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Procès en vue pour deux policiers soupçonnés du viol d'une touriste canadienne

Le 36, Quai des Orfèvres.... (PHOTO CHRISTOPHE ENA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS)

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Le 36, Quai des Orfèvres.

PHOTO CHRISTOPHE ENA, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

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Sophie Deviller
Agence France-Presse
Paris

Deux ans après un scandale qui a ébranlé le 36, quai des Orfèvres, mythique siège de la police judiciaire parisienne, le parquet a demandé vendredi un procès pour deux policiers soupçonnés du viol présumé d'une touriste canadienne.

Les deux suspects, âgés de 37 et 46 ans, sont des hommes de la Brigade de recherche et d'intervention (BRI), l'antigang. Le parquet de Paris réclame contre eux un renvoi aux assises pour «viols en réunion», a-t-on appris de source judiciaire. Il appartient désormais aux juges d'instruction de trancher.

Le 22 avril 2014, dans un pub irlandais en face du siège de la PJ, des policiers de la BRI s'étaient liés avec la jeune femme alors âgée de 34 ans. En pleine nuit, les fonctionnaires, qui n'étaient pas en service, lui avaient fait visiter les locaux du «36». Un peu plus tard, elle en était ressortie en larmes. Elle avait porté plainte pour viol.

Un des policiers avait évoqué une relation sexuelle «consentie», l'autre démentant tout rapport. Un troisième avait été placé sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

«L'absence de consentement de ma cliente et le comportement totalement abusif des policiers ont été parfaitement analysés par le parquet dans un réquisitoire très détaillé de près de soixante pages», a relevé Sophie Obadia, l'avocate de la Canadienne.

«Mon client réaffirme avec force son innocence et attend maintenant avec confiance la décision des juges d'instruction», a réagi de son côté Sébastien Schapira, l'avocat d'un des deux policiers.

Des empreintes génétiques des deux mis en examen avaient été retrouvées sur les sous-vêtements de la victime, ainsi qu'une troisième, inconnue. Une vaste opération de prélèvements ADN sur une centaine de policiers et d'employés de la PJ avait été organisée en septembre 2015, mais n'avait rien donné.

Vidéos et textos explicites

L'analyse des téléphones portables des suspects a affaibli leur défense, des vidéos et textos «explicites» ayant disparu, selon des sources proches du dossier.

Fin septembre et début octobre 2015, des confrontations ont été organisées avec les policiers, marquées parfois par des échanges «tendus et très durs», selon une source proche du dossier. Au final, «chacun a campé sur ses positions».

La jeune femme s'était déplacée à Paris pour ces actes d'enquête, mais elle avait renoncé à participer à une reconstitution prévue au même moment, dans les locaux du «36».

Plusieurs expertises psychologiques se sont révélées contradictoires. L'une d'elle relevait qu'elle ne présentait pas «de tendance à la mythomanie ou à la fabulation», tandis qu'une autre estimait que sa «personnalité», «son état d'alcoolisation» cette nuit-là et «son discours sur les faits allégués» soulevaient «une forte réserve quant à la possibilité de s'appuyer sur son seul témoignage».

Les juges d'instruction s'étaient aussi rendus au Canada pour entendre la jeune femme et ses proches.

Le Quai des Orfèvres, qui abrite plusieurs services d'élite de la police, spécialisés notamment dans les interventions difficiles et les interpellations à hauts risques, a été ébranlé ces derniers mois par plusieurs autres scandales.

Un policier de la brigade des stupéfiants de Paris, Jonathan Guyot, a été mis en examen (ndlr, inculpé) pour le vol spectaculaire de 52 kilos de cocaïne. Dix autres personnes, dont cinq policiers, sont également poursuivies dans cette affaire.

Fin 2013, le patron de la PJ parisienne Christian Flaesch avait été remercié pour avoir prévenu l'ancien ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux d'une prochaine convocation.

En février 2015, son successeur, Bernard Petit, avait de son côté été suspendu pour avoir violé le secret d'une enquête concernant Christian Prouteau, ex-patron et fondateur du GIGN, l'unité d'élite de la gendarmerie française.

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