De faux attentats pour anticiper le pire à l'Euro 2016

Le Raid, force d'élite de la police française,... (AFP, Kenzo Tribouillard)

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Le Raid, force d'élite de la police française, lors d'une simulation d'attaque terroriste au Stade de France, 10 jours avant le début de l'Euro 2016.

AFP, Kenzo Tribouillard

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Agence France-Presse
Saint-Denis

Le match bat son plein au Stade de France quand retentit une première explosion : mardi matin, près de 500 personnes ont été plongées dans une simulation d'attentats pour réagir au mieux face au pire, à 10 jours du début de l'Euro.

9h40, les haut-parleurs donnent le décompte : 5, 4, 3, 2, 1... Une fausse bombe explose. Des cris s'élèvent, bientôt suivis par les sirènes des ambulances.

La première phase de l'exercice de gestion de crise «multi-attentats» et «multi-sites», organisé dans l'enceinte reine du championnat d'Europe de soccer, au nord de Paris, vient de commencer, avec quelque 250 figurants et 200 intervenants.

Le scénario de la simulation restera flou jusqu'à la fin de l'opération, à la mi-journée, afin de placer les intervenants au plus près des conditions réelles.

L'objectif : se coordonner au mieux «pour que le jour J, ça fonctionne bien», selon le porte-parole des pompiers de Paris, Gabriel Plus.

Le sujet est particulièrement sensible. Sept rencontres de l'Euro se joueront au Stade de France (80 000 places), dont le match d'ouverture France-Roumanie et la finale, sept mois après les attentats du 13 novembre qui avaient débuté aux abords de ce même stade, y faisant un mort et des dizaines de blessés.

«Dysfonctionnements constatés»

Les «dysfonctionnements constatés» - les mots utilisés par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve - pendant la finale de Coupe de France, le 21 mai, ont suscité des inquiétudes quant au dispositif de sécurité. Foules agglutinées aux portes, fumigènes introduits malgré les fouilles et une sortie de match dans le gaz lacrymogène : les autorités ont dû reconnaître que le dispositif avait «cédé».

Mardi, les États-Unis ont averti que l'Euro 2016 de soccer représentait une «cible potentielle» pour des attentats «terroristes», dans une note du département d'État sur les risques de voyager dans toute l'Europe. Le gouvernement français pense aussi que l'Euro constitue «une cible potentielle particulièrement attractive» pour des «organisations terroristes» ou «des personnes radicalisées».

Des mesures de sécurité qui se veulent maximales ont donc été prévues, et des simulations comme celle-ci ont déjà été réalisées dans plusieurs villes hôtes.

«Il faut s'imaginer qu'il est 22h-23h, en plein match, et que le stade est plein...», prévient la porte-parole de la préfecture de police de Paris, Johanna Primevert.

La première fausse explosion s'est produite dans les coursives derrière les tribunes du stade.

Une seconde explosion est déclenchée sous un pont, entre les gares du métro rapide RER et le stade, au moment de l'évacuation des figurants-spectateurs.

Enfin, une fusillade est censée avoir éclaté dans la «fan zone» de Saint-Denis, d'une capacité de 10 000 personnes, à quelques kilomètres de là.

Bilan virtuel : une vingtaine de morts, une soixantaine de blessés.

La presse est seulement autorisée à assister à la simulation du deuxième attentat, sous le pont.

10h30, un petit robot démineur est mis en route. Six policiers d'élite arrivent, lampes-torches et armes braquées, puis repartent. Faux départ.

10h40, les figurants, en grande majorité des élèves infirmiers, supposés incarner des spectateurs évacués d'urgence, arrivent tranquillement, sans se soucier de réalisme. Ils rigolent, se recoiffent devant les caméras présentes, prennent des photos.

«Filmez, c'est mon heure de gloire», lance l'un d'eux.

Puis vient la détonation, assourdissante. Certains font mine de tomber, d'autres partent en courant, oubliant un instant qu'ils sont censés être blessés ou faire le mort. Une fiche autour du cou décrit leurs blessures pour que les secouristes fassent le tri entre les urgences «absolues» et «relatives».

L'exercice «nous sert à anticiper les moyens dont on a besoin», commente le commandant Plus, en observant la scène.

L'unité d'élite, le Raid, intervient, pour de bon cette fois. Ces policiers sont là pour sécuriser la zone afin de permettre aux secours d'intervenir sans risque et ainsi éviter un «surattentat», explique Johanna Primevert.

11h06, un premier brancard arrive, l'évacuation des faux blessés peut commencer.

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