Découverte d'un charnier près de Fallouja

Dimanche, les forces d'élite irakiennes affrontaient les djihadistes... (AP, Osama Sami)

Agrandir

Dimanche, les forces d'élite irakiennes affrontaient les djihadistes dans les quartiers de Chouhada (photo) et Jbeil, situés dans le sud de Fallouja.

AP, Osama Sami

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Monde
Monde

soleil monde TOC »

Jean Marc Mojon
Agence France-Presse
Bagdad

Les forces irakiennes impliquées dans les opérations pour reprendre Fallouja au groupe État islamique (EI) ont découvert dimanche près de cette ville un charnier qui contiendrait des centaines de corps.

Bagdad a lancé il y a deux semaines une vaste offensive pour reprendre Fallouja, l'un des principaux bastions de l'EI, situé à 50 km à l'ouest de Bagdad.

Les forces d'élite du contre-terrorisme (CTS) tentent depuis plusieurs jours de progresser pour entrer dans le centre de Fallouja, mais leur avancée est ralentie par la résistance des djihadistes et la présence d'environ 50 000 civils pris au piège de l'offensive et empêchés de fuir par l'EI.

Les forces irakiennes ont cependant pris samedi la localité de Saqlawiya, à environ 10 km au nord-ouest du fief djihadiste de Fallouja, qui permet d'assiéger totalement la ville capturée début 2014 par l'EI.

Environ 400 corps de militaires

Un colonel de la police de la province d'Al-Anbar, où sont situées Saqlawiya et Fallouja, a fait état dimanche de la découverte d'«une fosse commune dans le quartier de Chouhada [à Saqlawiya] au cours d'une opération de déminage».

«La fosse commune contient environ 400 corps de militaires. Il y a aussi quelques civils», a-t-il ajouté sous couvert de l'anonymat.

Selon lui, la plupart des victimes auraient été abattues d'une balle dans la tête. «Les forces de sécurité ont ouvert la fosse commune et commencé à transférer les corps pour leur identification.»

Les corps seraient principalement ceux de soldats irakiens tués par les djihadistes de l'EI au cours d'une série d'attaques meurtrières contre des bases de l'armée dans cette zone.

«L'EI a exécuté beaucoup de militaires ainsi que des civils dans cette zone à la fin de 2014 et au début de 2015», a-t-il affirmé.

Rajeh Barakat, membre du conseil provincial d'Al-Anbar, a confirmé la découverte du charnier, affirmant que la fosse comprend notamment «des civils exécutés par l'EI pour espionnage ou non-respect des règles de l'organisation».

Affrontements

Dimanche, les forces d'élite irakiennes affrontaient les djihadistes dans les quartiers de Chouhada et Jbeil, situés dans le sud de Fallouja.

«Il y a de la résistance, mais un peu moins qu'au cours des jours précédents», a indiqué le général Abdelwahab al-Saadi, commandant de l'opération pour la reprise de Fallouja, précisant que les forces gouvernementales n'avaient pas encore réussi à pénétrer dans la cité par le nord.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) a indiqué pour sa part que l'EI ouvrait le feu et abattait les civils qui tentaient de fuir Fallouja.

«Les civils essayant de traverser l'Euphrate pour fuir les combats sont ciblés», a déclaré l'organisation dans un communiqué. «Un nombre indéterminé de civils ont été abattus en essayant de traverser le fleuve.»

Dans l'opération pour reprendre Fallouja, les soldats et les policiers sont appuyés par les forces paramilitaires du Hachd al-Chaabi dominées par les milices chiites qui ont participé à l'encerclement de la ville il y a deux semaines, mais sont jusqu'à présent restées à l'extérieur, laissant les forces du CTS donner l'assaut sur la cité.

Enquêtes sur des abus

«Nous avons accompli la tâche qui nous a été donnée, celle d'encercler [Fallouja], tandis que la libération a été assignée à d'autres forces», a affirmé dimanche à des journalistes Abou Mahdi al-Mohandis le commandant militaire des unités paramilitaires.

«Nous sommes toujours présents dans la zone et nous continuerons à [les] soutenir si la libération se fait rapidement. S'ils n'en sont pas capables, nous entrerons avec eux», a-t-il prévenu.

Les milices chiites - la plupart sous la responsabilité de Bagdad, mais certaines répondant directement à Téhéran - ont été accusées à plusieurs reprises d'alimenter le sectarisme et leur participation aux opérations de Fallouja est considérée comme potentiellement explosive.

Par ailleurs, le premier ministre Haider al-Abadi a ordonné la création d'un comité sur les droits de l'Homme pour examiner «toute violation des instructions relatives à la protection des civils» et émis «des ordres stricts» pour que des poursuites aient lieu dans le cas d'abus, a annoncé le porte-parole du premier ministre, Saad al-Hadithi.

Plusieurs responsables politiques, dont le président du Parlement Salim al-Joubouri, ont fait part cette semaine de leur préoccupation sur «des informations indiquant des violations par certains membres de la police fédérale et des volontaires contre des civils».

«Ces actions entachent les sacrifices [...] faits par nos forces de sécurité héroïques», a estimé M. Joubouri.

L'Irak doit «enquêter minutieusement» sur ces informations, a pour sa part demandé l'envoyé spécial de l'ONU en Irak Jan Kubis dans un communiqué.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer