Succession de David Cameron: qui, quand, comment?

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David Cameron a annoncé vendredi sa démission en précisant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur, auquel il laisse la lourde tâche d'organiser la sortie de l'UE.

AP, Peter Byrne

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Edouard Guihaire
Agence France-Presse
Londres

Avant de lancer officiellement le processus de sortie de l'Union européenne (UE) comme l'en pressent ardemment les dirigeants européens, le Royaume-Uni veut se doter d'un nouveau premier ministre. Explications.

Cameron, le démissionnaire

Grand perdant d'un référendum qu'il a lui-même convoqué avant de mener la campagne pour le camp du «Remain» («maintien»), David Cameron, 49 ans, a annoncé vendredi sa démission en précisant qu'il resterait en poste jusqu'à la désignation de son successeur, auquel il laisse la lourde tâche d'organiser la sortie de l'UE.

La chute est rude pour ce brillant politicien, double vainqueur des élections législatives de 2010 et 2015.

Qui pour succéder à David Cameron?

Boris Johnson... (Archives, AFP) - image 2.0

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Boris Johnson

Archives, AFP

  • Boris Johnson: l'ambitieux député et ancien maire de Londres de 52 ans est clairement favori. À bord de son bus rouge dans lequel il a sillonné inlassablement la campagne anglaise pour convaincre les Britanniques de quitter le club des 28, il a été la tête d'affiche incontestable des «Brexiters». Il pourrait toutefois se révéler trop clivant pour rassembler un parti et un pays divisés.

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Michael Gove

AFP, Stefan Rousseau

  • Michael Gove: le ministre de la Justice, 48 ans, a rompu avec son ami David Cameron pour rejoindre le camp du «Leave». Au cours de la campagne, cet intellectuel néoconservateur est apparu comme un des principaux lieutenants de Boris Johnson, et présente un profil plus consensuel que ce dernier, même s'il a indiqué récemment ne pas viser la fonction suprême. Il pourrait aussi occuper un poste de vice-premier ministre.

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Theresa May

AFP, Niklas Halle'n

  • Theresa May: la ministre de l'Intérieur, une eurosceptique notoire, avait créé la surprise en annonçant son ralliement à David Cameron et au camp du maintien dans l'UE, mais se gardant bien d'apparaître en première ligne. En ménageant la chèvre et le chou, Theresa May, 59 ans, s'est offerte une position privilégiée dans la course à la succession de David Cameron.
Parmi les autres noms cités figurent deux ministres pro-UE:  Nicky Morgan (Éducation),  Stephen Crabb (Travail et Retraites).

Désignation du nouveau premier ministre

Selon le système politique britannique, de nouvelles législatives ne sont pas nécessaires si le parti au pouvoir change de leader en cours de mandat. Le dernier exemple en date remonte au travailliste Gordon Brown, qui avait remplacé Tony Blair en juin 2007.

Avant d'accéder à la tête de l'exécutif, le futur premier ministre doit d'abord être élu chef du parti conservateur: une fois connue la liste des prétendants, deux finalistes sont désignés par les députés tories, puis c'est au tour des 150 000 membres du parti de trancher.

Le nom du vainqueur devrait être annoncé à l'occasion du congrès d'automne du parti conservateur, qui aura lieu du 2 au 5 octobre à Birmingham, dans le centre de l'Angleterre. Intronisé à la tête du parti, le nouveau leader est ensuite officiellement nommé par la reine Élizabeth II.

La mission du futur premier ministre: quitter l'UE

Une fois installé à la tête du gouvernement britannique, le nouveau premier ministre devra mener le processus de sortie du giron européen, en invoquant dans un premier temps la «clause de retrait» (article 50) prévue par le traité de Lisbonne, qui définit les conditions d'un retrait volontaire et unilatéral de l'Union européenne.

S'ouvrira alors une période de négociation devant aboutir à un accord de retrait, le Royaume-Uni et l'UE devant également définir les modalités de leur nouvelle relation.

Plus largement, il devra tenir la barre d'un pays profondément divisé par le Brexit, pris dans les turbulences économiques et menacé d'éclatement par les revendications indépendantistes de plus en plus pressantes des Écossais, qui ont voté majoritairement pour rester dans l'UE.

Le gouvernement écossais réclame d'ailleurs des «discussions immédiates» avec Bruxelles pour «protéger sa place dans l'Union européenne», a déclaré samedi la première ministre Nicola Sturgeon, à l'issue d'une réunion d'urgence à Édimbourg.

L'exécutif écossais va également se pencher dès à présent sur un cadre législatif permettant l'éventuelle tenue d'un deuxième référendum sur l'indépendance de cette région semi-autonome du Royaume-Uni, a ajouté Mme Sturgeon.

Le commissaire européen britannique démissionne

Le commissaire européen aux Services financiers, le Britannique Jonathan Hill, a annoncé samedi sa démission, se disant «très déçu» de la décision de ses concitoyens de quitter l'Union européenne.

«Puisque nous passons à une nouvelle phase, je ne crois pas qu'il soit bien de continuer en qualité de commissaire britannique comme s'il ne s'était rien passé», a expliqué M. Hill dans un communiqué.

«Conformément à ce dont j'avais discuté avec le président de la Commission [Jean-Claude Juncker] il y a quelques semaines, je lui ai donc dit que je démissionnerai», a ajouté le commissaire aux Services financiers, à la Stabilité financière et à l'Union du marché des capitaux depuis 2014.

«C'est avec un grand regret que j'ai accepté» la «décision» de Jonathan Hill, a réagi M. Juncker dans un communiqué.

«Je le considère comme un vrai Européen et pas seulement comme le commissaire britannique. Cependant, je comprends sa décision et je la respecte», a expliqué le chef de l'exécutif européen.

M. Juncker se dit par ailleurs «prêt à discuter rapidement avec le premier ministre britannique de noms potentiels pour un commissaire de nationalité britannique, comme de l'allocation d'un possible portefeuille».

Le portefeuille de M. Hill sera quant à lui géré désormais par le vice-président de la Commission européenne chargé de l'euro, Valdis Dombrovskis.

M. Hill, 56 ans, un ex-président de la Chambre des Lords nommé par le premier ministre conservateur David Cameron comme commissaire de la Grande-Bretagne au sein de l'exécutif européen dirigé par M. Juncker, a souhaité une «transition ordonnée» avec son successeur.

«Comme beaucoup de gens ici et au Royaume-Uni, je suis évidemment très déçu par les résultats du référendum. J'aurais voulu que cela se termine autrement, mais le peuple britannique a pris une décision différente et c'est comme ça que fonctionne la démocratie», a-t-il expliqué.

Jonathan Hill était arrivé à Bruxelles «sceptique sur l'Europe» mais il était devenu convaincu qu'«en dépit des frustrations, notre appartenance [à l'UE] était bonne pour notre place dans le monde et notre économie», selon son communiqué.

«Mais ce qui est fait ne saurait être défait, et il nous faut désormais parvenir à faire fonctionner notre nouvelle relation avec l'Europe aussi bien que possible», a-t-il plaidé.

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