Colère et deuil en Irak

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W.G. Dunlop
Agence France-Presse
Bagdad

Les Irakiens fulminaient lundi contre leur gouvernement après son échec à empêcher un attentat suicide du groupe djihadiste État islamique (EI) qui a fait plus de 200 morts à Bagdad, le pire qu'ait connu leur pays depuis des années.

Devant la colère des Irakiens et dans une tentative de soigner leur image, les autorités ont annoncé l'exécution de cinq condamnés à mort et l'arrestation de 40 djihadistes soupçonnés d'avoir préparé des attentats durant le ramadan.

Un Irakien réagit alors qu'il entre dans un... (AFP, Ahmad Al-Rubaye) - image 2.0

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Un Irakien réagit alors qu'il entre dans un bâtiment ayant été complètement détruit par l'attentat-suicide survenu dimanche à Bagdad.

AFP, Ahmad Al-Rubaye

Le bilan de l'attentat pourrait encore s'aggraver, les secouristes continuant de rechercher des corps au milieu des décombres des échoppes et des bâtiments détruits par l'explosion dimanche d'un véhicule piégé dans une rue bondée du quartier commerçant de Karrada.

Pendant que les Bagdadiens pleurent les morts de... (AP, Hadi Mizban) - image 3.0

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Pendant que les Bagdadiens pleurent les morts de l'attentat suicide commis dimanche par le groupe État islamique, les recherches se poursuivent dans le centre commercial touché dans l'espoir de trouver des survivants.

AP, Hadi Mizban

Commise par le groupe extrémiste sunnite, l'attaque visait à faire un maximum de morts dans le quartier majoritairement chiite, où les badauds, au moment de l'explosion, se pressaient pour faire leurs courses avant la fête marquant la fin du mois sacré du ramadan.

Après s'être rendu sur les lieux du drame dimanche, le premier ministre Haider Al-Abadi a proclamé un deuil national de trois jours et annoncé une modification des mesures de sécurité.

Vingt-quatre heures après l'attentat qui a fait 213 morts et plus de 200 blessés, les habitants de la capitale irakienne continuaient d'exprimer leur colère.

«Je jure par Dieu, ce gouvernement est un échec», lâche une femme se présentant comme Oum Alaa, qui a perdu son appartement dans la déflagration.

«Les tactiques [de l'EI] évoluent. Pourquoi le gouvernement garde-t-il la même stratégie?» s'interroge un homme en faisant référence aux «stupides points de contrôle» des forces de sécurité ou aux détecteurs de bombes qui se sont révélés inefficaces.

Inam Al-Zoubaidi est quant à elle venue à Karrada pour présenter ses condoléances aux «familles des martyrs, tombés en raison de ce gouvernement raté».

Les Irakiens fulminaient lundi contre leur gouvernement... (AP, Hadi Mizban) - image 4.0

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AP, Hadi Mizban

Pierres et insultes

Une vidéo publiée sur les réseaux sociaux a montré des hommes en colère lancer des pierres dimanche sur un convoi présenté comme celui de M. Abadi à Karrada, alors qu'un autre homme a été entendu en train de l'insulter dans une autre vidéo.

M. Abadi, dont le gouvernement est déjà accusé de corruption, s'est voulu compréhensif. «Je comprends l'émotion et les actions qui se produisent dans des moments de colère et de tristesse», a-t-il dit dans un communiqué.

Au lendemain de l'attaque, le ministère de la Justice a annoncé l'exécution de cinq prisonniers, sans préciser les crimes pour lesquels ils ont été condamnés à mort. 

Dans le quartier endeuillé de Karrada, des banderoles noires portant le nom des victimes - dont plusieurs membres de certaines familles - sont accrochées aux façades recouvertes de suie pour indiquer le lieu et la date de leurs funérailles.

Des hommes continuent de déblayer des monticules de cendres à la pelle ou à la main, à la recherche des disparus.

Après avoir promis de «punir» les responsables de l'attaque, M. Abadi a annoncé le retrait des détecteurs d'explosifs dont l'efficacité avait été mise en doute et ordonné d'accélérer le déploiement d'un dispositif pour contrôler plus efficacement les véhicules aux entrées de Bagdad, où se pressent chaque jour des milliers de poids lourds et de voitures particulières.

Mais des soldats et des policiers postés à certains points de contrôle de Bagdad portaient toujours les détecteurs inefficaces, en affirmant qu'ils n'avaient pas encore reçu l'ordre de ne plus les utiliser.

Cette nouvelle attaque démontre que l'EI reste capable de commettre des actions très meurtrières au coeur même de Bagdad malgré les revers militaires qu'il subit sur le terrain.

Le groupe djihadiste a perdu plusieurs bastions, dont Fallouja, ce dernier ayant été reconquis par les forces irakiennes le 26 juin avec le soutien de la coalition internationale conduite par les États-Unis.

L'attentat de Bagdad a été dénoncé par de nombreux responsables étrangers, dont l'envoyé de l'ONU pour l'Irak, Jan Kubich, qui l'a qualifié d'«acte lâche et odieux aux proportions inégalées».

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