Pour devenir danois, une épreuve-couperet de culture générale

Copenhague, au Danemark.... (Photo François Roy, archives La Presse)

Agrandir

Copenhague, au Danemark.

Photo François Roy, archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Sören Billing
Agence France-Presse
COPENHAGUE

Que doit-on au roi Harald «à la dent bleue"? Quel est l'argument de La Sylphide? Que symbolisent les oeufs de Pâques? Ces drôles de questions ne sont pas tirées d'un concours d'entrée aux grandes écoles mais du nouvel examen imposé aux candidats à la nationalité danoise.

L'actuel gouvernement de droite, dépendant au Parlement du Parti du peuple danois, une formation populiste, a décidé de relever le niveau de cette épreuve, introduite en 2007, après que le Danemark eut reçu ou vu transiter des dizaines de milliers de migrants l'an dernier.

Résultat: plus de deux participants sur trois ont échoué à l'épreuve nouvelle mouture lors de la première session de juin, selon les chiffres du ministère de l'Immigration et de l'intégration. Les recalés pourront repasser en décembre.

En 45 minutes, les postulants doivent remplir un redoutable questionnaire à choix multiple portant sur l'histoire, la culture, la politique et les us du royaume scandinave, des vikings à nos jours.

Une gageure pour nombre d'étrangers sans bagage scolaire, maîtrisant peu ou pas la langue ardue de leur pays d'accueil, alors même que des Danois s'amusant à passer le test peinent à atteindre le minimum requis de 32 bonnes réponses sur 40.

La ministre, qui a signé ces derniers mois une série de réformes restreignant l'entrée et le séjour des étrangers sur le sol danois, fait valoir que 35 réponses sont contenues dans un abrégé distribué gratuitement avant l'épreuve.

«Le taux d'échec relativement élevé tient au fait que les candidats n'étudient pas correctement le matériel à leur disposition», a tonné Inger Støjberg.

Les étrangers sont collés sur l'accession des femmes au droit de vote, les impôts, l'élection des députés, le rôle de la reine dans la vie politique ou le rétablissement des contrôles aux frontières en janvier 2016 en pleine crise des migrants.

Il est aussi demandé si l'observance d'un culte exonère de respecter les «autres règles en vigueur dans la société». Des questions rappellent diverses invasions ou agressions du territoire par une puissance étrangère.

L'identité religieuse du pays luthérien est également au menu: Harald 1er l'a christianisé, les protestants atteignent le salut par la foi (ni par l'abstinence, ni par la bonté), les oeufs de Pâques sont un symbole de fécondité.

Chemin de croix

Si les critiques ne trouvent rien à redire aux questions touchant aux grandes dates de l'histoire nationale, ils déplorent des questions inadaptées, selon eux, pour juger de l'intégration.

L'acteur Morten Grunwald affirme ne pas se souvenir lui-même de l'année de sortie (1968) du premier volet de «Olsen-banden», une saga comique très populaire dont il est pourtant un protagoniste.

«Ce n'est pas un test comme ça qui devrait décider si on peut devenir danois ou pas. Ce sont d'autres qualités, comme l'humour et l'humanité», a-t-il souligné à la radio DR.

Et si le ballet La Sylphide a bien été créé dans une version remaniée à Copenhague par Auguste Bournonville, en 1836, qui s'en souvient au Danemark, et surtout qui en connaît l'argument?

Quant au compositeur Carl Nielsen, il faut savoir quand il est né (1865), et quand il a trépassé (1931)...

Pour Luc de Visme, un Français de 70 ans installé depuis 44 ans au Danemark, «le gouvernement danois fait tout ce qu'il peut pour éviter de recevoir trop d'étrangers, qu'ils soient réfugiés ou immigrants réguliers».

Lui a réussi l'examen, mais avoue avoir répondu au petit bonheur la chance à huit questions.

Les sociaux-démocrates étaient pour mais affirment n'avoir pas été associés au choix des questions. «Nous voulions savoir si les candidats à la nationalité connaissent un peu la culture et l'histoire danoises, pas s'ils ont une bonne mémoire», ironise le député Mattias Tesfaye.

Pour les candidats à la naturalisation, le chemin de croix ne s'arrête pas là. Il leur faut aussi réussir une épreuve de langue, à l'oral et à l'écrit.

Le linguiste Poul Neergaard rappelle que «le danois oral est plus difficile à apprendre que beaucoup d'autres langues» à cause de ces voyelles qui sont à peine prononcées. «Nous mangeons presque la moitié des mots», dit-il.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer