Rouvrir ou non la page Fujimori

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Keiko Fujimori, 41 ans, est favorite pour être élue présidente du Pérou, poste que son père Alberto a occupé de 1990 à 2000.

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Ana Fernandez, Roland Lloyd Parry
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Lima

Les Péruviens décideront dimanche, au second tour de la présidentielle, s'ils donnent ou non une deuxième chance au clan d'Alberto Fujimori, sa fille Keiko étant la favorite seize ans après la démission du père, emprisonné pour crime contre l'humanité.

«Je suis préparée, je suis prête», a assuré la candidate de droite de 41ans lors du dernier débat avec son rival de centre-droit, Pedro Pablo Kuczynski.

«J'ai la force de travailler pour un pays en paix avec lui-même», a-t-elle ajouté, allusion au Pérou déchiré entre 1980 et 2000 par un conflit entre l'État et les guérillas du Sentier lumineux et du Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru, qui a fait 70000 morts ou disparus.

Alors que 23 millions d'électeurs sont appelés aux urnes, Keiko Fujimori semble bien partie pour succéder à Ollanta Humala, qui ne se représentait pas.

«Avec votre appui, j'aurai l'honneur de devenir la première femme présidente du Pérou», a-t-elle déclaré jeudi soir en clôture de la campagne.

Un sondage diffusé jeudi la créditait de 51,6 % des suffrages contre 48,4 % pour Pedro Pablo Kuczynski, ex-banquier de Wall Street de 77 ans.

Mais «les élections péruviennes sont toujours assez imprévisibles, il y a un niveau très élevé d'indécis», prévient Maria Luisa Puig, analyste péruvienne du cabinet Eurasia à Londres.

Car derrière Keiko plane l'ombre d'Alberto, aujourd'hui âgé de 77ans: descendant d'immigrants japonais, il a présidé le Pérou de 1990 à 2000 et continue de diviser le pays.

Une partie de la population le salue comme l'homme qui a combattu avec succès le Sentier lumineux et dopé l'économie. Mais d'autres se souviennent des méthodes autoritaires de celui qui a commandité deux massacres perpétrés par un escadron de la mort en 1991-1992, dans le cadre de la lutte contre cette guérilla.

Son bilan sulfureux lui a valu d'être condamné en 2009 à 25ans de prison pour corruption et crime contre l'humanité, après une rocambolesque fuite au Japon puis au Chili.

Violence et économie

Après avoir revendiqué l'héritage de son père et même plaidé sa libération lors de sa précédente candidature en 2011, Keiko Fujimori a pris bien soin, cette fois, de garder ses distances.

Elle a fait campagne sur un ambitieux plan sécuritaire, la violence liée au crime organisé étant une des premières préoccupations dans le pays andin.

Pedro Pablo Kuczynski joue sur le même registre : «Ceux qui tuent, en prison. Ceux qui violent aussi. Et pour ceux qui harcèlent, une raclée», clamait-il lors d'un rassemblement, jeudi.

«L'unique manière de combattre les trois cavaliers de l'Apocalypse que sont la corruption, le crime organisé et le narcotrafic, c'est d'être unis», a-t-il estimé.

Le pays, un des premiers producteurs au monde de cocaïne, est aussi confronté au ralentissement économique, à la pauvreté endémique et aux conflits sociaux et environnementaux causés par l'activité minière, centrale au Pérou.

Ancien premier ministre et lui aussi fils d'immigrants (son père allemand et sa mère franco-suisse), «PKK» veut rallier tous les anti-Fujimori, qui ont encore défilé par milliers pour dire «Non à Keiko».

Il a reçu le précieux soutien de Veronika Mendoza, arrivée troisième au premier tour avec 18,74 % des suffrages. «Pour barrer la route au fujimorisme, il faut voter PKK», a clamé la jeune parlementaire.

Comme le souligne l'analyste Maria Luisa Puig, «Kuczynski, depuis le premier tour [le 10 avril, où il avait obtenu 21 % des voix contre 39 % pour Keiko Fujimori], a plus que doublé son électorat, mais cela n'est pas suffisant pour lui donner la victoire».

«Avec Keiko Fujimori favorite, on voit bien ce besoin d'alternance des Péruviens. Dans tous les cas, ce sera un gouvernement de droite ou de centre-droit» après cinq ans de gauche, note Gaspard Estrada, directeur exécutif de l'Opalc, observatoire de SciencesPo Paris sur l'Amérique latine.

Et la fille d'Alberto Fujimori «aurait tout à gagner en envoyant un message de conciliation en disant qu'elle va gouverner pour tous les Péruviens et pas que pour sa famille».

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