Brexit ou pas? Un coup de téléphone pour faire changer d'avis

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Le drapeau britannique flottant au milieu des autres devant le parlement européen.

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Édouard Guihaire
Agence France-Presse
Londres

Catherine Maclean, une bénévole de la campagne pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, est au téléphone avec un partisan du Brexit qu'elle tente de faire changer d'avis, et ça ne se passe pas bien. «C'est un coriace», glisse-t-elle en fronçant les sourcils.

Combiné collé à l'oreille, elle écoute l'argumentaire copieux de son interlocuteur qu'elle ne trouve, à voir sa moue perplexe, pas forcément très digeste.

«Je pense...», tente-elle, avant d'être aussitôt coupée par un nouveau réquisitoire anti-Union européenne.

La conversation dévie rapidement sur le processus d'adhésion de la Turquie à l'UE, les pro-Brexit ne cessant de la présenter comme quasi-imminente pour jouer sur la peur d'une immigration massive, thème central de la campagne référendaire.

Catherine saute sur l'occasion pour essayer de reprendre la main: «Les chances que la Turquie rejoignent l'UE sont incroyablement lointaines. Chaque état pourrait opposer son veto et si...».

Las, elle est, à nouveau, interrompue. Elle laisse passer l'orage, lève les yeux au ciel et finit par lâcher: «Je crois fermement qu'il y a plus de risques à quitter l'Union européenne qu'à y rester, mais il est clair que nous ne sommes pas d'accord».

«Je vous remercie néanmoins pour le temps que vous m'avez consacré. Au revoir», conclut-elle, avant d'expliquer en soupirant à l'AFP: «C'est le genre de personne qu'il sera très difficile de convaincre...».

Le dernier coup

Cheveux courts et tee-shirt «I'm In» (Je suis pour le maintien), Catherine fait partie d'une petite équipe de volontaires de «Stronger in», la campagne officielle qui milite pour que les Britanniques choisissent de rester dans l'UE lors du référendum du 23 juin.

Ce soir, ils ont transformé en centre d'appels téléphonique un bureau du 24e étage du One Canada Square, un gratte-ciel du quartier d'affaires de Canary Wharf offrant une vue panoramique sur la skyline de la City, le centre financier historique de la capitale.

Leur mission: contacter un maximum d'électeurs pour les convaincre d'opter pour le statu quo, à l'heure où les sondages placent les deux camps dans un mouchoir de poche.

A moins de deux semaines du référendum, ce dernier coup peut contribuer à faire pencher la balance, explique le chef de la bande, Thomas Cole, en jeans et tee-shirt à col V.

«Je pense qu'on peut l'emporter mais il faut galvaniser nos supporteurs», dit-il.

Et pour doper le moral des troupes, des mots d'encouragements ponctués de smileys aux sourires béats sont inscrits sur un grand tableau blanc: «Vous faites un super boulot», «On tient bon!» ou encore «On est là pour gagner!», peut-on lire.

Soucieux du bien-être de leurs ouailles, les organisateurs ont aussi déposé sur les tables bonbons, sodas et barres chocolatées.

La chasse aux mensonges

Tandis que Catherine compose un nouveau numéro de téléphone, une autre bénévole, Sarah Barber, 28 ans, s'échine un peu plus loin à démonter l'affirmation des pro-Brexit selon laquelle le service public de santé (NHS), si cher aux Britanniques, serait «menacé par l'UE».

«Ils prétendent que l'argent qu'ils tireraient d'une sortie de l'UE serait dépensé dans le NHS. Mais c'est un mensonge», assure cette cadre dans le secteur bancaire, en chemisier beige, à son interlocuteur au bout du fil.

«Je suis profondément inquiète à propos de ce référendum», dit-elle ensuite à l'AFP. «Je n'avais jamais fait de volontariat auparavant, (...) mais si c'est le seul moyen pour aider pendant les deux prochaines semaines, et près de mon travail, alors c'est ce que je veux faire».

Quelques centaines de coups de téléphone plus tard, les volontaires plient bagages, avec la satisfaction d'avoir, peut-être, aider à garder leur pays dans le giron européen.

Reste encore toutefois pas mal de monde à convaincre: au pied du One Canada Square, un chauffeur de voiture privée en quête de clients, bras tatoués jusqu'aux épaules, s'emporte contre les institutions européennes, et jure mordicus qu'il votera pour sortir de l'UE.

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