Obama appelle l'Amérique à l'unité après la tuerie

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Le président Obama a annoncé qu'il allait écourter son voyage en Europe pour se rendre en début de semaine à Dallas.

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Thomas Urbain, Sébastien Blanc
Agence France-Presse
Dallas

L'Amérique n'est «pas aussi divisée que certains le suggèrent», a affirmé samedi Barack Obama face à la vive colère contre les abus policiers aux États-Unis et le traumatisme créé à Dallas par un ancien soldat noir, qui a fauché sous ses balles 12 agents de police, tuant cinq d'entre eux.

Dans son équipée sanglante, motivée par son désir de tuer des policiers blancs, Micah Johnson a semé le chaos dans cette grande ville du Texas et choqué toute la nation américaine.

Mais cet individu «dément» ne représente ni les Noirs américains ni «l'esprit avec lequel nous devons aller de l'avant», a ajouté le président des États-Unis, dans une conférence de presse à Varsovie.

Le tueur de Dallas, un homme de 25 ans rompu aux techniques de combat et doté d'un arsenal à son domicile, a été redoutablement efficace dans ses tirs, avant d'être tué par une force d'élite. Les autorités ont d'abord cru qu'il faisait partie d'un commando.

Il a agi par vengeance, après la mort de deux Noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane, l'autre dans le Minnesota.

Ces homicides captés sur des vidéos amateurs ont choqué l'opinion publique et continuaient samedi de faire des remous dans le pays, où de nouvelles manifestations étaient attendues.

Les appels à lutter contre les préjugés raciaux continuaient en parallèle à émaner de toutes les tranches de la société.

«Quand nous sommes mis à l'épreuve, nous ne devons pas nous déchirer. Nous sommes l'Amérique, avec des liens qui nous relient les uns aux autres. Nous endurons, nous persévérons, nous nous relevons, nous sommes solidaires», a déclaré samedi le vice-président américain Joe Biden.

«L'âme du pays»

«C'est à nous de nous lever, de parler haut et fort de nos disparités dans le système judiciaire et pénal», a-t-il ajouté. «Quand la balle d'un assassin vise la police à Dallas, elle touche aussi l'âme du pays».

Le président Obama a annoncé qu'il allait écourter son voyage en Europe pour se rendre en début de semaine à Dallas.

Des manifestants ont défilé dans plusieurs États américains vendredi soir pour rendre hommage à Alton Sterling, abattu par la police à Bâton Rouge, en Louisiane, et Philando Castile, tué à St. Paul, dans le Minnesota.

Ces protestations ont notamment eu lieu à Atlanta, Houston, San Francisco et devant la Mais-n Blanche à Washington.

A Phoenix, la police, cible de jets de pierre, a répliqué en utilisant des bombes de poivre et arrêté au moins une personne parmi une foule de manifestants.

Dans d'autres régions des États-Unis, des policiers ont indiqué avoir fait l'objet de menaces.

D'autres rassemblements étaient prévus samedi de Spokane à Brooklyn en passant par La Nouvelle-Orléans, à l'appel de «Black Lives Matter», un mouvement de dénonciations des bavures policières au détriment des Noirs.

Au siège de la police de Dallas, les habitants de la ville venaient samedi déposer des messages de sympathie et des fleurs à un mémorial improvisé autour d'une voiture des forces de l'ordre. Des hommages aux cinq policiers assassinés provenaient de tout le pays, notamment d'élus démocrates et républicains.

Renvoyé de l'armée

En même temps se poursuivait l'enquête, centrée sur l'identité du tueur qui habitait Mesquite, une ville de la banlieue de Dallas. Micah Johnson a passé six ans dans l'armée, de 2009 à 2015, avec des spécialités en maçonnerie et charpenterie.

Il a été déployé en Afghanistan de novembre 2013 à juillet 2014, selon le Pentagone.

Selon le Dallas Morning News, Micah Johnson a été renvoyé par l'armée en 2015 sur la base d'accusations de harcèlement sexuel.

Sur un compte Facebook attribué à Micah Johnson et désactivé depuis, ce dernier semble soutenir des organisations de défense des Noirs prônant la haine, selon le Southern Poverty Law Center, qui suit ces mouvements auÉ Etats-Unis.

Sur des photos de ce compte, on le voit le poing serré en l'air, un geste symbole des luttes d'émancipation des Noirs en Amérique.

Il a agi en «loup solitaire», selon les autorités. «Nous estimons que la ville est désormais sûre, le suspect étant mort, et que nous pouvons désormais cicatriser nos plaies», a indiqué le maire de Dallas, Mike Rawlings.

La Mais-n Blanche a de son côté exclu tout lien avec une «organisation terroriste» à ce stade de l'enquête.

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