Relation appelée à changer

David Cameron, alors chef du Parti conservateur, et... (AP, Charles Dharapak)

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David Cameron, alors chef du Parti conservateur, et le président américain Barack Obama, photographiés ensemble en 2009, entretiennent de bonnes relations. Celui qui quittera bientôt la Maison-Blanche s'était clairement positionné en faveur du maintien de la Grande-Bretagne dans l'Union européenne.

AP, Charles Dharapak

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Jérôme Cartillier, Dave Clark
Agence France-Presse
Washington

Le vote du Royaume-Uni en faveur d'un départ de l'Union européenne (UE) est une claque pour les États-Unis, qui vont devoir faire évoluer en profondeur leurs relations avec le Vieux Continent.

Contraint de défendre encore et toujours la «relation spéciale» entre Washington et Londres vantée par Winston Churchill en 1946, Barack Obama a assuré vendredi qu'elle n'était pas menacée.

Mais la déception du président américain, qui s'était jeté avec énergie dans la bataille contre le Brexit aux côtés de son «ami» David Cameron, était palpable.

À sept mois de son départ, il devra trouver de nouveaux points d'appui en Europe pour encourager une transition en douceur et limiter les dégâts, sur le plan stratégique autant qu'économique.

Car tous les analystes s'accordent sur un point : les répercussions du séisme Brexit se feront ressentir aussi de ce côté-ci de l'Atlantique.

«C'est une mauvaise nouvelle pour les États-Unis», résume Richard Haass, ancien diplomate et président du centre de recherche Council on Foreign Relations.

«Le Royaume-Uni a été l'un des partenaires les plus importants [de l'Amérique] et il sera moins désireux - et moins capable - de jouer ce rôle», poursuit-il.

Une grande partie du poids politique du Royaume-Uni «était lié à sa capacité à influencer la politique européenne suivant une vision du monde très proche de celle de l'Amérique», souligne en écho Dalibor Rohac, de l'American Enterprise Institute.

«À partir du moment où le pays quitte l'UE, ce poids politique disparaît», poursuit-il.

Symbole de ce tournant historique aux répercussions encore difficiles à mesurer, M. Obama s'est entretenu dès vendredi avec la chancelière allemande Angela Merkel, promettant de travailler «étroitement, dans les semaines et les mois à venir», avec ses alliés européens.

«Grâce à leur étroite relation avec le Royaume-Uni, les États-Unis pouvaient coopérer, à travers eux, sur de nombreux sujets européens», souligne Jeffrey Rathke, du Center for Strategic and International Studies (CSIS).

«Ils vont devoir passer à la vitesse supérieure avec les pays clés de l'UE», ajoute-t-il.

Pour Thomas Wright de la Brookings Institution, Washington devra s'efforcer de jouer un rôle «constructif» face à l'immense chambardement qui s'annonce.

«Je pense que la position des États-Unis sera d'essayer de rendre [les étapes à venir] aussi fluides que possible et de minimiser les risques associés au Brexit», explique-t-il à l'AFP, soulignant à quel point Washington devra soigner ses relations avec Paris et Berlin.

«Pierre angulaire»

À partir de la Californie, où il a rencontré des dirigeants de la Silicon Valley, M. Obama a insisté sur la puissance évidente des liens stratégiques qui demeurent avec Londres.

La présence du Royaume-Uni au sein de l'OTAN demeure «une pierre angulaire» de la politique étrangère américaine, a-t-il lancé.

Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, directement impliqué dans les guerres en Irak et en Afghanistan et partie prenante dans les négociations internationales sur le nucléaire iranien, le Royaume-Uni est un partenaire de poids pour les États-Unis.

«Le degré d'intérêts et d'objectifs communs entre les deux pays restera extrêmement élevé», souligne Jeffrey Rathke.

Reste que le pari de Barack Obama - s'impliquer personnellement dans la campagne, au grand dam du camp pro-Brexit, qui avait dénoncé une «ingérence» - a échoué.

«Je ne pense pas que cela a été contreproductif. Cela a probablement aidé, mais cela n'a pas été suffisant», estime Thomas Wright.

«Les États-Unis auraient plutôt dû être plus actifs dans leurs relations avec l'UE au cours des années écoulées», poursuit-il, persuadé que le prochain président, qui prendra ses fonctions en janvier 2017, devra jouer un rôle moteur dans la sortie du Royaume-Uni «s'il apparaît que le processus déraille».

Le Brexit, «c'est fantastique», dit Trump

Donald Trump était de passage en Écosse.... (Associated Press) - image 3.0

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Donald Trump était de passage en Écosse.

Associated Press

Le Brexit, «c'est fantastique», a déclaré Donald Trump, le candidat républicain à la Maison-Blanche, vendredi, alors qu'il était de passage en Écosse.

«Je pense que c'est extraordinaire, je pense que cela va être extraordinaire. C'est fantastique», a-t-il déclaré à la presse après avoir atterri en hélicoptère à Turnberry, sur la côte ouest écossaise, où il a inauguré la réouverture après travaux de l'un de ses parcours de golf.

«Je vois un vrai parallèle» avec ma campagne, a ajouté le milliardaire américain lors d'une conférence de presse sur le site qui domine la mer. «Les gens veulent reprendre le contrôle de leurs pays, ils veulent l'indépendance dans un certain sens», a dit M. Trump, dont la mère est écossaise, affirmant que «l'afflux» d'immigrés est la cause du mécontentement observé à la fois au Royaume-Uni et aux États-Unis.

Avant ce voyage en Écosse, région qui, elle, a voté pour le maintien dans l'UE, Donald Trump avait déclaré à la chaîne Fox News pencher pour le Brexit, tout en admettant ne s'être «pas trop intéressé à la question».

Il a été accueilli par des manifestants à l'appel de deux associations, Scotland Against Trump et Stand Up To Racism Scotland, tenus à bonne distance. «L'Écosse est un pays progressiste, tolérant et multiculturel. Nous combattons le sectarisme représenté par Donald Trump. Il n'est pas le bienvenu ici!» a déclaré Keir McKechnie, un responsable de Stand Up To Racism à l'AFP.

La rivale de celui-ci dans la course à la présidence, la démocrate Hillary Clinton, a publié un message sur Twitter affirmant que «les Écossais ne sont pas exaltés de voir Trump venir chez eux. Nous comprenons ce sentiment». AFP

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