Des milliers de Syriens pris au piège dans un fief de l'EI

Le groupe armé État islamique a revendiqué samedi... (AFP/Stringer)

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Le groupe armé État islamique a revendiqué samedi un double attentat qui a fait au moins 20 morts, dont 13 civils près du mausolée chiite de Sayeda Zeinab, proche de Damas.

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Delil Souleiman
Agence France-Presse
Jebb Hassan Agha

Des dizaines de milliers de civils étaient pris au piège samedi à Minbej, un fief du groupe djihadiste État islamique (EI) dans le nord de la Syrie assiégé totalement par les forces arabo-kurdes soutenues par les frappes américaines.

Malgré ses revers et les offensives dont il est la cible, le groupe ultraradical sunnite garde encore sa capacité de frappe, revendiquant un double attentat qui a fait au moins 20 morts, dont 13 civils près du mausolée chiite de Sayeda Zeinab, proche de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Vendredi, la très redoutée organisation djihadiste a subi un sérieux revers après que les Forces démocratiques syriennes (FDS) - une alliance de combattants arabes et kurdes - l'ont privée de son principal axe de ravitaillement avec la Turquie, en encerclant Minbej.

Depuis le début, le 31 mai, de leur offensive pour reprendre cette ville de la province d'Alep, les FDS, secondées par des conseillers militaires américains et français, avaient coupé progressivement toutes les routes reliant Minbej aux autres zones contrôlées par l'EI en Syrie.

Mais avec le siège de la cité, des dizaines de milliers de civils, selon les estimations des sources locales citées par l'OSDH, se retrouvent eux aussi pris au piège.

«Les avions de la coalition internationale bombardent en permanence Minbej et les dizaines de milliers de civils qui s'y trouvent encore ne peuvent pas sortir, car toutes les routes autour de la ville ont été coupées», a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, directeur de l'OSDH.

D'après ses sources dans la ville, la population vit «dans la terreur des bombardements».

Transit des assaillants de Paris et Bruxelles

Des milliers d'habitants de Minbej avaient fui vers des régions plus sûres avant le siège total de la ville.

«Les boulangeries ont cessé de fonctionner depuis vendredi et les produits alimentaires commencent à se faire rares», a ajouté M. Abdel Rahmane.

La bataille pour reprendre Minbej, durant laquelle les FDS ont pris 79 villages, a fait au moins 218 morts -159 djihadistes, 22 combattants FDS et 37 civils, ces derniers tués en majorité par les frappes de la coalition -, d'après l'OSDH.

L'envoyé spécial de Barack Obama auprès de la coalition antidjihadistes, Brett McGurk, a qualifié la cité de plaque tournante de l'EI vers l'Europe, où le groupe djihadiste a revendiqué plusieurs attentats meurtriers. Minbej «est l'endroit par lequel les assaillants de Paris et les assaillants de Bruxelles ont transité».

Dans les environs de Minbej, sur la route bordant les villages d'où a été chassé l'EI, le journaliste de l'AFP a vu des maisonnettes complètement aplaties par les frappes.

À 13 km au sud-est de Minbej, dans le village de Jebb Hassan Agha, Mounzer Saleh est soulagé. «Nous sommes ravis, car nous sommes désormais en sécurité. On espère que Minbej sera libérée, car nous avons nos proches là-bas», dit-il, entouré de plusieurs enfants.

«Svp, du pain»

Il raconte comment les djihadistes, quand ils contrôlaient Jebb Hassan Agha, les «harcelaient tout le temps», car leur village est connu pour la contrebande de cigarettes interdites par l'EI.

«Que Dieu les maudisse», lance Doha Hajj Ali, une villageoise au voile vert. «Ils disaient aux femmes "cachez vos yeux, soeurs"! ou encore "N'ayez pas peur de nous, ayez peur seulement de Dieu"! Tout était interdit: le maquillage, les fêtes, les mariages.»

Mais pour de nombreux villageois, le principal souci reste le manque de vivres.

À l'entrée du village, un garçon de cinq ans tend la main vers les visiteurs: «s'il vous plaît, monsieur, donnez-vous du pain, nous n'avons pas mangé de pain depuis deux jours».

Plus loin, des volontaires du Croissant rouge kurde soignent des blessés des mines laissées par les djihadistes avant leur fuite.

Dans la guerre qui ravage la Syrie depuis mars 2011, l'EI est la cible de plusieurs offensives menées par des forces soutenues par Washington, mais aussi par les troupes du régime appuyées par l'aviation russe.

Dans la province de Raqa, contrôlée en majorité par l'EI, les forces du régime sont désormais à moins de 15 km de l'aéroport militaire de Tabqa, dans le cadre de leur offensive lancée le 1er juin pour reprendre la ville, selon l'OSDH. Celui-ci se trouve à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Raqa, capitale de facto du groupe djihadiste.

Le conflit en Syrie, déclenché par la répression de manifestations réclamant des réformes, s'est complexifié au fil des ans avec une multitude d'acteurs syriens, régionaux et internationaux. Il a fait plus 280 000 morts et des millions de déplacés et de réfugiés.

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