État d'urgence prolongé et création d'une «garde nationale» en France

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15 personnes sont encore entre la vie et la mort après l'attentat de Nice.

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Anne Pascale Reboul, Sophie Deviller
Agence France-Presse
Paris

Près d'une semaine après l'attentat de Nice, l'état d'urgence a été prolongé de six mois en France, où l'exécutif socialiste appelle à la mobilisation des citoyens pour participer à la lutte antiterroriste et préserver l'unité du pays.

«J'appelle les Français à prendre contact avec les associations de protection civile [...], à suivre des formations de premiers secours et des gestes qui sauvent», car «nous devons être des concitoyens capables d'intervenir et de sauver», a déclaré mercredi le président français François Hollande.

Lors d'une visite dans un centre de formation de la gendarmerie, il a appelé les Français à rejoindre les différentes réserves des forces de sécurité. Avec tous ces réservistes «une garde nationale se constitue» en France, a-t-il jugé.

Quinze mille réservistes opérationnels de gendarmerie et de police seront disponibles «d'ici la fin du mois», contre 12000 actuellement, pour «assurer la sécurité des différents événements de l'été». La Défense va «mobiliser les 28000 titulaires d'un contrat d'engagement pour qu'ils se tiennent prêts pour les prochaines semaines», a-t-il précisé.

Dans la nuit, dans un climat politique envenimé par les accusations de laxisme adressées au gouvernement par l'opposition, l'Assemblée nationale a adopté une prolongation de six mois de l'état d'urgence, jusqu'à janvier, qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence.

La loi, qui a été adoptée à son tour mercredi soir au Sénat, prévoit aussi la saisie et l'exploitation des données informatiques et des téléphones portables

Le régime d'état d'urgence est en vigueur depuis les attaques jihadistes du 13 novembre 2015 à Paris.

Colère, haine et suspicion

Tout en soulignant que la France devait s'attendre à d'«autres attentats» et d'«autres innocents tués», le gouvernement s'est cependant refusé à adopter des mesures sécuritaires supplémentaires voulues par l'opposition de droite. Celle-ci a notamment réclamé la création de centres de détention à titre préventif pour les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

Pas question d'instaurer en France «une «législation d'exception» car le pays doit rester un État de droit, a rétorqué le Premier ministre, Manuel Valls.

«Le risque serait de céder sur nos libertés sans rien gagner sur notre sécurité. Jamais jusqu'au terme de mon mandat je ne considérerai l'État de droit comme un obstacle, car ce serait la fin de l'État», a insisté mercredi François Hollande.

Les débats à l'Assemblée nationale ont été marqués par des échanges acrimonieux, illustration d'un climat politique qui s'est fortement tendu depuis l'attentat de Nice (84 morts, plus de 350 blessés), la troisième tuerie de masse en France depuis janvier 2015.

M. Hollande a précisé mercredi que «15 personnes sont encore entre la vie et la mort».

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