Mike Pence, le choix sensé de Trump

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Mike Pence, accompagné de sa femme Karen, a rencontré Donald Trump vendredi et est devenu officiellement son colistier en vue de l'élection de novembre.

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Agence France-Presse
New York

Le gouverneur Mike Pence, un conservateur choisi vendredi par Donald Trump pour devenir son éventuel vice-président, lui apportera son expérience de Washington et une courtoisie bienvenue dans la campagne du flamboyant milliardaire républicain.

Gouverneur de l'Indiana depuis janvier 2013, l'homme de 57 ans, qui se décrit comme un «chrétien, un conservateur et un républicain, dans cet ordre», apparaît comme le colistier complémentaire que Trump recherchait.

Il devrait être à même d'apporter à sa campagne un peu de stabilité, et d'apaiser le climat entre Trump et un parti républicain inquiet, avant la convention de Cleveland qui désignera officiellement Donald Trump comme son candidat à l'élection présidentielle.

Choix extrême

Mais la démocrate Hillary Clinton l'a immédiatement dénoncé comme «le choix le plus extrême de cette génération», ajoutant qu'il était un homme qui «divisait profondément».

Avocat de formation, ancien animateur de radio, bon communicateur, Mike Pence connaît les arcanes de Washington pour avoir été membre de la Chambre des représentants de 2001 à 2013 et président de la conférence républicaine (numéro 3 du parti) de 2009 à 2011.

C'est un héraut des valeurs familiales traditionnelles, très croyantes, antiavortement, anti-mariage pour tous, hostile à l'installation de réfugiés syriens dans son État.

Le président républicain de la Chambre, Paul Ryan, qui marche sur des oeufs avec Trump, a décrit Pence, homme aux cheveux blancs, discipliné et relativement discret, comme un «très bon ami».

Il était apparemment le favori des enfants Trump - très influents dans la campagne de leur père - face aux fortes personnalités plus imprévisibles du gouverneur du New Jersey Chris Christie et de l'ancien président de la Chambre des représentants Newt Gingrich, également pressentis.

Les connexions de Mike Pence devraient aussi aider à récolter plus de fonds pour la campagne de Trump.

En tant que gouverneur, il a signé des lois rendant plus difficile l'avortement dans l'Indiana. Et il avait été très critiqué pour avoir défendu en 2015 une loi sur la «liberté religieuse», vue par ses détracteurs comme une façon de discriminer la communauté LGBT (lesbiennes, gais, bisexuels et transgenres).

D'abord avec Cruz

Il avait d'abord soutenu Ted Cruz dans la campagne des primaires, et n'a pas toujours été d'accord avec Donald Trump.

Il avait notamment dénoncé comme «insultante et inconstitutionnelle» l'idée de Trump d'interdire l'entrée des musulmans aux États-Unis pour lutter contre le terrorisme.

Les deux hommes n'étaient pas particulièrement proches. Mais Donald Trump avait rencontré Mike Pence plusieurs fois ces derniers jours et fait campagne avec lui dans l'Indiana mardi soir. Mercredi, Trump, ses enfants et son gendre s'étaient encore rendus dans l'Indiana pour rencontrer à nouveau M. Pence, peu connu au-delà des cercles républicains.

Il sera à même d'aider Trump auprès des conservateurs traditionnels et notamment les évangéliques, encore réticents face à la personnalité de Trump, et probablement aussi dans la «Rust Belt», la région industrielle du nord-est en déclin, dont font partie l'Indiana et l'Ohio voisin, État clé dans la course à la Maison-Blanche.

Certains élus républicains se sont réjouis à l'idée qu'il devienne le colistier de Trump.

Mais des experts soulignent que ce choix ne sera pas en mesure d'élargir la base électorale de Trump, notamment auprès des indépendants ou des républicains modérés, à l'égard desquels la démocrate Hillary Clinton devrait redoubler d'efforts.

M. Pence était engagé dans une difficile campagne de réélection dans l'Indiana. Il avait jusqu'à vendredi à la mi-journée pour la quitter.

Mike Pence sur...

...l'avortement

«En promulguant cette loi, nous faisons un pas important pour protéger ceux qui ne sont pas nés, tout en ajoutant une exception en cas de danger pour la vie de la mère. Je promulgue cette loi en priant pour que Dieu continue à bénir ces précieux enfants, mères et familles».

Fer de lance du combat contre l'avortement depuis ses années d'élu parlementaire, Mike Pence a mis en place en mars dans son État une loi très restrictive contre l'avortement, notamment dans le cas où un foetus serait potentiellement porteur de trisomie. Le texte a été bloqué par la justice fédérale.

...les droits des gais et lesbiennes

«J'estime que le mariage est une union entre un homme et une femme, et je suis déçu que la Cour suprême ait refusé de reconnaître le rôle traditionnel des États dans la définition de l'institution du mariage dans ce pays. Notre administration continuera toutefois à respecter l'État de droit et appliquera l'arrêt de la cour.»

Fervent opposant au mariage homosexuel, Mike Pence a dû s'incliner après la légalisation nationale décidée par la Cour suprême en juin 2015.

Il s'était auparavant attiré les foudres des défenseurs des droits des gais en signant une loi dite de liberté religieuse, qui aurait selon eux permis à des commerces de refuser des clients gais. «La liberté de religion est la première des libertés», avait-il alors fait valoir, rejetant toute volonté de discrimination.

...le libre-échange

«Le commerce crée des emplois, mais le commerce améliore aussi la sécurité. Il est temps que nous appelions à l'adoption rapide du partenariat transpacifique.»

Ce tweet, en septembre 2014, illustre l'un des désaccords de fond entre Mike Pence et Donald Trump. Le candidat républicain à la Maison-Blanche a dénoncé l'accord de libre-échange afin de protéger les emplois américains. Mais Mike Pence appartient à l'aile plus libérale du Parti républicain.

... les musulmans

«Proposer d'interdire aux musulmans d'entrer aux États-Unis est insultant et anticonstitutionnel».

Mike Pence avait vivement dénoncé, dans un autre tweet, la proposition de Donald Trump en décembre de fermer les frontières aux musulmans. Un désaccord qu'il minimisait mardi, interrogé par des journalistes. Mais en tant que gouverneur, il avait annoncé en novembre qu'il suspendait, à l'instar d'une vingtaine d'autres États américains, l'accueil de Syriens dans son État de l'Indiana, par crainte qu'un djihadiste ne se cache parmi eux.

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