Une nouvelle ère électrique pour les Congolais de Bugara

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L'heure tourne et les conversations se prolongent dans la rue. Maintenant qu'elle est éclairée, «les gens n'ont plus peur de sortir la nuit et l'insécurité a baissé», dit Dieudonné Maganda, cultivateur de 50 ans.

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Marc Jourdier
Agence France-Presse
Bugara

Trois jeunes enfants rient aux éclats en sautant sur une pancarte à terre. La scène eût été impossible il y a quelques semaines encore car il fait nuit depuis bientôt une heure à Bugara. Mais avec l'arrivée de l'électricité, tout change.

Les bambins s'amusent au pied d'un des dix-sept lampadaires qui inondent de leur lumière jaune un quartier de cette petite localité du Nord-Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo.

La fée Électricité s'est posée ici en juin, alors que «depuis que Dieu a créé le monde, il n'y avait pas eu de courant à Bugara», se souvient Adam Kalumbi, instituteur de 30 ans.

Les habitants des environs voient dans l'arrivée du courant l'un des premiers avantages de la paix relative qui règne dans cette zone du sud-est du Nord-Kivu depuis fin 2013.

Au rond-point Burahi, les vendeurs ambulants font des heures supplémentaires à la lumière artificielle, et leur recette s'en porte mieux.

En République démocratique du Congo, pays parmi les moins développés de la planète, la grande pauvreté est la règle, et les Congolais sont habitués à vivre au «taux du jour» : le salaire qu'on pourra gagner si l'on parvient à louer ses services pour un travail journalier.

Adèle, ménagère, achète du riz. «Maintenant, témoigne-t-elle, même si ton mari rentre tard avec un petit quelque chose, tu peux faire une course et donner à manger aux enfants». Avant cela, ils seraient allés se coucher tenaillés par la faim.

D'en face monte une musique synthétique mielleuse et des conversations en anglais et en swahili. C'est le cinéma d'Éric Ndibubanzi, étudiant en développement rural de 26 ans.

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La salle aménagée dans sa maison en torchis a ouvert ses portes il y a une semaine. Une trentaine de personnes de tous âges y suivent un DVD sur un écran de télévision. Par l'entrebâillement de la porte, de petites têtes restées dehors essayent de ne rien manquer du spectacle.

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La salle aménagée dans sa maison en torchis a ouvert ses portes il y a une semaine. Une trentaine de personnes de tous âges y suivent un DVD sur un écran de télévision. Par l'entrebâillement de la porte, de petites têtes restées dehors essayent de ne rien manquer du spectacle.

M. Ndibubanzi dispose d'une dizaine de disques mais compte bien augmenter sa collection. Ce sont surtout «des films d'amour tanzaniens, on aime bien ça ici», dit-il.

Plus en sécurité

L'heure tourne et les conversations se prolongent dans la rue. Maintenant qu'elle est éclairée, «les gens n'ont plus peur de sortir la nuit et l'insécurité a baissé», dit Dieudonné Maganda, cultivateur de 50 ans.

Selon la Société nationale d'électricité congolaise (Snel), 15% des quelque 71 millions d'habitants de la RDC auraient accès à l'électricité, mais avec des délestages, des coupures fréquentes et prolongées.

L'énergie qui éclaire Bugara ne vient pas de la Snel, mais d'un barrage proche construit à Matebe par l'Alliance pour les Virunga, coalition dont l'objet est de permettre la survie du parc national des Virunga, plus vieille réserve naturelle d'Afrique.

Raccorder sa maison au réseau de Matebe est encore un luxe que peu de gens peuvent s'offrir à Bugara.

Au-delà, les consommateurs paieront à l'aide de recharges prépayées pour leur compteur.

Pour bénéfique qu'elle soit, l'arrivée du courant soulève des questions nouvelles : «On ne sait pas faire griller la viande sur le réchaud», dit M. Kalumbi. De même pour le maïs grillé au charbon de bois abondamment consommé dans la région.

«On ne sait pas si on va nous enseigner cela», ajoute M. Kalumbi. «En tout cas, lance-t-il, même si on a le réchaud, on continue d'utiliser le charbon pour le maïs.»

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