Des centaines de soldats américains de plus seront envoyés en Irak

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Après ce nouveau déploiement, les États-Unis, qui dirigent une large coalition internationale antidjihadistes en Irak et en Syrie, compteront plus de 4600 militaires en Irak, essentiellement pour des missions de formation des troupes gouvernementales.

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Thomas Watkins
Agence France-Presse
Bagdad

Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a annoncé lundi à Bagdad l'envoi en Irak de centaines de soldats américains supplémentaires pour aider les forces gouvernementales à lutter contre le groupe État islamique (EI) et reprendre la ville de Mossoul.

Après ce nouveau déploiement, les États-Unis, qui dirigent une large coalition internationale antidjihadistes en Irak et en Syrie, compteront plus de 4600 militaires en Irak, essentiellement pour des missions de formation des troupes gouvernementales.

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Le chef du Pentagone, Ashton Carter, a rencontré dimanche à Bagdad le premier ministre irakien Haider Al-Abadi.

AFP, Bureau de presse du PM irakien

La visite de M. Carter - sa quatrième en Irak depuis sa prise de fonction en février 2015 - survient deux jours après la reprise par les forces irakiennes de la base aérienne de Qayyarah, à 60 km au sud de Mossoul.

Ce succès est perçu comme une étape cruciale en vue de la bataille pour la reconquête de la deuxième ville du pays, tombée en juin 2014 aux mains de l'EI qui en a fait «capitale» en Irak.

«J'ai le plaisir d'annoncer aujourd'hui [...] que nous avons convenu que les États-Unis déploieront 560 soldats supplémentaires pour donner un coup de pouce aux efforts irakiens en vue d'isoler et augmenter la pression sur Mossoul», a déclaré M. Carter à l'aéroport de Bagdad après avoir rencontré le premier ministre et Haider Al-Abadi et son homologue irakien de la Défense Khaled Al-Obeidi.

Ils «apporteront aux forces irakiennes un soutien notamment en matière de capacités logistiques et en infrastructures sur la base de Qayyarah», qui «deviendra un tremplin vital pour l'offensive [des forces irakiennes] contre Mossoul», a précisé un communiqué du Pentagone.

Reprendre Mossoul

À Bagdad, M. Carter a mis l'accent sur les succès de la campagne anti-EI, deux ans après que le groupe djihadiste s'est emparé de vastes régions en Irak.

Mais l'EI riposte aux revers subis sur le terrain militaire par des attaques dévastatrices en Irak et à l'étranger. Il a commis le 4 juillet un attentat suicide à Bagdad qui a fait près de 300 morts, l'un des plus sanglants en Irak depuis l'invasion américaine de 2003.

«Laissez-moi commencer par exprimer mes condoléances et celles des États-Unis pour les attaques terroristes ayant visé le peuple irakien ces dernières semaines», a dit M. Carter devant M. Abadi. Ces attaques «renforcent encore plus notre détermination à aider à vaincre (l'EI)».

Il a aussi «félicité» les forces irakiennes pour leurs «succès», notamment après la reprise fin juin du fief djihadiste de Fallouja puis celle de la base de Qayyarah.

M. Carter avait déclaré aux journalistes avant son arrivée en Irak qu'il «discuterait avec M. Abadi et nos commandants sur place des prochaines étapes de la campagne, notamment la reprise de Mossoul».

L'objectif ultime, avait-il ajouté, est «la reprise par les forces irakiennes de la totalité du territoire irakien, mais Mossoul en constitue bien sûr la plus grosse partie».

Succès des premières «10 étapes»

Outre le déploiement de conseillers militaires américains en Irak, les États-Unis apportent une couverture aérienne cruciale aux forces gouvernementales dans leurs opérations antidjihadistes.

En Syrie, des centaines de militaires américains sont déployés auprès de groupes rebelles et kurdes face à l'EI, également bombardé par l'aviation de la coalition internationale.

La lutte anti-EI a permis de reconquérir, selon le Pentagone, 45% du terrain que les djihadistes contrôlaient en Irak depuis 2014 et 20% des régions occupées par le groupe djihadiste en Syrie.

Au Pentagone, on se félicite du succès des premières «10 étapes» de la campagne anti-EI, qui incluent la reprise de plusieurs villes importantes, dont Ramadi en Irak et Al-Chaddadi, un ex-fief djihadiste du nord-est syrien.

Les États-Unis avaient déjà annoncé une série de mesures destinées à accélérer et renforcer la lutte antidjihadistes, après des critiques contre M. Carter et le président Barack Obama pour le lent démarrage de la campagne anti-EI lancée en 2014, particulièrement en Syrie.

Dans ce pays ravagé par la guerre, Washington disposait au départ de peu de moyens sur le terrain pour obtenir des informations sur les cibles djihadistes.

M. Carter devait également appeler au téléphone le président de facto de la région autonome du Kurdistan irakien, Massoud Barzani.

Les États-Unis ont en effet promis 415 millions de dollars pour aider les forces kurdes, qui jouent un rôle clé dans la lutte anti-EI, en vue de bataille pour Mossoul.

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