Le tireur de Dallas abattu par un «robot tueur»

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Le chef de la police de Dallas, David Brown, n'a pu contenir ses larmes lors d'une prière pour les policiers victimes d'un tireur embusqué jeudi soir.

AFP, Laura Buckman

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Rob Lever
Agence France-Presse
Dallas

Le choix de la police de Dallas d'envoyer un robot télécommandé pour tuer l'homme suspecté d'avoir abattu plusieurs policiers marque une première pour les forces de l'ordre américaines et témoigne d'un usage qui devrait aller en se développant, selon des experts.

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Micah Johnson, 25 ans, est un vétéran de l'armée américaine.

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À l'aube vendredi, le sniper suspecté d'avoir tiré sur des policiers et retranché depuis des heures dans un bâtiment a finalement été tué par une bombe déposée par un robot téléguidé, dans un garage du centre-ville où il s'était barricadé et depuis lequel il avait échangé des coups de feu avec les policiers.

Micah Johnson, jeune Noir de 25 ans, avait dit aux policiers que des explosifs avaient été disposés «partout» dans le centre-ville de la ville texane.

Toute autre option qu'une explosion télécommandée pour neutraliser Micah Johnson «aurait fait courir un grand danger aux policiers», a expliqué le chef de la police de Dallas, David Brown, sans donner plus de précisions sur l'engin utilisé.

Conçu pour les démineurs de l'armée

L'inventaire de l'équipement des services d'urgence de la ville montre qu'ils disposent d'un robot Northrop Grumman Andros, conçu pour les équipes de démineurs et l'armée. Selon des médias américains, cet engin a pu être employé dans l'opération de Dallas.

Ce robot est «conçu pour contrer un large éventail de menaces, dont des véhicules piégés», selon le site de Northrop.

«C'est la première fois qu'un robot est utilisé de cette façon par la police», a assuré sur Twitter Peter Singer, de la fondation New America, un groupe de réflexion spécialisé notamment dans les questions de sécurité.

Ce spécialiste des méthodes modernes de combat a précisé qu'un appareil baptisé Marcbot «a été employé de la même façon par les troupes en Irak».

Matt Blaze, professeur d'informatique à l'université de Pennsylvanie a souligné sur Twitter que «les enjeux prennent une toute autre dimension quand quelque chose comme ça est transformé en arme».

Robocop

Dans l'armée américaine, les robots terrestres transforment le visage de la guerre depuis plusieurs années déjà. Ils sont notamment capables de récupérer et désactiver une charge explosive, à l'aide d'un bras téléguidé par des soldats restés à l'abri du danger. Ils semblent voués à être désormais de plus en plus employés par les forces de l'ordre.

En Chine, l'université de la défense nationale a conçu un appareil baptisé «AnBot», destiné à avoir «un rôle important à jouer pour renforcer les mesures anti-terroristes et anti-émeutes», écrit-elle sur son site.

«La caractéristique la plus controversée d'AnBot est bien sûr son outil intégré anti-émeute électrisé [ressemblant certainement à un Taser ou à un aiguillon pour bétail]. Il ne peut être déclenché que par les humains contrôlant Anbot à distance», écrivaient Peter Singer avec un autre spécialiste, Jeffrey Lin, en avril dans le magazine américain Popular Science.

«Le fait qu'Anbot soit si grand veut dire qu'il a la place d'intégrer d'autres équipements de police, comme des gaz lacrymogènes et d'autres armes moins létales», poursuivaient les auteurs.

Des chercheurs de l'université de Floride travaillent eux au développement de «Telebot», comparé dans certains articles au célèbre Robocop imaginé au cinéma.

Destiné notamment à assister des policiers handicapés pour qu'ils puissent reprendre le service, Telebot a été conçu «pour avoir l'air intimidant et assez autoritaire pour que les citoyens obéissent à ses ordres» tout un gardant «une apparence amicale» qui rassurent «les citoyens de tous âges», selon un rapport d'étudiants de l'université de Floride.

L'arrivée de robots aux armes potentiellement létales dans la police ne fait toutefois pas l'unanimité.

L'ONG Human Rights Watch et l'organisation International Human Rights Clinic, qui dépend de l'université de Harvard, s'inquiétaient ainsi en 2014 du recours aux robots par les forces de l'ordre.

Ces engins «ne sont pas dotés de qualités humaines, telles que le jugement et l'empathie, qui permettent à la police d'éviter de tuer illégalement dans des situations inattendues», écrivaient-elles dans un rapport.

Un arsenal à la maison

Micah Johnson... (Image tirée de Facebook) - image 3.0

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Micah Johnson

Image tirée de Facebook

Désireux de venger les homicides de Noirs par les forces de l'ordre, le tueur présumé de cinq policiers à Dallas est un ancien soldat américain qui a agi seul et soutenait des organisations de défense des Noirs dont certaines prônant la haine.

Sur la photo que Micah Johnson, 25 ans, a publié sur Facebook, on le voit vêtu d'une tunique colorée de style africain, poing serré en l'air, rappelant le geste devenu symbole des luttes d'émancipation des Noirs aux États-Unis dans la deuxième moitié du siècle dernier et popularisé par Nelson Mandela.

La photo est prise devant le drapeau panafricain rouge, noir et vert qui était souvent porté comme symbole de ces mouvements dans les années 60 en Amérique.

Selon le ministre de la Sécurité intérieure Jeh Johnson, il aurait agi seul et n'a pas non plus de «lien connu» ni n'a été inspiré par un groupe terroriste international.

Mais la police a découvert à son domicile un véritable arsenal: du matériel servant à fabriquer des bombes, des gilets pare-balles, des fusils, des munitions et un journal personnel de tactiques de combat.

Il aurait agi seul

Pendant les négociations avec la police, il a soutenu avoir agi seul en soutien du mouvement Black Lives Matter («les vies noires comptent») et confié aux agents qu'il était fâché contre les policiers qui ont abattu deux Afro-Américains plus tôt cette semaine en Louisiane et au Minnesota et qu'il voulait tuer des Blancs, particulièrement des policiers blancs. 

Dépourvu de casier judiciaire, il n'était affilié à aucun groupuscule radical.

En plus des cinq policiers, sept autres ont été blessés durant la manifestation à Dallas, au Texas, visant à dénoncer le décès des deux Afro-Américains. Deux civils ont aussi été blessés durant le massacre.

Il s'agit de la journée la plus sanglante de l'histoire des corps policiers des États-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Les autorités policières ont initialement mis la fusillade sur le compte de «tireurs embusqués», et ont à un moment déclaré avoir trois suspects en détention. Mais il semble que l'attaque a été perpétrée par un seul tireur.

La fusillade a commencé vers 20h45, heure locale, jeudi soir, au moment où des centaines de personnes s'étaient rassemblées pour protester contre la mort de Philando Castile, abattu mercredi par un agent alors qu'il se trouvait dans une voiture en compagnie d'une femme et d'un enfant en banlieue de St. Paul, au Minnesota, et celle d'Alton Sterling, tué mardi après avoir été cloué au sol par deux agents. Ces deux événements ont été filmés à l'aide de téléphones mobiles.

Vendredi en début de soirée, la Maison-Blanche a annoncé que le président Barack Obama va abréger sa visite en Europe pour se rendre à Dallas au début de la semaine prochaine. Les candidats à la présidence Hillary Clinton et Donald Trump ont aussi suspendu leur campagne vendredi. AP

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