Le profil de plus en plus flou des tueurs séduits par l'ÉI

Des policiers marchent le long de la voie... (AFP)

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Des policiers marchent le long de la voie ferrée où s'est déroulée, lundi soir, une attaque à la hache dans un train.

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Cécile Feuillatre, Michel Moutot
Agence France-Presse
Paris

Tuerie d'Orlando, massacre de Nice, attaque en Allemagne : si chaque attentat est revendiqué ou adoubé par l'organisation État islamique, les profils des tueurs sont de moins en moins clairs et illustrent la force de la propagande du groupe djihadiste sur des individus apparemment désaxés.

Omar Mateen, un Américain d'origine afghane qui a tué 49 personnes le 12 juin dans une boîte gaie en Floride avant d'être abattu par la police, était violent, homophobe, radical, et... apparaissait aussi comme un homosexuel refoulé, selon les témoignages.

Mohamed Lahouaiej Boulhel, un Tunisien qui a écrasé 84 personnes au volant de son camion le soir du 14 juillet à Nice, sur la Côte d'Azur française, reste encore une énigme pour les enquêteurs. «Un individu très éloigné des considérations religieuses, ne pratiquant pas, mangeant du porc, buvant de l'alcool, consommant de la drogue et ayant une vie sexuelle débridée», mais qui avait manifesté «un intérêt récent pour la mouvance djihadiste radicale», a énoncé lundi le procureur de Paris. Un homme de 74 ans entendu par les enquêteurs est même présenté par certains comme un de ses amants.

Et en Allemagne, où un très jeune - 17 ans - demandeur d'asile afghan a attaqué lundi soir à la hache des voyageurs dans un train, les autorités se refusent à toute spéculation : arrivé dans le pays il y a deux ans en tant que mineur non accompagné, il était inconnu des services de renseignement.

Dans une tribune publiée mardi par le journal français Libération, l'historien Olivier Christin évoque ces «massacres où se mêlent convictions religieuses, hostilités aux interventions en Syrie et en Irak, antisémitisme, mais aussi frustrations personnelles, haine de soi et aspiration au suicide».

«La cause ÉI accueille toutes les colères», résume-t-il, en y voyant «une rupture radicale dans l'histoire du terrorisme religieux et politique, qui a longtemps conféré une place centrale aux questions d'organisation et de formulation doctrinale».

Idéologie de mort

Le groupe État islamique a compris le profit qu'il peut tirer de ses appels incessants au passage à l'action contre «les mécréants», confiait récemment à l'AFP le psychologue universitaire Patrick Amoyel, qui travaille sur les phénomènes de radicalisation.

«Ils savent que plus ils occupent l'espace médiatique, plus ils vont avoir d'écho soit dans des populations radicalisables soit dans des populations psychopathiques», expliquait-il.

«C'est cette idéologie fanatique et mortifère qui peut conduire certains individus à passer à l'acte, sans avoir besoin de se rendre en Syrie et sans avoir besoin d'instructions précises», a souligné lundi le procureur de Paris, évoquant le défi nouveau posé par ce «terrorisme de proximité».

La propagande de l'organisation jihadiste, répercutée à l'infini sur internet dans des vidéos soigneusement mises en scènes de décapitations, de tortures, des appels au meurtres répétés comme une litanie, est d'autant plus efficace lorsqu'elle s'adresse à «des personnalités perturbées ou des individus fascinés par l'ultra-violence», a relevé M. Molins.

«Ceux qui détestent leurs collègues ou méprisent les homosexuels en raison de leur propre insécurité peuvent revêtir leurs actions de la bannière sanglante de l'État islamique», écrit dans le magazine américain Time William McCants, chercheur au centre de réflexion américain Brookings Institution.

Il reste cependant difficile de démêler convictions idéologiques et motifs personnels et inconscients, reconnaît le chercheur, évoquant des tueurs «pas vraiment de l'ÉI, mais à peu près de l'ÉI, sans lien organisationnel avec eux, mais avec le meurtre en commun».

Reste que, selon l'expert-psychiatre français Daniel Zagury, dans les cas d'actes djihadistes, les malades mentaux sont peu nombreux, environ 10 % des cas. «Les autres sont soit de petits délinquants avec un pois chiche dans la tête, qui ont eu une première vie de toxicos, de trafic, et se rachètent une deuxième vie qui lave la première dans l'islam radical; soit, les plus dangereux, des sujets strictement normaux qui ont un engagement idéologique sans passé délinquant, éventuellement avec des études, très déterminés».

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