Dallas revit le cauchemar du tireur embusqué

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Des gens déposent des fleurs devant le poste de police de Dallas.

Associated Press, Gerald Herbert

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Thomas Urbain
Agence France-Presse
Dallas

Près de 53 ans après l'assassinat du président Kennedy, Dallas a de nouveau été frappée par un tireur embusqué, jeudi, un scénario cauchemardesque pour une ville en plein renouveau et dont la capacité d'intégration est régulièrement saluée.

Il n'y a que 200 mètres, entre le campus de l'université El Centro, où était positionné Micah Johnson, jeudi, et la fameuse descente d'Elm Street où, le 22 novembre 1963, John Fitzgerald Kennedy a été assassiné.

À deux pas du cordon de police, le musée du sixième étage, appelé ainsi, car c'est de là que Lee Harvey Oswald a tiré sur JFK, est fermé ce vendredi.

Sa directrice, Nicola Longford, savait qu'elle n'aurait, de toute façon, pas beaucoup de visiteurs et, compte tenu du contexte, «cela ne semblait pas une bonne idée» d'ouvrir, explique-t-elle à l'AFP.

Elle ne veut surtout pas faire de comparaison entre l'assassinat du président Kennedy et la tuerie dans laquelle cinq policiers ont été abattus.

Mais aux yeux du monde, les deux dates qui collent désormais à la peau de Dallas sont ces deux épisodes sanglants, faits d'un tireur embusqué.

«Cela fait mal de voir, de nouveau, notre ville payer un prix si élevé pour le désordre provoqué par un auteur isolé», a écrit vendredi Jacquielynn Floyd, éditorialiste du Dallas Morning News, le grand quotidien local.

«J'ai fait immédiatement le lien dans ma tête», explique Jamie Najera, une jeune mère de famille qui n'était pourtant pas née il y a 53 ans

Une murale du président John F. Kennedy sur... (Associated Press, Eric Guay) - image 2.0

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Une murale du président John F. Kennedy sur le mur d'une entreprise de Dallas. 

Associated Press, Eric Guay

L'assassinat de Kennedy «est devenu d'un coup beaucoup plus oppressant pour moi», dit-elle.

Depuis, ce jour de 1963 s'est installé une gravité avec laquelle Dallas doit composer, même si elle a été bien davantage témoin qu'acteur du drame.

«Ils vivent toujours, dans une certaine mesure, avec les conséquences de ce qui s'est passé il y a 53 ans», observe Nicola Longford.

«Ils ont le sentiment que c'est une tragédie et ils ne comprennent toujours pas pourquoi c'est arrivé ici», estime James Garrett, un SDF qui propose des visites guidées du site de Dealey Plaza.

«La ville des opportunités»

Même si seul le mode opératoire est commun aux deux fusillades, la mort propulse une nouvelle fois Dallas, où le président Barack Obama est attendu en début de semaine prochaine, sur les Unes du monde entier.

«Je suis sûr qu'ils sont un peu gênés. Ce n'est pas pour cela qu'ils voudraient que l'on parle d'eux», avance John Priesta, venu du Nebraska et qui se souvient de la mort de Kennedy, bien qu'il n'avait que 8 ans à l'époque.

D'autant qu'il y aurait beaucoup à dire sur la ville de Dallas, qui se transforme de jour en jour.

Un projet pharaonique lancé en 2011 a permis de revitaliser le centre-ville, avec plusieurs nouvelles tours de bureaux, l'implantation de start-ups, mais aussi des milliers de logements.

Le parc Klyde Warren a recouvert, en 2012, une portion d'une autoroute qui passait en plein centre-ville, à l'instar d'autres villes américaines comme Boston ou Seattle.

De conservatrice à progressiste

Considérée comme éminemment conservatrice en 1963, Dallas est aujourd'hui une ville progressiste, administrée par un démocrate, Mike Rawlings.

«Dallas devrait être connue comme la ville des opportunités», regrette Jamie Najera, qui est arrivée du Mexique à 8 ans et estime avoir eu sa chance à Dallas.

«Il y a tellement de diversité. Des gens qui ont le même but, celui de travailler et de réussir», vante Dan Bradley, qui tient la boutique de tee-shirts «Bullzerk», dans le quartier branché de Lower Greenville.

Après la fusillade, il a fait imprimer un tee-shirt portant l'inscription «Unite Dallas», dont la moitié du produit des ventes ira à une association de soutien des familles de policiers.

En quelques heures, il en a vendu 300, et les commandes continuent d'affluer.

«Cela lui a pris du temps, mais Dallas a rebondi après Kennedy et j'ai le sentiment qu'on voit cette force et cette résilience aujourd'hui», observe Emily, venue de Denver avec son compagnon.

Pour Nicola Longford, «Dallas est une ville qui regarde beaucoup en avant» et va repartir.

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