Trump promet la guerre aux médias

Donald Trump a traité de fumier un journaliste... (AP, Richard Drew)

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Donald Trump a traité de fumier un journaliste d'ABC News qui l'a confronté lors d'une conférence de presse.

AP, Richard Drew

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Jennie Matthew
Agence France-Presse
New York

Donald Trump montre systématiquement du doigt les journalistes, qualifiés de «malhonnêtes» et «dégoûtants» lors de ses réunions. S'il était élu président, le candidat républicain a promis mardi qu'il ne changerait pas d'attitude contre les médias, sur lesquels il a pourtant construit son succès.

Le candidat à la Maison-Blanche a participé à une conférence de presse tendue mardi à la tour Trump de New York avec des journalistes, allant jusqu'à insulter en direct un reporter de télévision.

Le milliardaire avait convoqué la presse afin d'annoncer la liste des associations d'aide aux anciens combattants ayant reçu des fonds levés par ses soins. Fin janvier, il avait clamé avoir levé six millions de dollars pour de telles organisations caritatives, mais il s'était refusé jusqu'à présent à rendre publics les noms et les montants exacts, malgré les demandes répétées des médias américains pour qui le compte n'y était pas.

Donald Trump a spécifiquement montré du doigt un reporter de la grande chaîne ABC, Tom Llamas. «Vous êtes un fumier car vous connaissez les faits», a-t-il lancé.

Le candidat reproche aux médias de l'avoir accusé de ne pas avoir levé tout l'argent promis. De fait, il a annoncé mardi avoir récolté 5,6 millions $, moins que les six millions promis, mais il a ajouté que les sommes finales pourraient dépasser ce montant. Il a lu à haute voix les montants distribués à plusieurs associations, et annoncé qu'il avait personnellement donné un million de dollars à la Marine Corps Law Enforcement Foundation.

«L'argent a été dépensé. Je voulais que cela reste privé», a-t-il assuré. Il avait pourtant mis en scène l'annonce des dons, le 28 janvier dans l'Iowa, organisant une assemblée en concurrence d'un débat télévisé, qu'il avait boycotté pour protester contre une journaliste de la chaîne organisatrice, Fox News.

Est-ce qu'un président Trump continuera à attaquer la presse depuis la Maison-Blanche? lui a demandé un journaliste. «Vous pensez que je vais changer? Je ne changerai pas, a dit Donald Trump. Ce sera comme ça si la presse écrit des articles faux.»

«Je continuerai à attaquer la presse, a ajouté le candidat. Je trouve que la presse politique est incroyablement malhonnête.»

Il s'en est aussi pris au rédacteur en chef de la revue conservatrice Weekly Standard, Bill Kristol, le traitant de loser

Les journalistes qui couvrent Donald Trump ont l'habitude d'être maltraités verbalement par le candidat. Il a attaqué personnellement sur Twitter des reporters dont il estimait le travail biaisé, notamment au New York Times.

Diffamation

Plus grave, du point de vue de la liberté de la presse, il a affirmé qu'en cas de victoire à la présidentielle, il «rouvrirait» les lois américaines sur la diffamation afin qu'il puisse poursuivre en justice les médias qui écriraient «des articles sciemment négatifs et horribles», comme il l'a expliqué en février.

Mais au jour le jour, le candidat est omniprésent à la télévision, notamment sur les chaînes d'information en continu comme Fox News et CNN. Il intervient très régulièrement sur les antennes, souvent par téléphone.

Et une estimation du New York Times a montré en mars que les médias l'avaient couvert beaucoup plus que tous les autres candidats, pour l'équivalent de deux milliards de dollars, soit deux fois plus que la couverture de la démocrate Hillary Clinton.

Les riches donateurs républicains se résignent à soutenir le milliardaire

Frank VanderSloot, un grand donateur du Parti républicain aux États-Unis, avait financé un rival de Donald Trump aux primaires présidentielles. Mais aujourd'hui, malgré ses fortes réserves, il s'est résigné à soutenir le candidat à la Maison-Blanche, «meilleure chance» contre Hillary Clinton.

Comme ce chef d'entreprise milliardaire, de nombreuses personnalités de l'appareil républicain ont mangé leur chapeau et se disent prêtes à soutenir un homme dont ils dénonçaient autrefois l'ignorance et le tempérament puéril, même si un groupe d'irréductibles fait de la résistance.

«Quand il s'est présenté, je croyais que c'était une blague», confie Frank VanderSloot, pdg de la société de produits de nutrition Melaleuca, qui dit avoir dépensé environ 800 000 $ pour soutenir Marco Rubio aux primaires. «Mais honnêtement, vu les deux choix disponibles, il est le meilleur.»

Frank VanderSloot, dont le patrimoine est estimé à 1,2 milliard $ par le cabinet Wealth-X, trouve toujours Donald Trump «superficiel» sur les questions internationales. Il avoue ne pas savoir si le conservatisme affiché du candidat républicain à la Maison-Blanche est sincère. «C'est un peu effrayant, mais nous savons la direction dans laquelle les deux autres candidats nous emmèneraient», dit-il de Hillary Clinton, probable candidate démocrate à la Maison-Blanche, et Bernie Sanders, son rival des primaires.

Libre entreprise

La plupart des républicains considèrent la présidence Obama comme un désastre économique : pour eux, une présidence Clinton la prolongerait de quatre années supplémentaires, sur la voie d'un «socialisme» européen. Donald Trump présente l'avantage d'être favorable à la libre entreprise, malgré son discours protectionniste.

«Je ne sais pas s'il restera conservateur, mais s'il reste conservateur, il peut réussir. Je n'aime pas la façon dont il attaque et insulte ses adversaires, sur leur apparence physique, dit Frank VanderSloot à l'AFP. En même temps, il est efficace. Cela me donne l'espoir que peut-être nous pourrons avoir un vrai leader.»

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