La bataille du Brexit déborde sur la Tamise

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Une flottille de pêcheurs a remonté mercredi la Tamise pour vanter le Brexit.

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Edouard Guihaire
Agence France-Presse
Londres

À huit jours du référendum sur l'Union européenne, une flottille de pêcheurs a remonté mercredi la Tamise pour vanter un Brexit dont les chances de victoire ont poussé le Premier ministre David Cameron à menacer d'une nouvelle cure d'austérité.

La flottille d'une trentaine de chalutiers est partie au petit matin avant d'arriver à Londres aux environs de 9h GMT, où elle a été rejointe par Nigel Farage, le chef du parti europhobe et anti-immigration Ukip.

L'initiative visait à dénoncer les difficultés des pêcheurs britanniques en les mettant sur le compte des quotas de pêche fixés par Bruxelles. «La seule solution, c'est le Brexit», pouvait-on lire sur les pancartes.

«Je veux que les gens réalisent que ce référendum oppose les gens ordinaires à l'establishment», a lancé M. Farage, tandis que des contre-manifestants plaidaient la cause de l'UE sur d'autres embarcations.

Bob Geldof dans une embarcation

Sur l'une d'elles, le musicien irlandais Bob Geldof a traité M. Farage d'«escroc», l'accusant au micro d'une puissante sono de n'avoir participé qu'à «une seule des 43 réunions de la commission de la pêche au Parlement européen».

Les partisans du Brexit ont le vent en poupe après une série de sondages en leur faveur, même si le dernier en date, de l'institut ComRes, redonnait une avance d'un point au maintien (46 %) au sein de l'UE.

Effrayés par la perspective d'une sortie de l'UE, les partisans du statu quo, menés par le Premier ministre conservateur David Cameron, ont lancé mercredi de nouvelles mises en garde contre les conséquences économiques d'une rupture.

Le ministre des Finances George Osborne a ainsi affirmé qu'une sortie pourrait déclencher la mise en place d'un «budget d'urgence» qui entraînerait hausses d'impôts et réduction des dépenses pour compenser un trou de 30 milliards de livres (38 milliards d'euros).

Écoles, hôpitaux et armée verraient leurs financements se réduire, a prévenu M. Osborne. «Quitter l'UE toucherait les investissements, nuirait aux familles et à l'économie britannique», a-t-il averti.

Budget «punition»

«Il y aura un trou dans nos finances si nous quittons l'UE», a renchéri M. Cameron sur Twitter. «Cela signifie des impôts plus lourds, des coupes budgétaires, plus d'emprunts», a ajouté le chef de l'exécutif, déjà accusé par ses opposants de mener une politique d'austérité au détriment des revenus des plus faibles.

L'avertissement a aussitôt suscité l'ire du camp pro-Brexit et attisé les frictions au sein d'un parti conservateur profondément divisé sur la question.

Échaudés par l'annonce de M. Osborne, 57 députés conservateurs pro-Brexit l'ont accusé d'avoir ourdi un budget de «punition» en cas de sortie du bloc des 28, avertissant qu'ils s'y opposeraient. Avant de signifier, dans un communiqué commun, que si le ministre «met en oeuvre ces propositions, la position du chancelier deviendra intenable» au sein du gouvernement en cas de sortie de l'UE.

Au budget de M. Osborne, les pro-Brexit ont opposé mercredi leur projet de sortie de l'Union promettant notamment de rediriger la contribution britannique à l'UE vers le système de santé publique (NHS).

Un ministre eurosceptique, Chris Grayling, représentant du gouvernement au Parlement, a dit dans le Financial Times espérer que «tout serait bouclé d'ici la fin 2019 et que nous serons sortis de l'UE».

En Allemagne, le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a lui mis en garde contre le risque d'une «désintégration» de l'Union européenne en cas de Brexit, lors d'une rencontre avec son homologue français Jean-Marc Ayrault. Celui-ci a de son côté estimé qu'une sortie de l'UE ferait de «la Grande-Bretagne un pays tiers».

Les bourses reprennent des couleurs

Quant aux bourses mondiales, si elles ont chuté mardi, inquiètes d'une possible sortie de l'UE, elles reprenaient des couleurs mercredi, les investisseurs se montrant un peu plus optimistes sur l'issue du référendum.

«Si vous pensez que le niveau de volatilité sur les marchés est actuellement élevé, cela va devenir bien pire si le Royaume-Uni décide de voter pour un Brexit la semaine prochaine», a souligné Andrew Edwards, directeur du courtier ETX Capital.

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