France: policier tué par un recruteur de djihadistes

Des agents montent la garde sur la route... (AP, Thibault Camus)

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Des agents montent la garde sur la route menant au lieu du crime à Magnanville, à l'ouest de Paris, en France.

AP, Thibault Camus

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Sophie Deviller, Pauline Talagrand
Agence France-Presse
Paris

La France a été à nouveau frappée par une attaque jihadiste avec l'assassinat lundi soir d'un policier et de sa compagne près de Paris, revendiqué par un homme qui a prêté allégeance au groupe État islamique (EI) et appelé à faire de l'Euro «un cimetière».

Dans une vidéo enregistrée avant de mourir dans l'assaut de la police, le meurtrier Larossi Abballa, 25 ans, a promis «d'autres surprises» pendant l'Euro de football que la France accueille jusqu'au 10 juillet.

«C'est un acte incontestablement terroriste», a affirmé François Hollande après une réunion d'urgence à la présidence française. «Un cap dans l'horreur a été franchi», a insisté le Premier ministre Manuel Valls.

Les présidents François Hollande et Barack Obama ont convenu mardi soir lors d'un entretien téléphonique d'«augmenter encore la coopération» entre les services français et américains face à une «menace» jihadiste qui «évolue en permanence», a déclaré la présidence française.

«La France et ses alliés continueront d'opposer la force des démocraties à la barbarie», a-t-elle ajouté dans un communiqué, précisant que l'entretien avait eu lieu «après la tuerie homophobe d'Orlando et le double meurtre qui a frappé» un policier et sa compagne près de Paris, revendiqués par le groupe État islamique.

Les deux dirigeants «ont réaffirmé leur engagement commun à détruire l'EI», a indiqué pour sa part la Maison-Blanche dans un communiqué.

Larossi Abballa a choisi pour cible Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint du commissariat des Mureaux, dans les Yvelines. Abballa, qui a affirmé avoir prêté allégeance à l'EI et à son chef il y a trois semaines savait que la victime était un policier, a précisé le procureur de Paris François Molins.

Aux négociateurs du Raid, il a expliqué «avoir répondu à un communiqué» du chef du groupe jihadiste Abou Bakr al-Baghdadi qui demandait de «tuer des mécréants, chez eux avec leur famille», a ajouté François Molins. Le parquet antiterroriste a ouvert une enquête en flagrance, notamment pour assassinats terroristes sur personnes dépositaires de l'autorité publique.

Le porte-parole officiel de l'EI, le Syrien Abou Mohammed Al-Adnani, ne cesse d'exhorter ses partisans à passer à l'action dans leurs pays d'origine contre les policiers et les militaires des pays de la coalition engagée dans la lutte contre cette organisation, en Syrie et en Irak.

Le 22 mai, il a appelé dans un message à commettre des assassinats pendant le mois du ramadan, qui a commencé début juin.

Lundi peu après 20h Abballa a tué à coups de couteau le policier devant son pavillon. Il a ensuite séquestré sa compagne Jessica Schneider, 36 ans, agent administratif du commissariat voisin, qu'il a égorgée, et leur petit garçon de trois ans et demi, retrouvé «en état de sidération» et qui a été hospitalisé.

Ce garçonnet sera reconnu pupille de la Nation, a déclaré François Hollande, tout comme un enfant que le policier avait eu d'une autre union.

Abballa a revendiqué son acte sur Twitter et Facebook dans une vidéo filmée depuis la maison des victimes et diffusée mardi en fin d'après-midi par l'agence Amaq liée au groupe État Islamique.

«On vous réserve d'autres surprises pour l'Euro, je ne vous en dis pas plus. L'Euro sera un cimetière», promet-il dans cette vidéo, visionnée par l'AFP. Il y enjoint également «à attaquer des policiers, des journalistes, des gardiens de prison et des rappeurs».

Les victimes Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de... (AFP) - image 2.0

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Les victimes Jean-Baptiste Salvaing, 42 ans, commandant de police adjoint et sa compagne Jessica Schneider, 36 ans

AFP

D'autres cibles 

Les enquêteurs ont saisi dans le pavillon des victimes «une liste de cibles mentionnant des personnalités ou des professions (rappeurs, journalistes, policiers)» ainsi que trois couteaux, dont un «ensanglanté», selon M. Molins.

Ce double meurtre a été mené sept mois jour pour jour après les attentats les plus meurtriers jamais commis en France, qui ont fait 130 morts le 13 novembre.

L'homme, originaire de la région, avait un passé dans l'islamisme radical. Il avait notamment été condamné en 2013 à trois ans de prison, dont six mois avec sursis pour participation à une filière jihadiste vers le Pakistan. Pendant son incarcération, il s'était «livré à des actes de prosélytisme d'islamisme radical», a détaillé François Molins.

Son nom était ensuite apparu cette année dans une enquête sur une filière de départ vers la Syrie. Mais «plusieurs interceptions téléphoniques et géolocalisations» sur plusieurs lignes n'avaient pas permis «de déceler la préparation d'un passage à l'acte violent», a assuré le procureur.

Le meurtrier Larossi Abballa... (AP) - image 3.0

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Le meurtrier Larossi Abballa

AP

Le gouvernement a fermé la porte aux mesures d'exception réclamées par la droite, telles l'enfermement de personnes radicalisées. «On est dans un État de droit, on ne peut pas procéder sans preuve à l'incarcération d'un individu qui n'a commis aucun crime», a insisté le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve mardi soir sur la télévision France 2.

Trois hommes de 27, 29 et 44 ans ont été placés en garde à vue. Deux d'entre eux avaient été condamnés avec Abballa en 2013 dans l'affaire de la filière pakistanaise, dont l'un parti en janvier 2011 au Pakistan avait été arrêté trois mois plus tard et expulsé vers la France.

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