Fête nationale sanglante à Nice

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Le camion qui a foncé dans les fêtards est criblé de balles.

AFP, Valery Hache

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Vincent-Xavier MORVAN, Catherine Marciano
Agence France-Presse
Nice

La France frappée par un attentat en pleine fête nationale: au moins 84 personnes ont été tuées jeudi soir lorsqu'un camion a foncé sur la foule qui assistait à un feu d'artifice à Nice, dans le sud-est de la France.

À l'aube, la Promenade des Anglais présentait une... (Photo AP, Luca Bruno) - image 1.0

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À l'aube, la Promenade des Anglais présentait une scène de désolation.

Photo AP, Luca Bruno

Huit mois après les attaques djihadistes de novembre à Paris, qui avaient fait 130 morts, la France a replongé dans l'horreur avec des scènes effroyables sur la Promenade des Anglais, haut lieu touristique près de la Méditerranée.

Alors que le feu d'artifice touchait à sa fin, un camion blanc a foncé à pleine vitesse dans la foule, qui rassemblait des milliers de personnes, dont de nombreux étrangers, et roulé sur près de deux kilomètres, selon la justice française.

Au moins 80 personnes, dont des enfants, ont été tuées et des dizaines blessées, dont 18 se trouvaient «en état d'urgence absolue», selon un bilan provisoire des autorités.

Le «caractère terroriste» de l'attaque, qui n'a pas été revendiquée, «ne peut être nié», a déclaré dans une allocution télévisée le président François Hollande. «La France a été frappée le jour de sa fête nationale, le 14 juillet, symbole de la liberté», a-t-il souligné, en dénonçant une «monstruosité».

À l'issue de sa course folle, le conducteur du camion a été abattu par la police. Dans son véhicule, «des armes lourdes» ont été retrouvées.

Autour, «c'était le chaos absolu», «des gens hurlaient», a décrit un journaliste de l'AFP, Robert Holloway, qui assistait aux festivités du 14 juillet dans cette ville de la Côte d'Azur.

«Nous avons vu des gens touchés et des débris voler partout», a-t-il encore raconté, ajoutant qu'il avait très vite compris, «qu'un camion de cette taille avec une trajectoire en ligne droite» ne pouvait être qu'un «acte totalement délibéré».

Des corps sous des draps

Les autorités ont appelé la population à rester chez elle, le temps de déterminer si le tueur «a agi seul ou s'il a bénéficié de complices qui auraient pris la fuite», a expliqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henri Brandet.

Dans le véhicule, la police a retrouvé des papiers d'identité au nom d'un Franco-Tunisien âgé de 31 ans et domicilié à Nice.

Dans cette ville très prisée des touristes depuis le XIXe siècle en raison de ses températures clémentes et de ses eaux azur, l'image de carte postale avait laissé la place à l'horreur.

Des corps jonchaient le sol, souvent recouverts d'un simple drap. Des personnes en larmes restaient parfois hébétées à leur côté sur une chaussée couverte de sang.

Un important dispositif de sécurité a été délimité dans le centre de Nice, où de nombreuses ambulances, des membres des forces de l'ordre et des militaires se sont déployés.

À Paris, où le président François Hollande est rentré en urgence, une cellule de crise a été activée au ministère de l'Intérieur.

Le chef de l'État a annoncé une prolongation pour trois mois supplémentaires de l'état d'urgence, qui devait prendre fin dans 15 jours, et le recours à des citoyens réservistes pour seconder l'armée et les gendarmes.

«Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak», a assuré le président Hollande.

Depuis plus d'un an, plusieurs projets d'attentat ont été déjoués en France, mais de nouvelles attaques étaient notamment craintes à l'occasion de l'Euro de soccer, qui s'est terminé dimanche sans incident.

Grande confusion

À Nice, tous les spectateurs n'ont pas immédiatement compris ce qui se passait. «Il régnait une grande confusion», a témoigné sur l'Australian Broadcasting Corporation Emily Watkins, une Australienne présente à quelques dizaines de mètres du camion au moment de l'attaque.

«Les gens couraient vers nous et sans vraiment savoir ce qu'il se passait, on s'est retournés et on s'est mis à courir aussi», a-t-elle poursuivi. «Les gens trébuchaient, essayaient de rentrer dans l'hôtel, les restaurants, les parkings, partout où ils pouvaient éviter d'être dans la rue.»

Quelques heures après l'attaque, le semi-remorque blanc était immobilisé, les pneus crevés, la porte côté passager criblée d'impacts de balles, a constaté un correspondant de l'AFP.

De multiples rumeurs, notamment sur des prises d'otages, couraient les rues de la ville, malgré un démenti officiel. Et des mouvements de panique se sont répétés.

Frappée deux fois l'an dernier par des attentats djihadistes sans précédent (17 morts les 7, 8 et 9 janvier et 130 morts le 13 novembre), la France vivait depuis dans la crainte de nouvelles attaques en dépit d'un dispositif sécuritaire drastiquement renforcé.

Le groupe État islamique (EI), qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, a menacé régulièrement la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.

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