Le Brexit, mode d'emploi

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Des propositions devront être faites notamment sur le statut des citoyens européens résidant au Royaume-Uni et des Britanniques résidant dans l'Union européenne

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Alice Ritchie
Agence France-Presse
Londres

Si la vie politique britannique a été marquée depuis le référendum du 23 juin par un tourbillon de démissions et de coups bas, l'administration s'est discrètement lancée dans la tâche monumentale d'organiser la sortie de l'Union européenne (UE).

Détricoter 43 ans de législations et de règlements européens et forger de nouvelles alliances en dehors du bloc des 28 représentent les plus grands défis depuis la Seconde Guerre mondiale pour Whitehall, le quartier des ministères de Londres.

Quelle stratégie?

Les analystes s'attendent à ce que Theresa May,... (Archives AP, Kirsty Wigglesworth) - image 2.0

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Les analystes s'attendent à ce que Theresa May, âgée de 59 ans, nomme rapidement un nouveau cabinet, incluant un ministre qui sera responsable de mettre en oeuvre le Brexit.

Archives AP, Kirsty Wigglesworth

Lors de discussions cette semaine avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, Theresa May a prévenu qu'elle n'activerait pas avant la fin de l'année l'article 50 du traité de Lisbonne, qui lance la procédure de divorce prévue pour durer deux ans maximum.

Il appartiendra aux fonctionnaires des différents ministères d'élaborer des options quant aux relations futures du pays avec l'UE et aux possibles nouveaux accords commerciaux.

Des propositions devront être faites notamment sur le statut des citoyens européens résidant au Royaume-Uni et des Britanniques résidant dans l'UE, ainsi que les différents scénarios pour maintenir ou pas un accès au marché unique européen.

En question également, tous les bénéficiaires britanniques de programmes européens, notamment dans l'agriculture ou la recherche.

Quels sont les ministères concernés?

Trois ministères vont travailler à dessiner l'avenir du Royaume-Uni hors de l'UE: le ministère des Affaires étrangères de Boris Johnson, le ministère chargé de la Sortie de l'UE, communément appelé ministère du Brexit de David Davis, et le ministère du Commerce international de Liam Fox.

Ces trois ministres ont tous fait campagne en faveur du Brexit mais, individuellement, ils ont eu des divergences dans le passé.

Theresa May, qui a fait campagne pour rester dans l'UE, supervisera leur action en présidant un groupe ministériel dédié au Brexit.

Elle a prévenu l'ensemble des ministres de son cabinet qu'ils avaient la responsabilité de «faire fonctionner le Brexit».

Qui va mener les négociations du Brexit

Le nouveau ministère chargé de la Sortie de l'UE va superviser les préparatifs de divorce du bloc des 28 et aider la première ministre dans les négociations.

Il sera également chargé d'établir de nouveaux liens avec les pays européens, et devra s'entretenir avec les acteurs clés, qu'il s'agisse des gouvernements régionaux d'Écosse, du Pays de Galles ou d'Irlande du Nord, des entreprises ou des responsables syndicaux.

Oliver Robbins, un haut fonctionnaire ayant travaillé aux ministères des Finances et de l'Intérieur, a été nommé pour diriger, sous les ordres de David Davis, ce ministère qui compte 40 personnes et est actuellement installé au 9, Downing Street, voisin de Theresa May.

Il devrait au total être composé de 200 personnes, certains venant du ministère des Affaires étrangères et d'autres issus des rangs des fonctionnaires britanniques à Bruxelles.

Qu'en est-il du commerce?

Le nouveau ministère du Commerce international, dirigé par Liam Fox, doit établir une nouvelle politique commerciale en dehors de l'UE.

Des discussions informelles ont déjà débuté avec le Canada et l'Australie même si le Royaume-Uni ne peut signer aucun accord tant qu'il n'est pas formellement sorti de l'UE, ce qui devrait intervenir, selon l'objectif fixé par des responsables britanniques, début 2019.

Un problème majeur pour le pays est son manque de négociateurs commerciaux.

Depuis 1972, il s'est reposé sur l'UE pour mener toutes les négociations, et n'a qu'entre 12 et 20 fonctionnaires expérimentés en négociation commerciale, selon un ancien fonctionnaire.

Si le pays décide de quitter le marché unique européen, Londres devra négocier un accord de libre-échange avec le bloc européen ainsi qu'avec les pays hors UE.

Le gouvernement compte disposer de 300 spécialistes commerciaux d'ici à la fin de l'année.

Quel coût?

Dominic Cook, chercheur associé de la Said Business School d'Oxford, estime que jusqu'à 10 000 personnes pourraient être nécessaires pour mettre en oeuvre le Brexit.

Il y a actuellement plus de 1000 Britanniques qui travaillent à la Commission européenne, et certains devraient certainement être rappelés à Londres.

Mais le gouvernement pourrait également devoir se tourner vers le secteur privé. Le cabinet de conseil McKinsey travaille déjà pour le ministère du Brexit.

«Cela va coûter des milliards», a déclaré Dominic Cook au Times.

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