L'Angleterre prend une pause pour honorer Jo Cox

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À moins d'une semaine du vote britannique, la campagne du référendum sur le Brexit est en suspens, dans un pays sidéré par le meurtre jeudi de la députée proeuropéenne Jo Cox.

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James PHEBY, Remi BANET
Agence France-Presse
BIRSTALL, Angleterre

À moins d'une semaine du vote britannique, la campagne du référendum sur le Brexit est en suspens, dans un pays sidéré par le meurtre jeudi de la députée proeuropéenne Jo Cox.

La députée travailliste, âgée de 41 ans et mère de deux enfants, a été tuée par balles en pleine rue dans ce village de sa circonscription du nord de l'Angleterre, provoquant choc et émotion.

Plusieurs centaines de personnes se sont réunies dès jeudi soir dans l'église Saint Peter's de Birstall pour une cérémonie en sa mémoire.

Au même moment à Londres, des dizaines de personnes étaient rassemblées devant le parlement britannique, dont le chef du Parti travailliste Jeremy Corbyn et plusieurs membres du Labour en larmes.

«C'était une militante courageuse, et une voix pour les sans-voix. Nous sommes bouleversés par sa perte», a confié à l'AFP Fatima Ibrahim, du mouvement citoyen international Avaaz.

Suspension de la campagne

Le meurtre a provoqué la suspension immédiate de la campagne du référendum, qui ne devrait pas reprendre avant le week-end.

Les drapeaux de Buckingham Palace, du parlement et du 10 Downing Street, la résidence officielle du premier ministre, étaient en berne vendredi.

Alors que le meurtrier aurait crié «Britain first» («La Grande-Bretagne d'abord»), les médias s'interrogeaient sur son mobile et n'hésitaient pas pour certains à mettre en cause le ton jugé agressif de la campagne.

Le quotidien The Guardian a dénoncé «un ton brutal qui attise les divisions», jugeant que le meurtre constituait une «attaque contre l'humanité, l'idéalisme et la démocratie».

Le Spectator a blâmé le camp prosortie de l'UE. Le leader du parti europhobe Ukip «Nigel Farage n'est pas responsable de la mort de Jo Cox. Et les membres de la campagne du Leave (Sortir) non plus. Mais ils sont responsables de la manière dont ils mènent leur campagne», écrit-il.

«Quand vous encouragez la rage, vous ne pouvez pas feindre d'être surpris quand les gens deviennent enragés», poursuit l'hebdomadaire.

«Au-delà de l'horreur»

Selon le Southern Poverty Law Centre, un groupe américain de défense des droits civiques, le tueur présumé de la députée est un «partisan dévoué» d'un groupe néonazi basé aux États unis.

Tommy Mair aurait dépensé plus de 620 dollars (550 euros) dans des ouvrages de l'Alliance nationale, groupe qui a appelé à la création d'un pays peuplé exclusivement de Blancs et à l'éradication du peuple juif.

«J'ai toujours du mal à y croire. Mon frère n'est pas violent et n'est pas du tout politisé», a affirmé au Daily Telegraph Scott Mair, le frère du principal suspect. «Il a des antécédents de maladie mentale, mais il s'est fait aider».

Avocate de la cause des réfugiés, Jo Cox n'avait de cesse de faire l'éloge de la diversité. Elle avait reçu des messages de menace il y a trois mois. Mais l'homme incriminé pour ces faits n'est pas son meurtrier présumé, a précisé la police.

Sur Twitter, Alastair Campbell, le conseiller de l'ancien premier ministre Tony Blair, s'en prenait lui à une partie de la presse.

«Les journaux qui attisent la haine et la colère envers les hommes politiques (...) préparent désormais une belle nécrologie de Jo Cox», a-t-il écrit.

Le premier ministre David Cameron a qualifié le meurtre de la députée de «tragédie». «Ce qui s'est passé va au-delà de l'horreur», a ajouté le chef du Labour, Jeremy Corbyn.

Hommages internationaux

Plusieurs leaders étrangers ont eux aussi rendu hommage à la députée, étoile montante du Labour et avocate de la cause des réfugiés.

«C'est une attaque contre tous ceux pour qui la démocratie importe et qui ont foi en elle», a notamment déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry.

La mort de Jo Cox intervient alors que les derniers sondages donnent le camp du Brexit (British Exit) en tête, à quelques jours du scrutin du 23 juin, provoquant la fébrilité dans les salles de marché et l'inquiétude à Bruxelles.

Vendredi, la Bourse de Londres progressait cependant et la livre se reprenait face au dollar, les marchés estimant que le meurtre de la députée britannique et la suspension de la campagne pourraient bénéficier au camp du maintien dans l'UE.

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