Le forcené de Munich fasciné par les tueries

Les Munichois ont tapissé l'entrée du centre commercial... (AFP, Christof Stache)

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Les Munichois ont tapissé l'entrée du centre commercial où a eu lieu la fusillade de fleurs et de bougies. L'auteur de la tuerie est un Germano-Iranien de 18 ans, David Ali Sonboly, et selon les autorités, il n'aurait aucun lien avec les groupes islamistes radicaux.

AFP, Christof Stache

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Simon Morgan, Valérie Leroux
Agence France-Presse
Munich

La fusillade ayant semé la panique à Munich vendredi a été perpétrée par un jeune forcené souffrant de problèmes psychiatriques et fasciné par le massacre commis il y a cinq ans par Anders Behring Breivik en Norvège.

La fusillade ayant semé la panique à Munich... (AP, Andreas Gebert) - image 1.0

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AP, Andreas Gebert

Selon l'enquête, le jeune Germano-Iranien de 18 ans a prémédité son coup et piégé ses victimes sur Facebook. La tuerie a fait 9 morts et 16 blessés et semé la terreur dans la capitale bavaroise, où un dispositif policier sans précédent a été un temps déployé par crainte d'un acte terroriste.

«Nous partons du principe qu'il s'agit dans cette affaire d'un acte classique d'un forcené pris d'une crise de folie meurtrière, sans motivation politique», a déclaré samedi à la presse le procureur de Munich, Thomas Steinkraus-Koch.

«Il n'y a absolument aucun lien avec [le groupe] État islamique», a renchéri le chef de la police locale, Hubertus Andrä.

Identifié comme David Ali Sonboly, le tueur est né à Munich de parents venus en Allemagne à la fin des années 90 comme demandeurs d'asile.

Même arme que Breivik

Vendredi, en début de soirée, il a ouvert le feu sur un groupe de personnes à la sortie d'un restaurant McDonald's, puis dans un centre commercial. Il a ensuite été blessé par la police avant de se suicider.

Dans son sac à dos, les enquêteurs ont retrouvé environ 300 munitions. La police va devoir déterminer comment il a pu se procurer son arme, un pistolet Glock 17 de calibre 9 mm. Déjà un débat s'est engagé en Allemagne sur la nécessité de durcir la législation sur les armes à feu.

Anders Behring Breivik... (Archives AFP, Lise Aserud) - image 2.0

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Anders Behring Breivik

Archives AFP, Lise Aserud

Surtout, les enquêteurs ont parlé d'un «lien évident» avec le tueur norvégien Anders Behring Breivik, qui avait abattu 77 personnes en 2011.

Des documents sur ce massacre ont été retrouvés dans sa chambre. Par ailleurs, le quotidien Bild relève que l'arme utilisée à Munich est la même que celle dont s'était servi en son temps Breivik, même s'il s'agit d'un pistolet très répandu.

Issu d'une famille à l'origine chiite, il semble qu'il se soit converti à la religion chrétienne, d'où son prénom David, selon le ministre allemand de l'Intérieur, Thomas de Maizière.

Il a agi seul et a planifié son acte. Selon M. de Maizière, l'auteur a tendu un piège aux victimes après avoir piraté le compte Facebook d'une jeune fille: les victimes se sont vu promettre des bons de réduction dans un restaurant du centre commercial. «Une manière particulièrement sournoise de procéder», a commenté le ministre.

La plupart des victimes sont très jeunes, adolescents et jeunes adultes, qu'il fréquentait peut-être pour certains dans son école.

Harcelé à l'école

Bild émet l'hypothèse qu'il pourrait s'en être pris à dessein à de jeunes étrangers et croit savoir qu'il était maltraité notamment par des Turcs dans son école.

M. de Maizière a confirmé qu'Ali David Sonboly a été victime de harcèlement de la part d'autres jeunes de son âge.

Une de ses camarades de classe, qui a refusé d'être identifiée, a indiqué à la chaîne de télévision britannique ITV qu'il était souvent seul et peu apprécié dans l'école. «Je l'ai vu hier et il avait l'air préoccupé, il était bizarre et ne m'a pas regardée alors que d'habitude il dit bonjour», a-t-elle dit.

Le jeune homme résidait avec ses parents dans un logement social avec de nombreux étrangers ou Allemands d'origine étrangère.

Il était amateur de jeux vidéo violents, un élément qui, selon le ministre de l'Intérieur, a joué un rôle dans cette affaire.

«Tout dans son langage corporel était synonyme de ''je ne veux pas vous parler''», a témoigné Stephan, le serveur d'un café installé au rez-de-chaussée de son immeuble.

Selon les autorités, il souffrait de problèmes psychiatriques et était en cours de traitement.

Munich s'est retrouvée en état de siège pendant plusieurs heures, car la police a craint pendant longtemps que plusieurs tireurs fussent en fuite. La chancelière Angela Merkel a parlé d'une «nuit d'horreur».

L'Allemagne reste sous le choc. Cette tuerie est intervenue quatre jours seulement après une attaque à la hache dans un train régional, également en Bavière, commise par un jeune demandeur d'asile de 17 ans qui a revendiqué son geste au nom de l'État islamique.

Sept victimes étrangères

Sept ressortissants étrangers - trois Kosovars, trois Turcs et un Grec - font partie des neuf personnes tuées vendredi soir par le forcené qui a semé la mort dans un centre commercial de Munich, ont annoncé samedi les autorités des pays concernés.

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a cité les noms de trois Turcs figurant par les victimes lors d'un entretien avec la chaîne d'information turque NTV. Il s'agit de Sevda Dag, de Can Leyla et de Selçuk Kiliç. Aucun détail n'était disponible sur ces trois personnes.

De son côté, Pristina a annoncé que trois autres personnes tuées étaient des Albanais du Kosovo. La présidence a annoncé que dimanche serait une journée de deuil national.

Selon les médias locaux, il s'agit d'un homme, Diamant Zabergja, 21 ans, et de deux femmes, Armela Segashi, une adolescente de 14 ans, et Sabina Sula, dont l'âge n'a pas été précisé.

Un Grec de 17 ans figure également au nombre des tués, a indiqué le ministère grec des Affaires étrangères. Cette mort «nous conforte encore dans notre obligation de combattre la haine et le terrorisme en Europe», a écrit sur Twitter le premier ministre Alexis Tsipras.

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