a expliqué, dans un entretien au New York Times, que si les pays baltes, qui sont membres de l'Alliance, étaient attaqués par la Russie, il ne déciderait de faire intervenir les États-Unis qu'après avoir vérifié que ces pays «ont bien respecté leurs obligations».

«Il y a une énorme différence entre pousser nos alliés européens à tenir leurs engagements en termes de dépenses pour la défense et leur dire "Vous savez quoi? Nous pourrions ne pas respecter l'engagement central de l'alliance la plus importante de l'Histoire"», explique M. Obama dans un entretien diffusé dimanche dans Face The Nation sur CBS.

L'un des principes de base de l'OTAN stipule qu'une attaque contre l'un des membres est une attaque sur l'ensemble des alliés - un point que les États-Unis ont fait valoir après les attentats du 11 septembre 2001, et qui a justifié l'intervention de l'OTAN en Afghanistan.

Rappelant que ce principe était «la pierre angulaire» de la politique étrangère américaine depuis la Seconde Guerre mondiale, quels que soient les présidents, M. Obama juge que les propos du candidat républicain démontrent son manque de connaissance du sujet.

«Ne pas avoir une compréhension ou une connaissance suffisantes pour dire que l'Amérique pourrait ne pas tenir son engagement solennel de protéger les alliés qui étaient à nos côtés après le 11 septembre [...] démontre le manque de préparation dont il a fait preuve en matière de politique étrangère», assène-t-il.

Jeudi, le chef de l'Otan Jens Stoltenberg avait rappelé avec force, à l'attention du magnat de l'immobilier, que la «solidarité» était une «valeur essentielle» de l'alliance atlantique.

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