L'état d'urgence devrait être prolongé en France

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En fauchant avec son camion la foule présente pour célébrer la fête nationale, Mohamed Lahouaiej Boulhel, un Tunisien de 31 ans, a tué 84 personnes et en a blessé plus de 300 autres.

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Anne Pascale Reboul, Sophie Deviller
Agence France-Presse
Paris

Cinq jours après l'attentat de Nice, l'état d'urgence devrait à nouveau être prolongé cette semaine en France, dans un climat politique envenimé, à neuf mois de la prochaine élection présidentielle, par des accusations de laxisme dans la lutte antiterroriste.

Quitte à être une nouvelle fois qualifié de «fataliste» par ses détracteurs, le premier ministre socialiste Manuel Valls a averti que la France devait s'attendre à d'«autres attentats» et d'«autres innocents tués» dans une allocution mardi soir devant les députés. «Nous devons, non pas nous habituer - jamais - mais apprendre à vivre avec cette menace. À vivre avec elle et à la combattre», a-t-il dit.

Comme le réclamait une partie de la droite, la prolongation de l'état d'urgence, présentée comme une «réponse puissante» au terrorisme par M. Valls, devrait être portée à six mois d'après le texte adopté dans l'après-midi par les députés en commission. Le gouvernement l'avait prévue à l'origine pour une durée de trois mois.

Ce régime qui facilite les perquisitions et les assignations à résidence est en vigueur depuis les attaques djihadistes du 13 novembre à Paris. C'est la première fois depuis la guerre d'Algérie (1954-1962) que l'état d'urgence dure si longtemps en France.

«Les terroristes veulent nous diviser, nous séparer, nous monter les uns contre les autres», a déclaré mardi le président socialiste François Hollande pendant une visite au Portugal. «Il y a un devoir qui m'anime : que nous soyons unis, rassemblés, capables de réagir comme il convient avec la force nécessaire», a-t-il ajouté.

Débat électrique

Le débat mardi soir devant les députés (comme celui qui doit se dérouler mercredi devant les sénateurs) était électrique, tant l'opposition de droite ne cesse depuis le carnage du 14 juillet à Nice de critiquer l'exécutif socialiste.

Elle a réclamé lundi soir une commission d'enquête parlementaire sur la tragédie niçoise.

Le parti de l'ex-président Nicolas Sarkozy est favorable à la prolongation de l'état d'urgence mais a posé ses conditions : au moins six mois de plus et un durcissement des mesures coercitives prévues dans ce cadre.

«Dès lors qu'il y a eu une attaque dont nous ne savons pas si elle peut donner lieu à des répliques [...] ma responsabilité et celle du Parlement, c'est de prolonger l'état d'urgence, pour trois mois, même si je suis ouvert pour aller jusqu'à trois mois de plus», a déclaré M. Hollande.

Seront également réintégrées dans l'état d'urgence la possibilité de perquisitions administratives à toute heure du jour ou de la nuit sans l'aval d'un juge, ainsi que celle d'exploiter les données des ordinateurs et téléphones saisis.

L'affrontement pourrait se focaliser sur les exigences de la droite d'un arsenal encore plus répressif, avec notamment des centres de rétention à titre préventif pour les personnes soupçonnées de radicalisation islamiste.

Manuel Valls a rejeté mardi avec force toute idée d'instaurer une «législation d'exception», plaidant pour que la France reste un Etat de droit.

Troisième tuerie de masse

L'attentat de Nice, la troisième tuerie de masse en France depuis janvier 2015, a provoqué des tensions politiques, l'opposition de droite et l'extrême droite accusant le pouvoir socialiste de ne pas faire assez contre le terrorisme.

Le premier ministre a été hué lundi au cours d'une cérémonie à la mémoire des victimes sur les lieux du carnage, la célèbre Promenade des Anglais qui longe la Méditerranée.

La tension est exacerbée à l'approche de primaires à droite en novembre et propices à une surenchère entre les principaux rivaux, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, favori de ce scrutin, et M. Sarkozy.

Un sondage rendu public mardi met en exergue le rejet massif par les Français des principaux candidats potentiels. Plus de sept Français sur dix (73%) ne souhaitent ainsi «en aucun cas» que François Hollande soit réélu à la présidentielle et 66% ne veulent pas non plus voir Nicolas Sarkozy revenir à la tête de l'Etat.

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