Pokémon Go serait né d'un «poisson d'avril» de Google

À l'occasion d'une blague du 1er avril, Google avait... (AP, Eugene Hoshiko)

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À l'occasion d'une blague du 1er avril, Google avait annoncé, en 2014, la création d'un nouvel outil conjointement avec Nintendo et Pokémon pour chasser des Pokémons avec Google Maps.

AP, Eugene Hoshiko

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Michael Liedtke
Associated Press
San Francisco

Les origines du phénomène Pokémon Go sont aussi étranges que les personnages que les joueurs essaient de capturer depuis que le jeu a commencé à déferler sur la planète.

L'ADN hybride du jeu provient de la fascination d'un pionnier de la cartographie numérique pour le monde autour de lui, de l'affinité de Google pour les idées farfelues, de la résurrection de Nintendo et de personnages animés inventés il y a 20 ans et devenus si populaires qu'ils ont besoin de leur propre agence d'artistes.

Une blague a ensuite provoqué l'étincelle de ce qui est maintenant devenu un phénomène planétaire.

C'est Google qui a involontairement planté la semence de Pokémon Go il y a deux ans, à l'occasion d'une des blagues du 1er avril pour lesquelles l'entreprise est connue. Le géant américain avait annoncé, en 2014, la création d'un nouvel outil conjointement avec Nintendo et Pokémon pour chasser des Pokémons avec Google Maps.

Le but, avait dit l'entreprise, était d'embaucher le meilleur «maître Pokémon» de la planète. La réaction enthousiaste suscitée par ce «projet» a retenu l'attention de John Hanke, le fondateur de Niantic Labs au sein même de Google.

Explorer son environnement

M. Hanke avait vendu son entreprise de cartographie numérique à Google en 2004 et était depuis à son emploi. Il avait supervisé plusieurs projets de cartographie quand, en 2010, il eut l'idée d'utiliser les cartes pour inciter les gens à sortir de chez eux pour explorer leur environnement, visiter des lieux célèbres et découvrir de nouveaux endroits.

Niantic a entrepris, en 2014, d'utiliser la blague de Google pour faire progresser le domaine de la «réalité augmentée» - un champ encore nouveau qui implique l'ajout d'images numériques par dessus des endroits bien réels comme les maisons, les bureaux, les rues et les parcs.

Dans le cas de Pokémon Go, l'appareil photo et le système GPS des téléphones intelligents sont utilisés pour projeter des Pokémons (une combinaison de «pocket monsters», en anglais) dans le monde réel, du moins tel qu'il apparaît sur l'écran de l'appareil.

Niantic possédait une plate-forme solide pour mettre au point Pokémon Go puisque le laboratoire avait déjà accouché du jeu Ingress, qui demande aux joueurs de visiter différents endroits pour se procurer des armes et de l'équipement, conquérir des territoires, accumuler des points et combattre la faction ennemie. Ce jeu a été téléchargé plus de 12 millions de fois.

Le patron de la firme Pokémon, Tsunekazu Ishihara, était lui-même un amateur d'Ingress, ce qui a grandement facilité les choses quand Niantic a voulu obtenir le droit d'utiliser ces personnages.

Nintendo, pendant ce temps, périclitait, notamment en raison du fiasco de sa console Wii U. Nintendo contrôle toutefois encore les droits sur Pokémon et détient une participation de 32% dans l'entreprise du même nom.

Ébauche convaincante

La dernière pièce du puzzle est tombée en place au mois d'août 2015 quand Google s'est réorganisée en tant que société de portefeuille sous le nom d'Alphabet et propriétaire de multiples autres entreprises - de géants comme Google à des entités plus petites comme Niantic.

Niantic a présenté une ébauche Pokémon Go en septembre, ce qui a suffi à convaincre Google, Nintendo et Pokémon d'investir au moins 20 millions $US dans le projet.

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