Un partisan anglais entre la vie et la mort

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Plusieurs personnes ont été blessés samedi dans des heurts entre partisans des deux camps (Angleterre et Russie) et contre les forces de l'ordre.

AP, Laurent Cipriani

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Andrea Palasciano, Paul Ricard
Agence France-Presse
Marseille

Un partisan anglais est entre la vie et la mort après les violences qui ont éclaté sur le Vieux-Port de Marseille en marge d'Angleterre-Russie, l'un des matches à risques de l'Euro 2016 prévu samedi soir.

Selon une source policière, le partisan a reçu vers 17h30 «des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête», et un policier a tenté de le ranimer sur place avant qu'il ne soit évacué vers l'hôpital. Il a fait un malaise, a été ranimé, mais son pronostic vital est engagé, a complété le préfet de police Laurent Nunez.

Des journalistes de l'AFP ont vu un homme à terre, le visage tuméfié et ensanglanté, en train de subir un massage cardiaque de la part des forces de l'ordre.

Partisan frappé au sol par plusieurs autres, chaises de bars qui volent, projectiles lancés sur les forces de l'ordre, nuages de lacrymogènes: un nouveau seuil dans la violence a été franchi samedi sur le Vieux-Port de Marseille, avec une série de heurts entre partisans des deux camps et contre les forces de l'ordre. Les scènes de guérilla urbaine s'y succèdent depuis jeudi soir.

Ces nouveaux affrontements ont éclaté vers 16h00, alors qu'étaient rassemblées plusieurs centaines de partisans, souvent très alcoolisés.

Les marins-pompiers avaient dénombré, vers 19h30, 13 blessés dans le centre de Marseille, dont un homme pris en charge en arrêt cardio-vasculaire.

«Ce n'est pas une bonne idée d'avoir programmé le match à 21h00. D'ici là, tout le monde sera complètement bourré», a dit à l'AFP dans l'après-midi un partisan anglais, Danny Hart, 23 ans. Un autre fan anglais, qui n'a pas donné son nom, a affirmé que lui et ses camarades avaient été chargés par «une centaine de Russes venus de nulle part».

Vers 20h00 (14h, heure locale), à une heure du coup d'envoi du match, de nouveaux incidents ont éclaté près du stade Vélodrome.

Le souvenir de 1998

Les principales craintes liées à la sécurité pour l'Euro concernent les éventuels attentats. Mais les violences de Marseille rappellent que le hooliganisme est toujours là, et que la crainte du terrorisme ne doit pas l'éclipser: Angleterre-Russie est d'ailleurs l'une des cinq rencontres du premier tour classées à risques.

L'UEFA, instance suprême du foot européen qui gère l'Euro 2016, a «fermement condamné» dans un communiqué les «incidents à Marseille», dénonçant «des actes de violence» de «gens qui n'ont rien à faire dans le football».

Pour garantir le bon déroulement de l'accès des partisans au Vélodrome, la préfecture de police avait prévu deux itinéraires différents pour Russes et Anglais afin d'«éviter tout trouble à l'ordre public». Mais impossible visiblement d'empêcher les bagarres autour des terrasses de café.

Ces scènes renvoient 18 ans en arrière, presque jour pour jour: elles rappellent les violences qui avaient entouré le match Angleterre-Tunisie les 14 et 15 juin 1998 au premier tour du Mondial, et avaient impliqué des partisans anglais, tunisiens et de jeunes Marseillais.

«C'est les Anglais. À quoi vous attendiez-vous? On sait ce que ça va donner quand ils viennent ici», a déploré Laurent Ferrero, patron d'une pizzeria.

Le Vieux-Port est jonché d'innombrables bouteilles de bière brisées - parfois par packs entiers -, de chaises et de tables des bars voisins, qui s'empressent de fermer leurs terrasses et de se retrancher à l'intérieur, derrière les rideaux de fer.

Attention à Turquie-Croatie

Un deuxième des cinq matches classés «niveau 3» sur une échelle de risques de 4 aura lieu en fin de semaine: Turquie-Croatie, dimanche au parc des Princes, à Paris.

Les trois autres sont Allemagne - Pologne (le 16 juin au Stade de France), Angleterre - Pays de Galles (le 16 juin à Lens) et Ukraine - Pologne (le 21 juin, encore à Marseille).

Tous feront l'objet d'un dispositif de maintien de l'ordre renforcé. Pour lutter contre le hooliganisme, le gouvernement a installé à Lognes, en Seine-et-Marne, un Centre de coopération policière internationale, sorte de tour de contrôle durant l'Euro. Et 180 policiers des 23 pays étrangers participant à la compétition sont déjà en France.

Dans de telles circonstances, le sport et les trois matchs du jour, Angleterre-Russie, Albanie-Suisse (0-1) et pays de Galles - Slovaquie (2-1) passent complètement au second plan.

Sur le front social, les grèves qui touchent la France depuis 10 jours se poursuivent en fin de semaine. Pour autant, les déplacements des partisans ne devraient pas être perturbés.

Dans les airs, la grève des pilotes d'Air France débute, mais la compagnie a prévu d'assurer «83 % de ses vols» samedi et «près de 80 %» dimanche.

Côté rail, la grève à la SNCF se poursuit, mais 9 TGV sur 10 et 6 trains régionaux sur 10 en moyenne circuleront samedi et dimanche.

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