Dallas: le tireur mort ciblait des policiers blancs

Un policier chargé de l'investigation des scènes de... (AP, LM Otero)

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Un policier chargé de l'investigation des scènes de crime inspecte un commerce endommagé, vendredi, à la suite de la fusillade à Dallas.

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Agence France-Presse
Dallas

Un tireur ayant participé à l'attaque conclue par la mort de cinq policiers à Dallas voulait tuer des Blancs, a annoncé vendredi le chef de la police locale, en précisant que ce suspect n'était affilié à aucun groupuscule.

«Le suspect a dit qu'il en voulait aux Blancs, qu'il voulait tuer des Blancs, en particulier des policiers blancs», a déclaré David Brown. Ce tireur, retranché dans un bâtiment de la ville, a été tué par les forces d'élite grâce à un robot policier télécommandé porteur d'une bombe, a indiqué le chef de la police de Dallas.

David Brown avait entamé sa conférence de presse en appelant à l'unité, déplorant l'existence d'une «fracture» entre policiers et citoyens, au coeur d'une semaine sanglante marquée par la mort des deux Noirs abattus par des policiers.

«Il n'y a pas de mots pour décrire l'atrocité qui a touché notre ville. Tout ce que je sais, c'est qu'il faut qu'elle cesse, cette fracture entre notre police et nos citoyens», a-t-il déclaré.

Le tireur a affirmé lors des négociations avec la police avant sa mort qu'il n'était affilié à aucun groupuscule. En dépit de cet aveu, des personnes ont été placées en garde à vue.

Ces dernières ne «se sont pas montrées très coopératives», avait expliqué plus tôt le maire de la ville Mike Rawlings.

Cinq morts et neuf blessés

Selon un dernier bilan communiqué par Mike Rawlings, cinq policiers ont été tués et neuf personnes blessées, dont sept policiers.

Ces violences sont survenues jeudi en fin de soirée (22h, heure du Québec) lorsque au moins un tireur a fait feu à la fin d'une manifestation.

Ce rassemblement à Dallas s'inscrivait dans le cadre de plusieurs manifestations organisées à travers les États-Unis pour protester contre la mort de deux hommes noirs abattus par la police cette semaine, l'un en Louisiane (sud), l'autre dans le Minnesota (nord).

Policiers et Noirs: semaine sanglante aux États-Unis

Deux Noirs abattus par la police, en Louisiane mardi et dans le Minnesota mercredi, une vague de manifestations à travers le pays, et pendant l'une d'elles à Dallas, au moins un tireur tue cinq policiers: résumé des drames qui secouent les États-Unis depuis mardi.

Mardi, un homme noir tué en Louisiane

À 00h35 dans la nuit de lundi à mardi, Alton Sterling, un vendeur ambulant noir, est tué par balle par un policier qui tentait de le maîtriser, à Baton Rouge (Louisiane).

Une vidéo amateur révèle l'affaire au grand public. Sur les images, qui ne montrent pas toute la séquence des faits, ce vendeur de CD à la sauvette semble refuser d'obtempérer aux agents. Il est plaqué au sol par deux policiers. «Il est armé!», entend-on crier. Les deux policiers dégainent alors leur arme et plusieurs détonations retentissent. L'homme semble avoir été abattu à bout portant.

Sur une seconde vidéo, ce père de cinq enfants est vu saignant abondamment du thorax.

Dès le lendemain, les autorités lancent une enquête fédérale sur cette mort.

Mercredi, un second mort dans le Minnesota

Mercredi, Philando Castile, un homme noir de 32 ans, est abattu dans sa voiture par la police sous les yeux de sa compagne et de la fillette de cette dernière à Falcon Heights, près de Saint Paul (Minnesota), lors d'un contrôle pour un phare cassé.

Ses derniers instants sont filmés par sa petite amie qui a posté la vidéo sur Facebook Live, vue près de quatre millions de fois en quelques heures. Sur les images, on voit gémir l'employé de cantine scolaire atteint par balle, sur le siège conducteur du véhicule, tandis qu'un policier le tient en joue. Elle explique sur la vidéo que le policier a tiré à plusieurs reprises sur son ami alors qu'il cherchait ses papiers d'identité.

Jeudi, vague de protestation

Jeudi, plusieurs manifestations de protestations et veillées sont organisées à travers le pays. De New York à Los Angeles en passant par Washington et Chicago, de nombreuses personnes se rassemblent. À Manhattan, plusieurs milliers de personnes se dirigent vers Times Square en scandant «Assez» et «Black Lives Matter», («Les vies des Noirs comptent»).

Des centaines de manifestants se rassemblent à Saint Paul, devant la résidence du gouverneur de l'État du Minnesota, exigeant que «justice soit faite».

À son arrivée à Varsovie où il doit participer à un sommet de l'Otan, le président Barack Obama dénonce un «grave problème» rongeant l'Amérique, soulignant que son pays a vécu «trop de fois des tragédies» comme celles-ci et appelant la police à entreprendre des réformes.

Jeudi soir, cinq policiers tués à Dallas

Alors que la manifestation antiraciste de Dallas (Texas) touche à sa fin, des coups de feu éclatent jeudi vers 21h00 (22h, heure du Québec). Au moins un tireur isolé sème la panique, visant clairement les policiers: cinq agents sont tués, sept autres blessés ainsi que deux civils.

Les autorités de l'aviation civile américaine restreignent les vols au-dessus de Dallas, n'autorisant que les vols de secours.

Vendredi à l'aube, un sniper, réfugié dans un bâtiment, est tué par la police. Il avait affirmé aux policiers avoir posé des «bombes partout» dans la ville.

Trois personnes ont été placées en garde à vue.

Barack Obama dénonce «des attaques haineuses, calculées et méprisables».

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