Farage, défenseur du Brexit, part après sa «mission accomplie»

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Figure dominante du mouvement qui a réussi à convaincre les Britanniques à quitter l'Union européenne, Nigel Farage a décidé de tirer sa révérence comme chef du parti europhobe et anti-immigration Ukip.

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Maureen Cofflard
Agence France-Presse
Londres

Le Brexit a provoqué un nouveau coup de théâtre dans la vie politique britannique lundi avec l'annonce par Nigel Farage de sa démission de la tête du parti europhobe et anti-immigration Ukip.

«Mon objectif de sortir de l'Union européenne est atteint [...]. J'ai accompli ma mission», a déclaré, ravi, l'ancien opérateur de marché de 52 ans lors d'une conférence de presse, ajoutant qu'il quittait donc la tête de l'Ukip.

«Pendant la campagne du référendum, j'ai déclaré que je voulais récupérer mon pays. Maintenant, je dis que je veux récupérer ma vie», a ajouté cet europhobe de toujours qui a mené une campagne acharnée et controversée pour quitter l'Union européenne (UE).

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Le chef de l'UKIP, Nigel Farage

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Une affiche en particulier, montrant une colonne de réfugiés barrée du commentaire «Point de rupture» avait choqué jusque dans les rangs pro-Brexit.

Nigel Farage, qui a cofondé l'Ukip en 1993, avait déjà démissionné de la tête du parti en 2009 puis en 2015, mais avait finalement choisi de remettre le pied à l'étrier.

«Je vais continuer à soutenir le parti, à soutenir son nouveau leader, je vais observer de très près le processus de négociation à Bruxelles et intervenir de temps en temps au Parlement européen», a affirmé M. Farage, député européen depuis 1999.

«Des jours meilleurs» pour l'Ukip

Dans un communiqué, il a souligné que l'Ukip pouvait encore «connaître des jours meilleurs» au cours des tumultueux mois qui s'annoncent pour le pays, dont le nouveau premier ministre sera désigné le 9 septembre.

Face aux incertitudes qui pèsent sur l'économie du pays, le ministre des Finances George Osborne a fait un nouveau geste en direction des entreprises en annonçant lundi sa volonté de réduire de manière drastique l'impôt sur les sociétés.

Il n'a cependant pas donné de calendrier pour cette mesure, alors que sa présence dans le futur gouvernement conservateur reste incertaine.

Parmi les cinq candidats à la succession de David Cameron, Andrea Leadsom, la secrétaire d'État à l'Énergie, 53 ans et pro-Brexit, s'est engagée à «respecter» le vote des 17,4 millions de Britanniques qui ont voté pour une sortie de l'UE, espérant ouvrir les négociations avec l'Europe «le plus rapidement possible», sans toutefois donner de calendrier.

«La liberté de circulation prendra fin et le parlement britannique décidera du nombre de personnes qui entreront chaque année dans le pays», a-t-elle annoncé en prononçant son premier discours de candidate lundi à Westminster.

Les deux favoris pour la succession de David Cameron restent jusqu'ici la ministre de l'Intérieur Theresa May et l'un des leaders de la campagne pro-Brexit, Michael Gove, ministre de la Justice.

Après le ministre de la Défense Michael Fallon dimanche, Theresa May, qui part en position de tête, a bénéficié lundi du soutien du ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond, qui a salué sa «détermination à défendre les intérêts acquis».

Nigel Farage a, lui, défendu la nomination d'un premier ministre issu des rangs pro-Brexit, tout en refusant de donner sa préférence.

Après désignation des deux finalistes au poste de premier ministre le 12 juillet par les députés conservateurs, il reviendra aux quelque 150 000 militants conservateurs de se prononcer durant l'été, avant une annonce le 9 septembre.

Dans sa première chronique publiée dans le Daily Telegraph depuis l'annonce de son retrait, Boris Johnson, autre grand leader du camp du Brexit, a critiqué le gouvernement de David Cameron pour ne pas avoir expliqué aux Britanniques comment une sortie de l'UE pourrait se dérouler en préservant au mieux les intérêts du Royaume-Uni en cas de Brexit.

Voulant croire que le référendum n'était pas contraignant, le cabinet d'avocats Mishcon de Reya a fait savoir dimanche qu'il entendait demander un vote des parlementaires avant que soit enclenchée la procédure de sortie de l'UE. «Pour l'actuel ou le prochain premier ministre, il est illégal d'invoquer l'article 50 sans l'approbation du Parlement», a affirmé l'un de ses membres, Kasra Nouroozi.

Malouines: la position argentine inchangée

Le président argentin Mauricio Macri a affirmé lundi que le départ du Royaume-Uni de l'Union européenne (UE) ne modifierait pas sa position concernant les îles Malouines, archipel britannique de l'Atlantique Sud revendiqué par Buenos Aires.

«Brexit ou pas, nos revendications ne changeront jamais, c'est quelque chose qui se maintient dans la durée et on espère qu'un jour on pourra en discuter [avec le Royaume-Uni]», a déclaré M. Macri devant des journalistes, après avoir été reçu par des dirigeants européens.

Le vote des Britanniques pour une sortie de l'UE, le 23 juin, a suscité des interrogations sur la situation future de leur pays sur la scène internationale, y compris sur le soutien des autres États européens concernant les Malouines, situées à 400 kilomètres des côtes argentines et à 12 700 kilomètres de Londres.

Une guerre éclair - 74 jours - a opposé l'Argentine au Royaume-Uni en 1982, faisant quelque 900 morts : 649 soldats argentins, 255 soldats britanniques et 3 habitants de l'archipel.

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