Turquie: la purge continue dans les services de sécurité

Des partisans du président Recep Tayyip Erdogan l'ont célébré... (AFP, Adem Altan)

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Des partisans du président Recep Tayyip Erdogan l'ont célébré durant un rassemblement à Ankara, mercredi soir.

AFP, Adem Altan

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Agence France-Presse
Istanbul

Le pouvoir turc a accéléré vendredi le grand ménage au sein de ses forces de sécurité, une semaine après le putsch manqué du 15 juillet qui a pris en défaut son service de renseignement réputé puissant.

À Washington, le président Barack Obama a réfuté «une quelconque implication des Etats-Unis» dans ce putsch qui a fait 265 morts, dont 24 mutins.

Juste après le coup d'Etat, un ministre avait mis en cause les Etats-Unis. Le président Recep Tayyip Erdogan a lui-même dit cette semaine que «d'autres pays pourraient être impliqués» dans la tentative de le renverser, sans les nommer.

Sourd aux critiques occidentales persistantes, Ankara n'a pas observé de pause dans les purges massives: 283 militaires du régiment de la garde présidentielle ont été mis aux arrêts. Et 10 856 passeports de service de personnes susceptibles de fuir ou déjà arrêtées, notamment des fonctionnaires, ont été annulés vendredi.

Le président Recep Tayyip Erdogan s'est entretenu avec le patron du service de renseignement, le MIT, Hakan Fidan, tout-puissant il y a une semaine encore, mais qui apparaît désormais fragilisé. Rien n'a filtré de cet entretien.

Autre mesure forte, le passage sous tutelle du ministère de l'Intérieur de la gendarmerie, qui dépendait jusqu'à présent de la Défense.

Après six jours de soutien populaire massif dans les rues, le Premier ministre Binali Yildirim a appelé les partisans de M. Erdogan à se garder de tout esprit de «vengeance» à l'encontre des auteurs de la tentative de putsch qui a fait 265 morts, dont 24 mutins.

«Ne cédez à aucune provocation !», a exhorté le chef d'un gouvernement qui a décrété jeudi l'état d'urgence, pour la première fois en près de 15 ans.

Vendredi soir, le président a appelé, devant les députés, ses partisans à continuer à descendre dans les rues: «Chaque soir, le peuple est dehors. Jusqu'à nouvel ordre, ne laissez pas vides les places» des villes. Un rassemblement qui s'annonce massif est prévu dimanche place Taksim.

Un jour des martyrs

La municipalité d'Istanbul a décidé de rebaptiser l'artère devant la mairie «avenue des martyrs du 15-Juillet», date à laquelle il sera chaque année rendu hommage aux victimes du putsch.

S'il a de nouveau fustigé les mutins, ces «monstres», Binali Yildirim a également pointé le doigt vers les services de sécurité, notamment le MIT. Il a expliqué avoir appris qu'un putsch était en cours 15 minutes après son déclenchement, par «nos gardes du corps et nos concitoyens, par nos compagnes et nos amis».

M. Erdogan avait déjà expliqué avoir appris par son beau-frère la tentative de le renverser, n'échappant que de justesse à un commando venu l'arrêter ou le tuer dans la station balnéaire de Marmaris (ouest) où il était en vacances en famille.

Avant les mandats d'arrêt contre les soldats du régiment de la garde présidentielle, il avait annoncé que 10 410 militaires, juges, fonctionnaires avaient été placés en garde à vue, ainsi que la mise en détention de 4060 personnes.

Sont notamment concernés plus de 100 généraux et amiraux, une partie importante de la hiérarchie d'une armée confrontée à la guérilla du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) dans le sud-est d'une part et à l'organisation de l'Etat islamique (EI) de l'autre.

L'inquiétude des prokurdes

Il leur est reproché d'avoir fomenté ce putsch pour le compte du prédicateur exilé aux Etats-Unis, Fethullah Gülen, dont l'extradition devrait être bientôt demandée officiellement par Ankara. Dans un contexte de tensions entre Washington et Ankara, Barack Obama a prévenu que cette éventuelle remise serait traitée conformément à la loi américaine.

L'état d'urgence proclamé pour trois mois offre de nouvelles armes pour la riposte. Le gouvernement a exclu le couvre-feu. Mais un suspect devrait pouvoir rester en garde à vue jusqu'à «sept-huit jours», voire plus, a prévenu le ministre de la Justice Bekir Bozdag.

Selon les médias turcs, des tribunaux spéciaux pourraient être créés pour juger les putschistes présumés dont les biens feront l'objet de saisies jusqu'à la fin de l'enquête.

Des licenciements sans indemnités menaceraient les fonctionnaires ayant un «lien direct avec FETÖ», acronyme utilisé par le pouvoir pour désigner l'organisation de M. Gülen, qui nie toute implication.

Dans un entretien avec l'AFP, le chef du principal parti prokurde, Selahattin Demirtas, a fait part de son inquiétude face à une possible utilisation «abusive» de l'état d'urgence.

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