Peine jugée trop légère pour un viol à Stanford

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Brock Turner (à droite) a été condamné à six mois de prison, dont trois fermes.

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Agence France-Presse
Los Angeles

Six mois de prison, dont trois fermes. La sentence légère pour le viol d'une étudiante inconsciente par un autre élève de l'université Stanford fait scandale aux États-Unis, où les autorités s'alarment du fléau des agressions sexuelles sur les campus.

Le père de l'étudiant, Brock Turner, a alimenté la polémique en déclarant que la prison ferme était une punition trop «dure» pour «20 minutes d'action sur une vie de 20 ans», ajoutant que son fils ne serait «jamais plus cette personne toujours joyeuse».

Le juge californien Aaron Persky a justifié jeudi sa décision en affirmant qu'un emprisonnement plus long de Brock Turner, 20 ans, qui risquait initialement jusqu'à 14 ans de prison, aurait eu «un impact profond» sur lui alors qu'il avait fait preuve de «remords sincères».

Sa victime, une jeune femme aujourd'hui âgée de 23 ans, a dit au site internet BuzzFeed qu'elle était déçue de cette peine «douce» et en colère que Brock Turner continue à nier l'avoir sexuellement agressée.

Dans une déclaration lue au tribunal jeudi, la jeune femme avait décrit comment l'attaque l'avait blessée émotionnellement, lui faisant «ne plus vouloir de son corps».

Elle a décrit s'être réveillée dans un lit d'hôpital de San Jose, en Californie, le matin du 18 janvier 2015, sans se souvenir de ce qui s'était passé et a décrit tous les examens minutieux et invasifs subis pour accumuler des preuves de son agression.

Indignation 

Elle a aussi contredit Brock Turner qui affirmait qu'elle était consciente et consentante pendant l'agression, qui a eu lieu lors d'une fête d'une fraternité étudiante.

Elle a aussi répliqué aux propos tenus au tribunal par Brock Turner, qui a dit qu'il voulait que son histoire montre «aux gens qu'une nuit alcoolisée peut ruiner une vie».

«Laissez-moi reformuler : je veux montrer qu'une nuit trop alcoolisée peut ruiner deux vies. La vôtre et la mienne», a-t-elle ajouté.

Ces déclarations se sont répandues comme une trainée de poudre sur les réseaux sociaux et dans les médias ce week-end, déclenchant l'indignation sur la légèreté de la peine et les propos du père de Block Turner.

Brock Turner avait été reconnu coupable en mars de trois chefs d'accusation : agression avec intention de commettre un crime sur une personne en état d'ébriété/inconsciente, pénétration d'une personne en état d'ébriété et pénétration d'une personne inconsciente.

Cette affaire a braqué les projecteurs sur le fléau des viols sur les campus américains qui, selon une étude, touche une femme sur six pendant leur première année d'université, l'alcool ou les drogues les empêchant souvent de se défendre.

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