Présidentielle au Pérou: Kuczynski en tête

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Le candidat à la présidence du Pérou, Pedro Pablo Kuczynski, célébrait du haut du balcon de sa résidence, entouré de sa candidate à la vice-présidence Mercedez Araoz (à gauche) et de sa femme Nancy Lange.

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Ana FERNANDEZ, Roland LLOYD PARRY
Agence France-Presse
Lima

L'ancien banquier de Wall Street Pedro Pablo Kuczynski devançait légèrement Keiko Fujimori, la fille de l'ex-chef de l'État Alberto Fujimori, emprisonné pour crime contre l'humanité, à l'issue du second tour de la présidentielle dimanche au Pérou, selon les premiers résultats officiels partiels.

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De son côté, «Keiko», comme elle est appelée au Pérou, a également invité ses partisans à la patience devant des scores qui s'annoncent très serrés.

AP, Silvia Izquierdo

Avec 50,58% des voix, le candidat de centre-droit dépassait d'une courte tête sa rivale de droite, créditée de 49,42%. Ces premières estimations officielles, basées sur le dépouillement de 36,1% des bulletins, ont été diffusées vers 22h (heure du Québec) dimanche par l'autorité électorale péruvienne (ONPE).

«Nous n'avons pas encore gagné. Il faut attendre les résultats officiels», avait lancé un peu plus tôt à ses supporteurs celui que l'on surnomme «PPK».

Les résultats définitifs n'étaient pas attendus avant lundi soir, a-t-il prévenu.

«Nous espérons avoir un gouvernement de consensus. Nous ne voulons plus de dispute et de confrontation», a ajouté cet économiste de 77 ans depuis le balcon de son local de campagne.

Appel à la patience

De son côté, «Keiko», comme elle est appelée au Pérou, a également invité ses partisans à la patience devant des scores qui s'annoncent très serrés.

«Nous allons attendre prudemment car les résultats vont arriver toute la nuit depuis les autres régions, l'étranger, il y a aussi le vote rural du Pérou profond. C'est pour ça que nous sommes optimistes», a-t-elle déclaré avant de s'adonner à quelques pas de danse, tout sourire, comme durant la campagne.

Après avoir fait la course en tête des sondages, Keiko Fujimori, 41 ans, candidate pour le parti Fuerza Popular, a été rattrapée ces derniers jours par son rival. Il semble bénéficier du rejet suscité par sa rivale.

Derrière Mme Fujimori plane l'ombre d'Alberto, son père aujourd'hui âgé de 77 ans, qui a laissé le souvenir d'un homme à la poigne de fer face à la guérilla du Sentier lumineux (communiste), au coeur d'un conflit interne ayant fait 70 000 morts ou disparus.

Pays divisé

Seize ans après sa démission, Fujimori, qui purge une peine de 25 ans pour corruption et crime contre l'humanité, continue de diviser le pays.

«Nous ne voulons plus de dictatures. Il y a eu beaucoup de répression, beaucoup de morts et de disparus», avait expliqué près d'un bureau de vote, Enrique Castillo, propriétaire d'une entreprise textile de 61 ans, favorable à «PPK».

Pour succéder au président de gauche Ollanta Humala, au pouvoir depuis 2011, «la course promet d'être serrée», avait estimé Adam Collins, analyste de Capital Economics.

Au premier tour le 10 avril, Mme Fujimori avait raflé 39% des suffrages contre 21% pour M. Kuczynski. Mais depuis, ce dernier «recueille les votes anti-fujimorisme», explique Luis Benavente, directeur de l'institut de sondages Vox Populi.

Mais depuis, Veronika Mendoza, parlementaire de gauche arrivée troisième (18,74%) au premier tour, a apporté à l'ex-banquier son soutien, pendant que des milliers de Péruviens manifestaient pour dire «non à Keiko». La campagne a été émaillée d'accusations de corruption, de blanchiment d'argent et de trafic de drogue dans le camp Fujimori.

Ambitieux plan de sécurité

Tout en prenant ses distances avec son père, Keiko Fujimori mise sur un ambitieux plan sécuritaire digne de ce dernier, incluant l'isolement des détenus les plus dangereux dans des prisons en altitude.

«De nombreux sympathisants de Keiko se souviennent d'un gouvernement [celui de son père, ndlr] très ferme contre le terrorisme et pensent qu'elle peut avoir la même fermeté contre la délinquance», observe Maria Luisa Puig, analyste du cabinet Eurasia.

Elle répond ainsi à la première préoccupation des Péruviens, dans ce pays miné par la violence du crime organisé, tout en séduisant les classes rurales et pauvres. Mme Fujimori «nous garantit qu'elle combattra la délinquance» alors que «Kuczynski roule plus pour les millionnaires», résumait dimanche Mauricio Quispe, retraité de 67 ans, juste après avoir voté.

Keiko Fujimori a passé la campagne à adoucir son image, vue comme froide et distante et M. Kuczynski a lui aussi mis l'accent sur la sécurité.

Les deux candidats ont des profils similaires: descendants d'immigrants, pro-marchés et éduqués dans des universités américaines.

Le pays, un des premiers producteurs au monde de cocaïne, est aussi confronté au ralentissement économique, à la pauvreté endémique et aux conflits sociaux dans l'activité minière, centrale au Pérou.

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