«C'était un chaos absolu»

Pompiers, policiers et ambulanciers ont été dépêchés sur... (AFP, Valery Hache)

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Pompiers, policiers et ambulanciers ont été dépêchés sur les lieux de l'attaque.

AFP, Valery Hache

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Agence France-Presse
Nice

«C'était un chaos absolu, des gens hurlaient», a raconté un journaliste de l'AFP présent jeudi sur la Promenade des Anglais à Nice, dans le sud de la France, lorsqu'un camion a foncé dans la foule et tué au moins 80 personnes.

Le feu d'artifice du 14 juillet vient à peine de s'achever à Nice quand un mouvement de panique se déclenche. Un camion a foncé dans la foule et tué au moins 80 personnes.

Devant le Palais de la Méditerranée, un luxueux complexe hôtelier, le camion blanc, dont le conducteur a été abattu, était immobilisé, quelques heures après l'attaque, les pneus crevés, la porte passager criblée d'impacts de balles, a constaté un correspondant de l'AFP.

Sur la Promenade des Anglais, qui longe la Méditerranée et attire les touristes du monde entier, des dizaines de corps sont alignés, recouverts d'un drap blanc, autant de victimes du poids lourd.

Quelques minutes après la fin du feu d'artifice tiré à l'occasion de la Fête nationale, aux alentours de 23h, heure locale, le véhicule a foncé dans la foule, au milieu des touristes et des Niçois qui s'apprêtaient à rentrer chez eux.

«J'ai dû me protéger le visage pour éviter d'être touché par des débris», a décrit Robert Holloway, soulignant avoir vu plusieurs personnes fauchées par le camion dans une ambiance de «chaos». «Il était à une centaine de mètres de moi, j'ai eu à peine quelques secondes pour me dégager», a-t-il encore ajouté.

Plusieurs témoins décrivent des personnes se jetant en contrebas de la Promenade des Anglais sur la plage pour échapper au camion.

Marie, 37 ans, est agent de sécurité à la Villa Masséna, qui accueillait à deux pas des lieux de l'attaque une soirée festive en ce 14 juillet: «On a vu des centaines de personnes se précipiter pour rentrer se mettre à l'abri.

«Il y avait des enfants, ça se piétinait...», raconte-t-elle à l'AFP, encore très impressionnée alors qu'elle rentre à son domicile au milieu de la nuit dans les rues désormais vides, où patrouillent encore de nombreux militaires et membres de forces de l'ordre lourdement armés.

Un témoin nommé Nader a raconté dans un anglais approximatif à la chaîne BFMTV comment il a observé toute la scène du début à la fin. Il a d'abord pensé que le chauffeur «avait perdu le contrôle» du camion. «J'étais dans la rue. Il s'est arrêté devant moi après [avoir fauché] beaucoup de gens», a-t-il dit.

Selon Nader, le chauffeur a sorti une arme et a commencé à tirer en direction de la police. «Ils [les policiers] l'ont abattu et sa tête dépassait de la fenêtre» du véhicule, a-t-il expliqué.

Panique

Au détour d'une rue, une chaussure à talon, abandonnée au milieu de la chaussée, témoigne de la panique qui a saisi la foule.

«Il régnait une grande confusion. Je ne me souviens pas d'avoir vu le camion avancer», a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mètres du camion au moment de l'attaque.

«On entendait beaucoup de cris venant de l'endroit où était le camion, les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournés et on s'est mis à courir aussi», a-t-elle poursuivi.

«En courant, on a entendu ce que j'ai pris à ce moment-là pour des feux d'artifice ou des pétards», a-t-elle aussi ajouté: «Les gens trébuchaient, essayaient de rentrer dans les hôtels, les restaurants, les parkings, partout où ils pouvaient éviter d'être dans la rue.»

Dans un immeuble à proximité de la Promenade des Anglais, des dizaines de personnes sont recueillies par une gardienne. Un restaurateur dont l'établissement est pourtant situé à une certaine distance des lieux de l'attaque s'étonne auprès de l'AFP d'avoir vu débarquer des personnes «traumatisées» chez lui. «Tout le monde a eu très peur», confie-t-il à l'AFP par téléphone.

Une femme blessée est évacuée par les services... (AFP, Valery Hache) - image 2.0

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Une femme blessée est évacuée par les services de secours.

AFP, Valery Hache

Des officiels et des témoins ont décrit l'événement comme une attaque délibérée.

Sylvie Toffin, des relations médias de la préfecture locale, a affirmé que le camion avait heurté plusieurs personnes le long d'une longue promenade près du Palais de la Méditerranée, un édifice faisant face à la plage.

Un témoin, Wassim Bouhlel, a affirmé à l'Associated Press avoir vu un chauffeur de camion foncer dans la foule, et puis sortir en tirant avec une arme à feu.

Mme Toffin a affirmé que selon ses informations, il n'y avait pas eu de coups de feu. Elle a confirmé que l'événement était délibéré.

«C'est une attaque», a-t-elle affirmé. 

M. Bouhlel, un natif de Nice ayant parlé à l'AP près de la promenade des Anglais, a parlé d'un «carnage», disant avoir vu «des corps partout».  Avec AP

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