Un tunnel creusé par des Juifs lors de l'Holocauste découvert en Lituanie

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Par souci pour les restes humains dans les fosses d'enfouissement du site, l'équipe d'archéologues, de géophysiciens et d'historiens juifs a notamment eu recours à la tomographie de résistivité électrique.

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Daniel Estrin
Agence France-Presse
Jérusalem

Une équipe internationale composée notamment de chercheurs canadiens a retrouvé en Lituanie un tunnel creusé par des Juifs avec des cuillères pour échapper aux nazis pendant la Deuxième Guerre mondiale.

Le tunnel d'une longueur de 34 mètres se trouve dans la forêt de Ponar, qui porte aujourd'hui le nom de Poneriai, où les nazis ont massacré plus de 100 000 personnes, dont 70 000 juifs, près de la capitale lituanienne de Vilnius.

Par souci pour les restes humains dans les fosses d'enfouissement du site, l'équipe d'archéologues, de géophysiciens et d'historiens juifs a notamment eu recours à la tomographie de résistivité électrique - une technologie d'imagerie utilisée en exploration minière et pétrolière.

«Le tunnel démontre que même en ces temps sombres, un désir ardent de vivre persistait», a déclaré Jon Seligman, un archéologue de l'Autorité des antiquités d'Israël (AII) qui a pris part à l'expédition.

Vers la fin de la guerre, des prisonniers juifs et soviétiques du camp de concentration de Stutthof ont été emmenés à Ponar pour brûler des cadavres et ainsi faire disparaître les preuves du massacre. Les jambes enchaînées, ils devaient creuser des fosses, ignorant s'ils y seraient à leur tour enterrés.

Un des prisonniers, Isaac Dogim, aurait reconnu plusieurs membres de sa famille, dont sa femme, parmi les cadavres qu'il devait brûler. C'est lui qui aurait orchestré l'évasion à travers le tunnel légendaire, creusé secrètement au fond de la fosse où ils étaient gardés.

En pleine nuit, le 15 avril 1944, une quarantaine de prisonniers ont limé leurs chaînes et ont pris la fuite à travers l'étroit tunnel. Les gardiens nazis les ont rapidement repérés et fusillés, mais onze ont survécu puis joint les forces partisanes.

«C'est une découverte très importante parce qu'il s'agit d'une autre preuve de la résistance de ceux qui étaient sur le point de mourir», a réagi Markas Zingeris, le directeur du musée d'État juif Gaon de Vilna, à Vilnius.

C'est un archéologue lituanien qui avait découvert l'entrée du tunnel en 2004, et le musée avait alors fait appel à l'équipe de recherche pour repérer l'entièreté du tunnel. L'équipe l'a retracé sur toute sa longueur, jusqu'à sa sortie. Son travail sera l'objet d'un documentaire de la série scientifique «NOVA», qui prendra l'affiche aux États-Unis l'an prochain.

L'année dernière, la même équipe de recherche a utilisé un radar à pénétration de sol pour découvrir des parties de la vieille synagogue de Vilna, démolie par les autorités soviétiques durant l'après-guerre. L'équipe passe maintenant à l'excavation du site pour dévoiler l'histoire du quotidien des Juifs à Vilnius.

«Il y a eu 500 ans de créativité, d'une communauté dynamique», a décrit l'archéologue Jon Seligman, qui refuse de limiter l'histoire du peuple juif de la Lituanie à l'Holocauste.

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