Londres tente de calmer le jeu

Signe que le résultat du vote a du... (Agence France-Presse)

Agrandir

Signe que le résultat du vote a du mal à passer chez une partie des Britanniques - particulièrement chez les jeunes -, une pétition réclamant l'organisation d'un deuxième référendum dépassait lundi soir les 3,8 millions de signatures.

Agence France-Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Rémi Banet
Agence France-Presse
Londres

Le Royaume-Uni, qui essayait lundi de rassurer les marchés sur sa capacité à surmonter la crise née du vote pour un Brexit, a vu la note de sa dette abaissée, tandis que l'Allemagne, la France et l'Italie veulent donner une «nouvelle impulsion» au projet européen.

L'Italie, l'Allemagne et la France, veulent donner une... (Agence France-Presse) - image 1.0

Agrandir

L'Italie, l'Allemagne et la France, veulent donner une «nouvelle impulsion» au projet européen.

Agence France-Presse

Dans le même temps, ces pays, les trois économies les plus importantes de la zone euro, ont exclu toute négociation avec Londres, tant que la demande de sortie de l'Union européenne (UE) n'aurait pas été formalisée.

L'agence de notation Standard & Poor's a retiré lundi au Royaume-Uni sa précieuse note «AAA» (la plus haute), qu'elle lui attribuait depuis un demi-siècle et lui permettait d'emprunter à des taux avantageux sur les marchés. Réaction similaire de sa concurrente Fitch, qui a fait passer sa note d'AA+ à AA avec perspective négative, ce qui laisse croire à une autre baisse ces prochains mois.

Le premier ministre David Cameron, qui a appelé à ne pas tourner le dos à l'Europe, a pourtant tenté d'apaiser les inquiétudes, affirmant devant le Parlement que les fondamentaux économiques de son pays étaient bons et lui permettraient de faire face aux incertitudes résultant du référendum.

Plus tôt, le ministre des Finances, George Osborne, avait aussi essayé de rassurer les marchés, affirmant que l'économie britannique est «prête à affronter ce que l'avenir nous réserve» et promettant que le processus de sortie de l'UE ne sera enclenché que «lorsque nous aurons une vision claire des nouveaux arrangements que nous recherchons avec nos voisins européens».

Un sondage montre cependant qu'un cinquième des dirigeants d'entreprise britanniques envisagent de partiellement déménager.

De son côté, la Bourse de Londres a encore chuté lundi, de 2,55%, tandis que celles de Paris et de Francfort ont perdu environ 3 %, et Wall Street 1,5 %, pendant que la livre britannique a atteint dans la matinée son plus bas niveau en 30 ans.

«Le Royaume-Uni quitte l'Union européenne mais ne doit pas tourner le dos à l'Europe et au reste du monde», a déclaré David Cameron devant les députés.

«Nous devons déterminer le genre de relations que nous voulons désormais avoir avec l'UE», a ajouté le premier ministre, précisant que ce sera toutefois à son successeur de le faire.

À ce sujet, le Parti conservateur au pouvoir a précisé que le successeur de M.Cameron à la tête du gouvernement devrait être désigné d'ici le 2 septembre.

Londres a en attendant annoncé la création d'un département spécial au sein du gouvernement pour gérer la question du Brexit.

«Ne pas perdre de temps»

Outre les retombées économiques, le Royaume-Uni doit gérer l'impatience de ses partenaires européens.

Le président français François Hollande a à cet égard appelé à «ne pas perdre de temps» pour le départ de ce pays de l'UE.

Parallèlement, en vue d'éviter que les forces centrifuges ne gagnent du terrain en Europe et que le vote britannique ne donne des idées à d'autres pays, «nous allons présenter une proposition à nos collègues», chefs d'État ou de gouvernement des autres pays de l'UE, pour «donner une nouvelle impulsion» au projet européen «au cours des prochains mois», a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel pendant une conférence de presse à Berlin avec le président Hollande et le chef du gouvernement italien Matteo Renzi.

Mme Merkel a notamment souligné que des avancées étaient envisagées dans les domaines de la défense, la croissance, l'emploi et la compétitivité.

Cependant, «je ne pense pas que le duo franco-allemand puisse faire quelque chose de nouveau pour l'Union européenne», a mis en garde la première ministre polonaise, Beata Szydlo.

«Je regrette personnellement que le Royaume-Uni ne soit plus à la table des discussions quand il y aura un dialogue États-Unis/UE», a quant à lui déclaré le chef de la diplomatie américaine John Kerry, en visite à Londres. Il avait plus tôt appelé les Européens à «ne pas perdre la tête».

Johnson plus conciliant

Quant au chef de file des partisans du Brexit, Boris Johnson, qui ambitionne de succéder à Cameron, il a opté pour un ton inhabituellement conciliant vis-à-vis de ses adversaires d'hier, martelant que le Royaume-Uni fait «partie de l'Europe» et que la coopération avec ses voisins allait «s'intensifier».

Il a réaffirmé que la sortie de l'UE n'interviendrait «pas dans la précipitation», tandis que la presse britannique assurait que, face à l'ex-maire de Londres, la ministre de l'Intérieur Theresa May devrait incarner la candidature «anti-Boris» au sein du Parti conservateur pour le poste de premier ministre.

Signe que le résultat du vote a du mal à passer chez une partie des Britanniques - particulièrement chez les jeunes -, une pétition réclamant l'organisation d'un deuxième référendum dépassait lundi soir les 3,8 millions de signatures. Et une manifestation est prévue pour mardi en fin de journée à Trafalgar Square afin de protester contre le résultat du référendum.

Xénophobie et référendum écossais

La campagne pour le Brexit, qui a fait de l'immigration un thème central, a réveillé certains comportements xénophobes.

L'ambassade de Pologne à Londres s'est ainsi dite «choquée et profondément préoccupée par de récents incidents xénophobes à l'encontre de la communauté polonaise», des incidents que David Cameron a condamnés.

La tourmente politique dans laquelle est plongé le Royaume-Uni est d'autant plus grande que revient au premier plan la menace d'une sécession de l'Écosse, qui a voté à 62 % pour un maintien dans l'UE. Dès dimanche, la première ministre écossaise Nicola Sturgeon a jugé «très probable» un nouveau référendum sur l'indépendance après celui de 2014, marqué par la victoire du Non. Mais pour le gouvernement britannique, c'est la «dernière chose dont a besoin l'Écosse».

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer